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Véronique Decker : « Les écoles alternatives participent à l’apartheid social comme les écoles privées »... (Video)

31 juillet Version imprimable de cet article Version imprimable

Véronique Decker : « Les écoles alternatives participent à l’apartheid social comme les écoles privées »... (Video)

Vidéo (Durée : 1 heure 24 minutes 51 secondes)

L’avenir de l’école ressemble-t-il à un condensé étrange de retour au XIXe siècle, à base de blouse et d’autorité du maître, et de projection futuriste, avec des élèves mieux « câblés » grâce aux neurosciences ?

Entre les promesses techniques de Jean-Michel Blanquer et les rêves réactionnaires de certains hebdomadaires, Véronique Decker, directrice d’école à Bobigny et militante de la pédagogie Freinet, propose une autre voie, qu’elle décrit notamment dans deux livres publiés par les éditions Libertalia, L’École du peuple et Trop Classe !

Enseigner dans le 9-3.

Pour elle, « la promesse de l’école publique à la nation, c’est l’émancipation, c’est-à-dire la possibilité pour chaque enfant d’apprendre des choses que ses parents n’auraient pas transmises, de visiter des lieux dans lesquels ils ne l’auraient pas accompagné, de rencontrer des gens qu’il n’aurait pas pu rencontrer ». Mais, concrètement, notre société « est plus attentive à la découpe des animaux morts qu’à l’éducation des enfants vivants », juge-t-elle.

« à désigner les fonctionnaires comme des ennemis malfaisants, l’école publique comme une machine à broyer les enfants et à transformer ce qui était un service public partagé en un gigantesque marché devant lequel des multinationales se pourlèchent déjà les babines ». Dénonçant l’artifice de la plupart des polémiques qui émaillent chaque année scolaire, la directrice d’école estime qu’elles servent le plus souvent

Convaincue que « les enfants doivent être élevés ensemble pour constituer un même peuple » et qu’on « ne peut pas attendre de changer le monde pour commencer à changer l’école », ni « non plus imaginer changer l’école sans faire bouger toute la société », Véronique Decker mise autant sur la pédagogie que la politique pour bâtir l’école de demain.

Pour elle, les pédagogies dites alternatives risquent en effet de ne faire que renforcer des effets délétères déjà à l’œuvre, au moment où « les écoles alternatives participent à l’apartheid social tout comme l’ensemble des écoles privées, en privant les écoles publiques de la diversité de leurs parents et de leurs élèves ».

Que faire alors pour éviter que, tandis que« les enfants des catégories sociocultivées se regroupent dans des écoles alternatives sympas, les enfants du quart-monde sont confiés à des débutants inexpérimentés, sans l’aide des parents, dans de grands ensembles scolaires » ? Peut-on encore échapper au destin social et scolaire, alors que « tout le monde veut la “réussite” de ses enfants », c’est-à-dire « que chacun s’est mis à penser qu’on allait “s’en sortir” tout seul au lieu de chercher à constituer des solidarités pour avancer ensemble » ? Entretien.

Alors que l’avenir de l’école semble souvent se réduire à un alliage étrange de neurosciences et de retour de la blouse, comment imaginer une autre école qui ne serait pas une école alternati...

Extrait de mediaparrt.fr du 25.07.18 : Le monde d’après-demain (6/8). Véronique Decker : « Les écoles alternatives participent à l’apartheid social comme les écoles privées »

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