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"L’école à la ramasse", par Michel Fize, Editions Archipel, 2019 (ToutEduc)

12 septembre Version imprimable de cet article Version imprimable

"Il faut changer l’école, nous n’avons plus le choix". Michel Fize (Ouvrage).

A la lecture de la première partie du nouveau livre du sociologue Michel Fize intitulé "L’école à la ramasse", on peut se demander si cette école mérite encore d’être "ramassée"... Oui, répond finalement l’auteur qui attend "une autre école" et "vite" !

L’école française est "foutue" constate amèrement Michel Fize : "Qu’elle soit primaire, secondaire ou supérieure, l’école française ne cherche pas à rendre intelligents ceux qu’elle accueille. Elle veut juste des connaisseurs, des récitants, des recracheurs (de matière) à l’examen." L’école française n’est pas en crise, elle est "en faillite !". Et l’auteur de lister, chapitre par chapitre, toutes les faillites auxquelles il assiste : "faillite des réformes, stériles débats et analyses pseudo-scientifiques ; faillite de la langue française (et accessoirement d’autres matières) ; faillite du métier d’enseignant(e) ; faillite de l’égalité, faillite du système de transmission ; faillite de la paix scolaire".

Non sans véhémence, Michel Fize s’insurge contre toutes les réformes accumulées qui au final ne changent rien : "Malgré l’ambition de beaucoup de réformes, la plupart restent partielles, sans vue d’ensemble, notamment sur les missions, pourtant essentielles (jamais définies), ou sur les méthodes d’enseignement à mettre en œuvre (jamais exposées)". Il se fâche quand les ministres parlent d’égalité des chances et d’ascenseur social : "L’école est une institution qui, depuis toujours, promet un succès illimité à un nombre illimité d’élèves. […] Pourtant cette école, loin d’être un instrument de mobilité et de modification des rapports sociaux, reste un outil d’entretien et de ‘reproduction’ de ‘distinctions sociales’".

Changer la façon de penser

A qui la faute ? "Si cette école, aujourd’hui nommée Blanquer, se meurt, ce n’est pas parce qu’elle a changé depuis le temps lointain de Jules Ferry, c’est au contraire parce qu’elle n’a pas changé ! L’école primaire est toujours d’inspiration et de pratiques ‘ferrystes’ (même adoucies) et le lycée reste une structure napoléonienne. Quant à nos enfants, ils demeurent ‘encasernés’...". Au travers de ce violent réquisitoire apparaît progressivement "l’autre école" souhaitée par Michel Fize.

Mais pour changer l’école "comme disait d’Alembert : ‘il faut changer la façon commune de penser’." Le sociologue souligne qu’il n’y a jamais eu de réel débat sur les finalités et les missions de l’école. Mieux, il affirme : "Cette école du passé survit malgré tout parce qu’elle ne divise plus, ne clive plus. Elle n’est plus une idée politique où, en d’autres temps, on logeait presque l’avant-garde de la lutte des classes". Et pourtant, "il faut changer l’école, nous n’avons plus le choix".

Démanteler le ministère

Pour Michel Fize, la culture scolaire et la culture adolescente sont en complète contradiction : "Sait-on qu’un lycéen français (chiffre de 2015) reste assis en classe 1 108 heures par an contre 964 pour les élèves des autres pays de l’OCDE ?". Refusant d’attendre le "grand soir social", il propose notamment d’abandonner la configuration "salle de classe (au moins dans sa logique d’entonnoir de déversement de savoirs), on devra la faire vivre autrement, au profit de groupes constitués en fonction de leurs finalités".

Il affirme aussi qu’il "faudra démanteler le ministère de l’Education nationale. A côté d’un ministère-arbitre, veillant à l’application des principes et des missions de l’école, il faudra constituer des ministères régionaux. Il faudra ensuite donner à chaque établissement scolaire plus d’autonomie, lui reconnaitre une meilleure capacité de décision, quant à l’utilisation de ses crédits, le doter d’un chef aux responsabilités accrues, notamment d’autorité sur l’équipe éducative".

"L’école à la ramasse", Michel Fize, Editions l‘Archipel, 17€.

Colette Pâris

Extrait de touteduc du 10.09.19

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