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Trajectoires et Origines 2 : Une enquête inédite Ined-Insee pour comprendre les parcours, les inégalités et les discriminations dans la France contemporaine (entretien avec The Conversation)

22 mai

Trajectoires et Origines 2 : enquête inédite

Une enquête inédite pour comprendre les parcours, les inégalités et les discriminations dans la France contemporaine

À paraître le 21 mai 2026 aux Éditions de l’Ined, l’ouvrage collectif issu de l’enquête Trajectoires et Origines 2 (TeO2), menée par l’Ined et l’Insee en 2019-2020, apporte un éclairage inédit sur les trajectoires des immigrés, de leurs descendants et plus largement sur la diversité de la société française. Dirigé par Mathieu Ichou, Cris Beauchemin et Patrick Simon, l’ouvrage analyse les inégalités, les discriminations, les parcours scolaires et professionnels, les pratiques culturelles, les appartenances ou encore les expériences de racisme. Dans un contexte où les controverses sur l’immigration, l’intégration et les discriminations occupent une place centrale dans l’espace public, cette publication propose des résultats fondés sur une méthodologie rigoureuse et un échantillon de grande ampleur représentatif de la diversité des populations de France métropolitaine, pour éclairer le débat.

Zoom sur l’image
Une enquête de référence sur la diversité de la société française
L’ouvrage publié aux Éditions de l’Ined est le fruit de l’enquête éponyme Trajectoires et Origines 2 (TeO2), second volet d’un dispositif statistique majeur initié par l’Ined et l’Insee en 2008-2009 (TeO1). Il s’agissait alors de répondre aux demandes de multiples institutions, aussi bien qu’aux exigences du règlement statistique européen et aux besoins de la recherche. Le renouvellement de l’enquête TeO est la solution qui a été retenue par l’Insee, en lien avec l’Ined, pour produire des informations quantitatives sur la diversité des origines en France et les discriminations. Ce qui caractérise TeO2, comme TeO1, est d’être une enquête multithématique qui apporte des éclairages complémentaires ou originaux sur de nombreux sujets mal connus par la statistique publique. Dans son principe, TeO recueille des situations objectives et des expériences subjectives déclarées. L’enquête vise ainsi à mieux comprendre les trajectoires administratives et sociales des personnes immigrées, de leurs descendants et de l’ensemble des populations vivant en France métropolitaine.

Les innovations de TeO2
Cette nouvelle enquête conduite de 2019 à 2020 sur un échantillon de plus de 27 000 personnes (âgées de 18 à 59 ans) permet d’analyser les processus de participation à la société dans les domaines aussi bien socio-économiques que socioculturels. Le questionnaire contient des nouveaux développements sur la santé, les pratiques culturelles, la religion et des questions d’opinion à propos de l’immigration, de la diversité et de l’égalité de genre. Enfin, l’enquête s’est intéressée pour la première fois à cette échelle aux petits-enfants d’immigrés (troisième génération) en incluant des questions sur l’origine des grands-parents, d’une part, et en conduisant une enquête expérimentale complémentaire auprès des petits-enfants d’immigrés d’origine non européenne, d’autre part.

Une société marquée en profondeur par l’immigration sur la longue durée et la mixité
La possibilité de décrire la troisième génération (les petits-enfants d’immigrés) apporte une lecture en profondeur des marques de l’héritage de l’immigration sur la structure de la population. Alors que parmi la population âgée de 18 à 59 ans, 13 % sont immigrés et 11 % descendants d’immigrés de la deuxième génération, la troisième génération en représente 10 % (au moins un grand-parent immigré). Un tiers de la France métropolitaine a ainsi un lien direct à l’immigration sur trois générations. Ces strates sont cependant entremêlées avec la population majoritaire dès la première génération à travers les unions mixtes.

