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B* Val-de-Reuil (Eure). Les 5e Segpa du collège REP+ Alphonse Allais s’essayent à l’apiculture, support d’une pédagogie de projet réconciliant les élèves avec l’école (Fenêtres-sur-Cours n° 510 - mars 2026)

13 mai

Les spationautes de la biodiversité

Mis à jour le 20.03.26

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À Val-de-Reuil, les 5e Segpa s’essayent à l’apiculture, support d’une pédagogie de projet réconciliant les élèves avec l’école.

Combinaisons blanches équipées de filets de protection, longs gants, bottes en caoutchouc, les 12 élèves de la 5e Segpa du collège Alphonse Allais à Val-de-Reuil dans l’Eure ressemblent étrangement à des spationautes partant étrangement à des spationautes partant étrangement à des spationautes partant à l’assaut du cosmos. Regroupé en binôme, chacun, chacune inspecte son camarade. « N’oubliez pas de vérifier qu’il n’y a aucun espace où les abeilles pourraient se faufiler, toutes les fermetures éclairs doivent être closes et le filet ne doit pas toucher le bout de votre nez », précise Adrien Sauvage, apiculteur amateur et directeur de la Segpa.

Des rires fusent, pas si facile de s’équiper, l’entraide s’impose. Pour ces jeunes collégiennes et collégiens, cette après-midi ensoleillée de début mars marque une nouvelle étape très attendue dans leur parcours scolaire : rencontrer les abeilles en vrai. « J’attends cela depuis que mon professeur m’en a parlé quand j’étais à l’école Jean Jaurès en Ulis », explique Ilyes. Depuis septembre, les élèves travaillent en classe sur les constituants de la ruche et son fonctionnement : identification des étapes de fabrication et de récolte du miel, rôle de la reine et des ouvrières, fabrication d’une ruche pédagogique ou encore observations au microscope.

Florent Albouy, professeur de sciences et vie de la Terre au collège, lui aussi passionné d’apiculture, leur fait découvrir l’enfumoir. « Pourquoi allons-nous utiliser cet objet ? » « Pour tuer les abeilles », « Non, pour les éloigner » rectifie une élève. Des végétaux sont disposés sur le dessus de l’enfumoir afin d’obtenir une fumée froide. Élisa Meunier, PE spécialisée et aussi apicultrice, rappelle les règles : « Ne pas s’agiter, c’est important lorsque l’on travaille avec le vivant. Si je panique, ce n’est pas grave, j’informe l’adulte et je me mets à l’écart ».

LE GRAND SAUT

Entre émerveillement et crainte, les apprentis apiculteurs et apicultrices se dirigent vers la ruche et se positionnent sur le côté ou derrière celle-ci afin de ne pas affoler ces petites bêtes à miel. Mission du jour, faire passer l’essaim d’abeilles de la ruchette, dans laquelle elles ont passé l’hiver, à la ruche où les occupantes disposeront de davantagede place. « Il faut toujours avoir des gestes doux », précise Florent, lorsque Haythem enfume les abeilles.

Avec délicatesse, tout se déroule sans encombre. À l’aide d’une pince, Nawel déplace précautionneusement un cadre mais avant de le déposer dans la nouvelle habitation, les élèves l’inspectent : recherche de la reine, présence de larves et de miel, nectar sous les pattes… C’est l’occasion de réinvestir leurs connaissances, de donner du sens aux apprentissages vus en classe. Si Athaïs a préféré se mettre à l’écart des abeilles qui virevoltent en tous sens, Céléna se lance malgré ses appréhensions. « Très bien, bravo ! », lance Adrien. Il est désormais temps de refermer la ruche et de laisser les abeilles s’approprier cette nouvelle demeure. Avant de repartir en classe, les binômes se reforment afin d’inspecter la combinaison et de la débarrasser des visiteuses qui seraient un peu trop collantes.

REVENIR VERS L’ÉCOLE

Pour ce trio d’enseignant·es, la pédagogie de projet est une accroche incomparable à toute autre pour ramener les élèves en difficulté vers l’école. « L’ouverture de la ruche, moment où les élèves vont au-delà de leur peur, a été identifiée comme un déclencheur d’appétence scolaire par Amaël André, chercheur de l’université de Rouen qui suit une cohorte des élèves de la Segpa dans le cadre de l’Observatoire de l’éducation inclusive », souligne fièrement Adrien.

« Ce projet apiculture est aussi l’occasion pour les élèves d’enfiler le costume de sachants lorsqu’ils expliquent le fonctionnement de la ruche à d’autres élèves ou aux familles", explique Elisa. Un rôle qu’ils n’ont pas l’habitude de tenir et qui nombreux apports pour les élèves, travailler en projet est aussi riche pour leurs pratiques. « Travailler en co-intervention nous permet d’avoir des regards croisés sur les élèves, détaille Florent. L’expertise d’Elisa sur la difficulté scolaire m’a permis d’avoir une pratique professionnelle plus solide et de davantage différencier mes enseignements dans mes autres cours ». Si le co-enseignement avec Florent est comptabilisé dans les dotations horaires de l’établissement, il demande beaucoup de concertations qui se font sur des temps informels en présentiel ou par téléphone. Un inconvénient que le trio choisit de dépasser aux vues de tous les bénéfices retirés.

20.03.26 https://snuipp.fr/publications/articles/les-spationautes-de-la-biodiversite

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