> LA RUBRIQUE UNIQUE à partir de novembre 2025
> La difficulté à se regarder est-elle plus marquée chez les élèves en EP (un (…)
Voir à gauche les mots-clés liés à cet article
Sur Linkedin
Rania Nakouri
J’ai assisté à la répétition d’un projet artistique autour de la thématique de l’esclavage, mené dans le cadre d’un projet « Sur les traces de l’esclavage, libres de couleur ».
Au-delà de la qualité artistique du projet, c’est surtout ce qui se joue dans la relation pédagogique qui m’a marquée.
L’artiste intervenante a travaillé sur la notion d’intention : dans les exercices de transmission, notamment le fait de « donner et recevoir la balle », l’engagement du corps rend visible l’attention portée à l’autre. L’intention devient lisible, presque palpable des deux côtés.
Dans ce travail avec les élèves, un élément m’a particulièrement interpellée : la difficulté à se regarder. Ce constat fait écho à d’autres expériences menées auparavant, autour de la posture face aux autres.
Je m’interroge : est-ce une caractéristique propre aux élèves d’Education prioritaire ou plus largement un trait de l’adolescence ?
Au-delà des réponses, cela dit quelque chose des apprentissages implicites de l’Ecole : les codes, les attitudes, les postures relationnelles ne sont pas toujours acquis de manière équitable. Et ils jouent pourtant un rôle décisif dans la réussite et la confiance en soi.
En tant que cheffe d’établissement en REP, ces moments rappellent avec force ce qui fonde mon engagement : offrir à tous les élèves, quels que soient leurs parcours, des expériences qui ouvrent des possibles, structurent des postures, et donnent accès à des formes de confiance parfois invisibles mais essentielles.
Ce projet artistique en est une illustration particulièrement juste et émouvante.