La mixité des unions est non négligeable pour les immigrés : 39 % ont un conjoint d’une autre origine, dont 29 % sans ascendance migratoire. À la seconde génération, la mixité est encore plus prononcée : 59 % des enfants d’immigrés ont un conjoint d’une autre origine, dont 45 % sans ascendance migratoire. Le fait d’être issu d’un couple mixte renforce cette dynamique de mixité dans l’union : 90 % des descendants de couple mixte ont un conjoint qui n’est pas de l’origine du parent immigré, dont 74 % qui n’ont pas d’ascendance migratoire. Réciproquement, 12 % de la population majoritaire est en couple avec un conjoint immigré ou descendant d’immigré. Ces dynamiques de mixité se traduisent par une extension du lien à l’immigration qui concerne désormais, par les origines ou par alliance, 41 % de la population âgée de 18 à 59 ans.

Des inégalités persistantes selon les origines
L’ouvrage met en évidence la permanence d’inégalités entre les populations immigrés, mais également leurs descendants, et le reste de la population dans plusieurs domaines essentiels de la vie sociale. Il révèle que l’expérience des discriminations a augmenté depuis la précédente enquête, notamment en raison du sexe, et que celle-ci est très présente parmi les minorités racisées, dont l’origine et la couleur de peau exposent à la stigmatisation et à de nombreux désavantages dans la vie sociale.

Les immigrés et leurs descendants d’origine maghrébine et d’Afrique subsaharienne restent plus exposés que les autres groupes d’origine immigrée ou que la population majoritaire aux difficultés scolaires, ainsi qu’aux discriminations dans l’accès à l’emploi, au logement et à la santé. Ces inégalités se produisent alors même que les indicateurs d’intégration, au sens d’une pleine appartenance et participation à la société, se confirment. Ce sont ainsi 71 % des immigrés, 94 % des descendants de deux parents immigrés et 98 % des descendants de couple mixte qui se sentent français, à comparer aux 97 % de la population sans ascendance migratoire.

Ce sentiment d’appartenance nationale coexiste avec un attachement au pays d’origine des parents pour la seconde génération : 75 % avec deux parents immigrés partagent l’appartenance nationale du pays de leurs parents, et 46 % de ceux issus d’un couple mixte.

De même, l’usage du français au cours de l’enfance est très présent dans les familles immigrées, le plus souvent en combinaison avec la langue des parents : 86 % des descendants de deux parents immigrés ont parlé français avec eux dans l’enfance, dont 68 % en combinaison avec la langue des parents.

Dans un paradoxe que l’ouvrage cherche à éclairer, les descendants d’immigrés sont ainsi simultanément bien plus intégrés à la société française que les immigrés eux-mêmes dans leurs pratiques culturelles et leurs appartenances nationales, et plus exposés aux discriminations fondées sur leurs origines ou couleur de peau et au racisme. Celles-ci concernent également les Français originaires de l’Outre-mer et leurs descendants nés dans l’hexagone.

Au-delà des inégalités, l’ouvrage, qui s’appuie sur l’expertise de chercheurs en sciences sociales, économistes et statisticiens, éclaire aussi les dynamiques de mobilité sociale et les formes diversifiées de participation à la société française. Il montre comment les trajectoires individuelles se construisent à l’intersection des conditions sociales, des parcours migratoires, des politiques publiques et des expériences vécues.
Extrait de ined.fr du 21.06.26

 

« L’immigration est une composante centrale de la société française »

Quels sont les parcours des personnes immigrées et de leurs descendants en France ? Quelles discriminations ressenties ? Plus largement, quelle est la place de l’immigration dans la société française ? Pour répondre à quelques-unes de ces questions, l’Institut national d’études démographique (Ined) et l’Insee ont mené l’enquête « Trajectoires et Origines 2 »), inédite par son ampleur. Un ouvrage collectif issu de cette enquête menée en 2019-2021, à rebours de certaines idées reçues sur l’immigration, vient de sortir aux Éditions de l’Ined. Entretien avec Cris Beauchemin, qui a codirigé l’ouvrage.

The Conversation : Quels sont les objectifs de cette enquête « Trajectoires et Origines 2 » (TeO2) et quelle méthodologie avez-vous mise en place pour les atteindre ?

