"Comment faire d’un collège pourri le collège du bonheur ?" Le rôle du principal. Reportage

14 avril 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Le taux de réussite au brevet de ce collège est passé de 64% à 95%. Nouveau principal, confiance dans les profs, transmission de valeurs, et surtout, plaisir.

Difficile à envisager, mais le collège Georges Duhamel, avant, c’était la zone et la loi de la déprime. Au début des années 2000, c’était un établissement connu pour sa petite délinquance de couloir et ses faibles résultats au brevet – 64% de réussite.

Situation sclérosée, puisque la direction et les profs n’arrivaient plus à se parler et les lundis matin étaient cauchemardesques. A l’époque, les classes étaient en sous-effectifs (370 élèves pour 468 places) ; plus que louche à Paris.

« Quand j’ai su que mon aîné était sectorisé sur ce collège, j’ai dit des mots comme “beurk, argh, pfff” », résume une mère d’élève. Finalement, son aîné a eu de la chance : en 2004, l’année de son arrivée, tout a changé. Un nouveau principal est arrivé, Albert Zenou, surnommé « Zenounours » ou « Zorro », qui a aujourd’hui 62 ans.

[...] « Le principal a réussi à nous fondre dans une même pâte grâce à une absence de suspicion. Il ne nous regarde jamais comme des fumistes et c’est très rare dans l’Education nationale. Il n’y a pas de paranoïa institutionnelle. »

En essayant d’expliquer les raisons de son bien-être dans l’établissement, une jeune prof parle aussi de confiance :

[...] Parallèlement, à son arrivée, Albert Zenou a tout de suite souhaité mettre fin au détournement des élèves des milieux aisés : ceux qui avaient les moyens de fuir l’affectation en allant dans le privé.

Pour cela, il a créé des filières sélectives. D’abord une classe « bilangue » (même nombre d’heures d’anglais et d’allemand dès la sixième). La prof d’allemand, qui a l’air d’être une pointure, est particulièrement bien traitée : elle a sa salle, son PC et son vidéoprojecteur.

Il a ensuite lancé des sections latin et grec, une classe européenne, une section sportive (neuf heures d’escalade par semaine) et des options scientifiques (stages en labo en partenariat avec l’hôpital Necker).
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Extrait de nouvelobs.com du 21.03.15 : Comment faire d’un collège pourri le collège du bonheur

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