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08/12/05 - Débat public sur les ZEP organisé par la mairie de Paris le 15 décembre

8 décembre 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait d’un communiqué de la Mairie de Paris du 07.12.05 : Pour une autre politique des ZEP ?

Conférence débat, jeudi 15 décembre 2005, de 17 h à 19 h

La création des zones d’éducation prioritaires (ZEP) de l’Éducation nationale date de 1981. Avant même les événements récents dans les quartiers, le débat sur les ZEP avait été réouvert, en particulier à l’occasion de la publication de l’étude de l’INSEE sur leur impact. Par ailleurs, la loi de programmation pour la cohésion sociale adoptée, en 2005, prévoit d’affecter des moyens spécifiques à de nouveaux dispositifs de réussite éducative pour les enfants ne bénéficiant pas d’un environnement social, familial, culturel favorable.

La question de l’éducation prioritaire, de ses méthodes, de ses moyens et de ses résultats se pose toujours aujourd’hui avec beaucoup d’acuité. Paris, avec ses 20 réseaux d’éducation prioritaire, est évidemment très concerné par ce débat.

C’est pourquoi la délégation à la politique de la ville et à l’intégration a choisi d’inviter pour en débattre :

• Corinne Prost (CREST-INSEE), coauteur du rapport « Zone d’éducation prioritaire : quels moyens pour quels résultats ? Une évaluation sur la période 1982 - 1992.

• François-Régis Guillaume de l’association Observatoire des Zones Prioritaires (OZP)

Délégation à la Politique de la ville et à l’Intégration

6, rue du Département, 75019 Paris

Métro : Stalingrad ou Jean Jaurès

Inscriptions :

- Par téléphone : 01 53 26 69 31

- Par mél

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1 Message

  • J’ai assisté à ce débat hier soir, qui était très intéressant.

    Quelques interrogations me sont venues à écouter les uns et les autres...

    Tout le monde parle des "élèves défavorisés" comme s’il s’agissait d’un bloc homogène, et comme s’il était acquis que le fait de venir d’une famille pauvre légitimait forcément le fait d’avoir des résultats scolaires médiocres. Pourtant le QI n’est que partiellement dépendant du milieu, et il est évolutif. Pourtant je viens d’une famille de très pauvres qui se sont élevés socialement grâce à l’école. Ma belle-famille aussi. Parmi nous il y a des enseignants, des commerçants, des chercheurs...

    Mais effectivement, quand mon enfant est entré au CP, dans un charmant village favorisé, j’ai été étonnée de constater que, même là, contrairement à ce qui s’était passé en maternelle, les résultats des enfants se sont mis à coller à la courbe des revenus des parents. Il y avait un seul gosse de pauvres, il a tenu son rôle de gosse de pauvre.

    On va alors parler du rôle des parents qui doivent soutenir l’enfant à la maison. Donc les devoirs à la maison sont facteurs d’inégalité scolaire, renforcent les inégalités sociales...

    Pourquoi les familles pauvres sont-elles dites défavorisées dans le contexte scolaire ? Peut-être parce que la culture populaire n’est pas la culture de l’école. La culture populaire est riche, et de plus le fait d’être bilingue, de venir d’un autre pays est une immense richesse (d’ailleurs selon certaines études les enfants bilingues apprennent à lire plus vite que les autres). Mais ce n’est pas la culture de l’école. C’est pourquoi parfois quand j’entends parler de scolarisation précoce comme une chance qui n’est pas saisie dans les quartiers populaires, je me sens très gênée ; un enfant est toujours mieux avec sa maman avant trois ans, nous disent les pédiatres, et n’y-a-t-il pas là un soupçon de volonté d’aculturation ?

    La culture de l’école n’est pas la seule Culture, mais elle n’a pas à avoir honte de ce qu’elle est. Gaston Kelman a écrit de belles pages contre la pédagogie couscous et pour l’exigence scolaire. L’école devrait à mon sens faire passer le message "je te respecte en tant qu’individu particulier avec une histoire particulière, mais je te demande, qui que tu sois, de faire l’effort de découvrir les plus grands textes d’une certaine culture". Il faudrait faire lire les grands textes à tous les enfants, beaucoup de textes. Et qu’on ne vienne pas me dire qu’ils n’ont pas le vocabulaire requis ; où vont-ils l’acquérir si ce n’est en fréquentant les textes ? Pas en regardant la télé ou en faisant leurs courses !

    Mais alors, puisque maintenant mes enfants sont en ZEP, je vois bien ce qui se passe dans les classes. Comment peut-on penser sérieusement qu’il suffit d’être un "professeur expérimenté" pour savoir comment parler à un groupe de 23 personnes qui contient peut-être 15 nationalités différentes ? Comment l’enseignant construit-il un élève idéal dans ces conditions ? Sur quelles références communes s’appuie-t-il ? C’est là que se pose le problème des représentations, très bien développé dans l’article de Mr Bier sur ce site. Puisque l’on se pose la question des moyens, ne faudrait-il pas plutôt utiliser les moyens à former tous les enseignants aux questions de l’interculturalité et des représentations personnelles ? Ne faudrait-il pas organiser des ateliers dans toutes les ZEP, au moins pour les enseignants et équipes de vie scolaire pour les aider à exprimer ce qu’ils ressentent à ce sujet ?

    Et puis ne faudrait-il pas prendre en compte maintenant dans les classes le fait qu’environ 10% des enfants sont dyslexiques, et qu’il existe différents modes d’apprentissage et de mémorisation selon les individus ?

    Souvent j’entends parler de volonté de former les parents, on souhaite leur apprendre comment être de « bons parents », comment exercer leur « parentalité ». C’est illusoire, car on ne peut pas former tant de personnes. De plus un bon parent ça n’existe pas. Un parent sufisemment bon, oui. C’est un des trois métiers impossible disait Freud (les deux autres étant enseignant et psy). C’est à l’enfant de juger si son parent est acceptable ou pas. Mon immigré de père gagne bien sa vie, il est très cultivé, mais il a toujours refusé d’aller à une rencontre parents-enseignants. En revanche il est toujours venu aux fêtes et cérémonies. J’ai pu observer récemment les visages des parents qui venaient à une remise de bulletins, même les parents de bons élèves visages pâles semblaient terrorrisés.

    Finalement, je pense que les problèmes des ZEP, ce sont les problèmes de l’Ecole tout entière, mais qui se posent de façon plus aigüe qu’ailleurs... et nous avons une chance , grâce aux ZEP, de pouvoir contribuer à changer l’Ecole pour tous.

    En tout cas, merci pour votre travail à tous, et pour ce site, vous apportez une grande bouffée d’oxygène et d’espoir dans un monde bien gris !

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