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Henriette Zoughebi, vice-présidente du Conseil régional d’Ile-de-France, veut uniformiser les tarifs de cantine des lycées dans les quartiers populaires

12 décembre 2013 Version imprimable de cet article Version imprimable

L’Ile-de-France met de l’égalité dans la marmite des cantines scolaires

"C’est notre fierté de créer des conditions de réussite et de bien être pour tous les lycéens". Pour Henriette Zoughebi, vice-présidente du Conseil régional d’Ile-de-France en charge des lycées, la tarification unique de la restauration dans les lycées franciliens fait partie des mesures qui vont aider les lycéens défavorisés à réussir leur scolarité. Une mesure proposée par sa formation politique, le Front de gauche, inscrite au budget présenté par la majorité régionale pour 2014.

La cantine révélateur des inégalités sociales
Sur les 471 lycées franciliens, 450 disposent d’un restaurant scolaire et tous sont en régie directe. Mais chaque établissement a développé ses propres tarifs. On en compte des milliers. La moitié seulement des lycées font bénéficier les jeunes d’une aide régionale. Les résultats sont visibles : les jeunes de milieu populaire (enfants d’inactifs, ouvriers) ont deux fois moins de chance de déjeuner à la cantine que ceux des classes favorisées (cadre supérieur, profession libérale). La cantine est devenue le révélateur le plus sur de la composition sociale de l’établissement.

L’initiative régionale vise à uniformiser ces tarifs d’ici 2017 avec une première étape à la rentrée 2014 avec une centaine de lycées sur deux départements où le quotient familial est déjà utilisé au collège. La tarification unique pourrait être proposée en janvier 2014 au conseil régional.

"On hérite de tarifs très variés", nous dit H Zoughebi. "On va faire très attention à ce que les nouveaux tarifs soient avantageux aux plus défavorisés et aussi aux classes moyennes" Le prix du repas devrait varier entre 1 et 4 euros avec une graduation fine entre les deux. "On accompagnera la mise en place", souligne H Zoughebi qui s’inquiète de failles éventuelles. Les jeunes qui ne peuvent pas payer 1 euros le repas devraient bénéficier du Fonds social lycéen mais celui-ci est devenu très insuffisant (1500 €pour 1470 élèves au lycée J Jaurès de Montreuil par exemple). A Paris, les assistantes sociales ne sont plus dans les établissements ce qui les éloigne des plus démunis.

Les petits plats dans les grands
La mesure devrait aussi avoir un impact sur la vie des établissements. H Zoughebi en attend que les jeunes se sentent mieux dans ce qui est leur seconde maison et à ce qu’ils s’alimentent mieux dans les quartiers populaires. Cette remontée du taux des demi-pensionnaires aura forcément un impact sur les emplois du temps. La région se prépare à investir dans l’aménagement des cantines et leurs frais. Sur le budget 2014 3 millions supplémentaires sont inscrits pour l’équipement des cantines (entre autres bornes magnétiques et cartes pour faciliter la gestion) et 2 millions pour le fonctionnement.

"Cette mesure va aussi nous aider à renforcer notre filière d’approvisionnement", souligne H Zoughebi. La région mise sur les achats en circuit court et le développement du bio. Une plateforme centrale d’achats va aider les restaurants dans leur gestion. En Ile-de-France, la région n’a pas fini de mettre les petits plats dans les grands pour les lycéens.

Extrait de cafepedagogique.net du 11.12.2013 : L’Ile-de-France met de l’égalité dans la marmite des cantines scolaires

 

Voir aussi l’interview de Gilles Fumey, spécialiste de la géographie de l’alimentation, professeur à Paris IV
et
Ce que nous apprennent les cantines sur nos lycées :
Etude de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme régional (IAURIF)

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