Cris Beauchemin : Le but était de dresser un tableau aussi complet que possible de la position des immigrés et de leurs descendants dans la société française. Notre principal instrument : la réalisation d’une nouvelle enquête avec l’Insee, qui renouvelle celle réalisée dix ans avant, TeO1, sur un nouvel échantillon. C’est une enquête unique par son ampleur, portant sur plus de 27 000 personnes, âgées de 18 à 59 ans, qui ont répondu aux enquêteurs de l’Insee lors d’entretiens durant souvent plus d’une heure.

La collecte, longue, a duré de juillet 2019 à janvier 2021. Cette enquête comporte deux particularités par rapport aux enquêtes classiques de statistique publique. La première est d’être multi-thématique – portant sur l’emploi, le logement, la famille, la santé, les discriminations, les pratiques culturelles, politiques, et religieuses, etc. ce qui fait sa grande richesse. La deuxième est que les immigrés et leurs descendants sont surreprésentés dans l’échantillon afin d’offrir des effectifs suffisants pour pouvoir faire des analyses en fonction des différentes origines.

Enfin, nouveauté de TeO2 par rapport à TeO1, cette enquête permet d’identifier et d’étudier la troisième génération, celle qui a au moins un grand-parent immigré. En raison de l’histoire de l’immigration, cette troisième génération est essentiellement composée de personnes d’origine européenne : nos enquêtés sont des adultes et leurs grands-parents immigrés sont nécessairement arrivés il y a plusieurs décennies, à une époque où la migration était essentiellement européenne.

Quelle contribution de l’immigration au peuplement de la France et quelle « photographie » TeO2 donne-t-elle des origines des Français ?

C. B. : Le principal résultat à retenir est que si l’on additionne les immigrés, les descendants de deuxième génération (ayant au moins un parent immigré) et la troisème génération (ayant au moins un grand-parent immigré), un tiers des Français a un lien direct avec l’immigration. Plus précisément, parmi les 18-59 ans, 13 % sont immigrés et, respectivement, 11 % et 10 % ont au moins un parent ou un grand-parent qui a immigré.

Si on ajoute les personnes en couple avec une personne immigrée ou un enfant d’immigré(s), 41 % des individus ont un lien familial fort à l’immigration, soit par ascendance, soit par alliance. L’immigration est donc une composante centrale de la société française. Elle s’y fond au fil des générations par le biais des unions. Parmi les enfants d’immigrés, un sur deux a un parent de la population majoritaire (c’est-à-dire ni immigré ni enfant d’immigré). Quant aux petits-enfants d’immigrés, 95 % ont au moins un grand-parent qui n’est pas immigré.

Dans une perspective historique, quelle évolution est observée dans la composition de l’immigration en France ?

C. B. : La part des immigrés dans la population a augmenté – ce sont les recensements qui nous renseignent sur le sujet –, notamment depuis le début des années 2000.

Fourni par l’auteur
Mais ce qui a surtout évolué, c’est la composition de la population immigrée. L’immigration procède par « vagues », ce que montre très bien un graphique de notre premier chapitre (voir ci-contre).

Principalement européenne avant 1960, l’immigration s’est peu à peu diversifiée. Les « vagues » se succèdent : le haut de la « vague » d’arrivée des Belges se situe avant 1900, ils ont été suivis par les Italiens et les Polonais au milieu du XXᵉ siècle, puis par les Espagnols et les Portugais dans les années 1970. L’immigration non-européenne s’est développée seulement à partir des années 1960, d’abord avec les Algériens. Sont ensuite venus les Marocains, les Tunisiens, les Turcs, les Subsahariens et les Asiatiques, surtout depuis les années 2000.

L’inquiétude de certains discours actuels qui relaient l’idée que l’immigration non européenne suivrait une progression inédite dans l’histoire de l’immigration n’est pas fondée. Certes, le graphique montre bien que l’immigration en provenance d’Afrique subsaharienne est en augmentation, mais – alors que la courbe cumule les originaires de tout le continent – elle n’atteint pas le niveau des seuls Italiens au milieu du XXᵉ siècle.

