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Conscience de soi et confiance en soi en mathématiques : pédagogie différenciée et classe inversée dans un collège d’Epinay-sur-Seine (observatoire des pratiques en éducation prioritaire)

6 novembre 2018 Version imprimable de cet article Version imprimable

Conscience de soi et confiance en soi en mathématiques : pédagogie différenciée et classe inversée

« C’est comme ça à chaque début de séance. On donne des numéros cibles », raconte une élève de 6ème. Les élèves « choisi (ssen)t les nombres (…). (Puis) on lance les dés », et « on voit comment obtenir le nombre ciblé avec les nombres tirés » ou s’en rapprocher le plus possible. On s’inspire du jeu Le compte est bon.

Au tableau, des numéros tirés : 1 ; 17 ; 2 ; 5 ; 3 et un numéro ciblé : 99

Mais ce n’est pas une compétition. C’est un moment d’accompagnement personnalisé en demi-groupes de 6ème.

Des élèves proposent leurs solutions ou décèlent des erreurs (15×17 ne font pas 45). On compare les stratégies. « 15×17. C’est trop compliqué. Je peux pas le faire » de tête, dit l’enseignant. « 15×3 = 45, donc ça ne peut pas être 15×17=45 », avance un élève. L’enseignant incarne ce qu’il vise, la bienveillance et l’exigence. On note sur le cahier sa stratégie préférée.

On construit ensuite des triangles selon un plan de travail, la « fiche chemin ». Elle « sert à s’autoévaluer », explique un élève. « Quand on a fini, on voit à quel niveau on est, vert, orange rouge. Si on a des difficultés, on peut consulter des ressources au fond de classe », « des vidéos faites maison » à consulter sur les ordinateurs de la classe, explicite l’enseignant.

L’ordre des exercices varie d’un élève à l’autre : le plan de travail propose des chemins différents

Tout le matériel (règles, compas, équerres…) est à disposition pour que élèves travaillent en autonomie. Le professeur peut se consacre au collégien le plus en difficulté. Ses figures sont approximatives, retoquées.

« Si c’est orange, il faut que tu le refasses », entend-il. Renvoyé à son cahier, l’élève trouve le conseil adéquat, « utiliser le compas ! ». Celui-là n’est pas en manque de capacité : c’est un garçon pressé, conduit à analyser sa propre pratique, avant de réussir.

Chacun pointe les étapes de ses acquisitions au tableau après validation par le professeur. On a travaillé au millimètre près.

Grille d’autoévaluation projetée au tableau

En vert, l’exercice a été réussi et permet de passer au suivant selon un parcours différencié

« Chacun avance à son rythme », dit une élève, radieuse. Elle a connu un enseignant qui « criait beaucoup ». Là, c’est différent et « on n’a le droit de faire les exercices qu’ici : pas de triche. Il faut deux heures minimum pour faire tous les exercices (d’une séquence), 5, 6 heures » pour les plus en difficultés.

Dans ce petit laboratoire, chacun dessine sa trajectoire intellectuelle et donne le sentiment d’une maturité accélérée par la confiance. C’est la conscience de soi au travail, en toute égalité.

Observateurs : Mme Marianne DURAND-LACAZE, Mme Martine LAMMENS, Mme Judith LIPIETZ, Mme Sophie MAISSIN, Mme Martine AMAB

Extrait de educationartistiqueetculturelleeneducationprioritaire.wordpress.com du 24.10.18 : Conscience de soi et confiance en soi en mathématiques : pédagogie différenciée et classe inversée

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