Reste que, aujourd’hui, l’immigration est très diversifiée. Parmi les 18-59 ans, d’après les résultats de TeO2, les immigrés européens sont minoritaires (28 %). Le Maghreb représente un tiers des immigrés, les Subsahariens, environ 20 %, l’Asie, 16 %.

Que dit TeO2 des positions sociales et des pratiques culturelles des personnes immigrées et de leurs descendants ? Observe-t-on une égalisation progressive, une homogénéisation des positions sociales et des pratiques culturelles entre les descendants d’immigrés et ce que vous appelez la « population majoritaire » c’est-à-dire les personnes ni immigrées ni enfants d’au moins un immigré ?

C. B. : Le grand résultat de l’enquête est précisément qu’il y a un hiatus entre l’intégration socioéconomique et l’intégration socioculturelle. Alors que des difficultés d’accès à l’emploi notamment persistent d’une génération à l’autre, on observe une nette convergence vers la population majoritaire sur une grande variété d’indicateurs socioculturels, comme les pratiques linguistiques (le fait de parler le français à la maison avec ses enfants), les pratiques de fécondité ou les normes sociales (par exemple sur le travail des femmes ou la tolérance vis-à-vis de l’homosexualité ou de l’avortement).

Fourni par l’auteur
Ainsi, en génération deux et trois, on arrive à des positions qui sont très similaires à celles de la population majoritaire. On l’observe bien avec les réponses données à la question « En pensant à votre histoire, votre culture familiale et votre identité, de quelle(s) origine(s) vous considérez-vous ? ». Les secondes générations qui ne s’identifient pas à la France ne sont pas plus nombreuses que les personnes de la population majoritaire.

Vous évoquez une « identité à traits d’union », qu’entendez-vous par là ?

C. B. : C’est l’idée que les immigrés et que leurs enfants n’abandonnent pas leur bagage socioculturel, mais qu’ils le combinent à de nouvelles pratiques et de nouveaux sentiments d’appartenance qu’ils adoptent dans l’environnement français qui, lui-même, est divers. On retrouve cette « identité à traits d’union » dans le fait que les immigrés et leurs descendants s’identifient souvent à la fois à leur pays et à la France. C’est le cas de 17 % des immigrés (en plus des 15 % qui ne s’identifient qu’à la France) et de 33 % de leurs enfants (en plus des 39 % pour la France seule).

Et cette homogénéisation observée en matière de valeurs ne se retrouve donc pas au plan socioéconomique ?

C. B. : Les résultats sont nuancés. Ils sont positifs quand on compare les positions sociales des immigrés et de leurs enfants. Les mobilités sociales ascendantes sont plus fréquentes dans les familles immigrées que dans la population majoritaire, parce que les parents sont souvent de position sociale assez modeste.

Du point de vue de l’éducation, le tableau est aussi assez positif. Les personnes de la deuxième génération, dans leur ensemble, parviennent à des niveaux d’éducation très proches de la population majoritaire (la proportion des femmes ayant au moins un bac + 3 est de 26 % pour les majoritaires et de 27 % pour les filles d’immigrés), même s’il existe des inégalités selon l’origine. Selon le stéréotype bien connu, les Asiatiques, par exemple, performent et sont hyperdiplômés par rapport à la moyenne (48 % des femmes ont un au moins un bac + 3). Mais ce qu’on dit beaucoup moins et qui est nouveau par rapport à Teo1, c’est que les personnes de deuxième génération d’origine subsaharienne sont aussi plus souvent titulaires d’une licence ou équivalent que la population majoritaire. C’est davantage qu’en population majoritaire, aussi bien chez les femmes (32 % contre 26 %) que chez les hommes (27 % contre 23 %).

D’ailleurs, sur l’éducation, un autre élément que l’on retrouve dans l’enquête, qui va sans doute à l’encontre des idées reçues, est que les primo-arrivants sont beaucoup plus diplômés que par le passé. Pouvez-vous nous détailler ce résultat ?

C. B. : En effet. Parmi les immigrés arrivés avant 1989, seuls 29 % avaient atteint l’enseignement supérieur avant d’entrer en France. Pour ceux arrivés après 2009, la proportion est à 53 % ! Cela ne veut pas dire que tous les immigrés sont extrêmement diplômés : par rapport à la population majoritaire, ils sont à la fois plus fréquemment sans diplôme et aussi plus souvent plus diplômés. Typiquement, les hommes subsahariens de première génération sont plus souvent titulaires d’une licence ou équivalent que les hommes de la population majoritaire (35 % contre 23 %).

Et donc, pour revenir aux inégalités observées au plan socioéconomique ?

C. B. : Elles sont flagrantes sur le marché de l’emploi. Toutes choses égales par ailleurs, on observe un surchômage très important chez les minorités visibles, notamment les originaires du Maghreb et d’Afrique subsaharienne, aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Par exemple, les immigrés d’origine maghrébine ont un risque de chômage augmenté de + 6,2 points de pourcentage par rapport aux hommes de la population majoritaire qui ont des profils comparables. Et l’écart est de +11,7 points pour les femmes. Chez les descendants, qui ont pourtant grandi en France, les écarts persistent. Et des pénalités salariales sont aussi observées. Ces écarts étaient déjà observés dans TeO1. La situation ne s’est pas améliorée.

Cela s’explique essentiellement par la persistances des discriminations. Le chapitre 11 montre qu’il y a une corrélation très forte entre les situations de désavantage sur le marché de l’emploi et les déclarations de discrimination des enquêtés. Cela corrobore les études fondées sur d’autres méthodes de mesure des discrimination, comme des testings (méthode utilisée pour détecter et prouver des discriminations, NDLR) par exemple, mis en place sur le marché de l’emploi ou sur le marché du logement.

Vos résultats montrent globalement une augmentation des discriminations. Comment l’expliquer ?

C. B. : L’ouvrage comporte un chapitre sur les expériences de discrimination et de racisme. Tous motifs confondus (origine, sexe, handicap et autres motifs officiels de discrimination qui peuvent justifier un recours auprès de la défenseure des droits), les discriminations ont en effet nettement progressé entre TeO1 et TeO2. C’est un résultat qui s’explique essentiellement par le surcroît de déclarations de sexisme dans un contexte post #MeToo.

Dans l’enquête figurent aussi des questions sur l’expérience du racisme. Il n’a pas augmenté parmi les minorités les plus visibles, parce qu’il a déjà atteint depuis longtemps des niveaux très élevés : dans TeO2, 36 % parmi les immigrés d’Afrique subsaharienne et 50 % parmi leurs descendants. Chez les ultramarins, la proportion est de 39 % en première génération, 47 % en deuxième génération.

Il y a une augmentation des déclarations de racisme et de discrimination entre la première et la deuxième génération. C’est un phénomène bien connu qu’on appelle le paradoxe de l’intégration. Les personnes de deuxième génération sont nées en France, ont été socialisées en France, sont allées à l’école en France ; elles ont en conséquence plus d’exigences à l’égard du modèle républicain que les premières générations et une plus grande sensibilité qui les conduit à déclarer des faits racistes ou discriminatoires quand elles les subissent.

Quelles pistes de recherche sont à explorer à la suite de l’enquête TeO2 ?

C. B. : La question majeure va de nouveau tourner autour du hiatus entre l’intégration socioculturelle et l’intégration socioéconomique. Idéalement, si on croit au modèle républicain, on voudrait ne plus relever d’inégalités et de discriminations selon l’origine ou l’apparence. La question pour TeO3 sera de déterminer si la société a progressé de ce point de vue-là ou bien si les pénalités socioéconomiques continuent à se transmettre d’une génération à l’autre.

Propos recueillis par Françoise Marmouyet.

L’enquête TeO2 a été rendue possible par le soutien financier de nombreuses institutions, outre l’Insee et l’Ined : le commissariat général à l’égalité des territoires (CGET), la CNAF, la Défenseure des droits, la Dilcrah, le département des statistiques, des études et de la documentation (DSED) du ministère de l’intérieur, le DEPS du ministère de la culture, la Dares du ministère du travail, l’Injep, le secrétariat d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes, France Stratégie et Progedo.

Extrait de theconversation.com du 21.05.26

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