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Enseigner la Shoah : - Les difficultés en collège en Seine-Saint-Denis (La Croix) - un dossier d’Eduscol

24 janvier Version imprimable de cet article Version imprimable

Iannis Roder, parler autrement de la Shoah
Critique
Professeur d’histoire-géographie dans un collège de Seine-Saint-Denis, Iannis Roder analyse les raisons du rejet de l’enseignement de la Shoah.

Ouvrage : Sortir de l’ère victimaire. Pour une nouvelle approche de la Shoah et des crimes de masse,
de Iannis Roder
Odile Jacob, 214 p., 21,90 €

[...] L’identification de l’antisémitisme aux nazis a placé dans un angle mort les résurgences de l’antisémitisme chez les jeunes des banlieues. « Dans l’imaginaire collectif, les victimes du racisme ne peuvent pas, elles-mêmes, être porteuses de haine et de rejet de l’autre. Dans cette vision puérile, une victime ne peut pas être un oppresseur », écrit-il, évoquant l’impuissance des incantations morales : « Brandir la mémoire de la Shoah face à des populations dont l’histoire collective n’a rien à voir avec cet événement historique revêt une efficacité limitée. »

Extrait de lacroix.fr du 23.01.20

 

Actions éducatives liées à l’histoire et à la mémoire
Mémoire des génocides et prévention des crimes contre l’humanité

Actualité : Le 27 janvier 2020 marque le 75ème anniversaire de la découverte du système concentrationnaire et d’extermination d’Auschwitz par les troupes de l’Armée rouge.

Le travail de mémoire passe prioritairement par l’éducation des enfants et des adolescents en s’appuyant sur l’enseignement de l’histoire en classe. Depuis 2003, la journée du 27 janvier est l’occasion pour la communauté éducative d’engager une réflexion sur les génocides et de rappeler les valeurs humanistes et les principes juridiques qui, fondent notre démocratie. Une démarche à destination des jeunes générations qui, plus de soixante-quinze ans après l’apparition au grand jour des crimes commis par les nazis reste toujours aussi importante en termes d’éducation à la citoyenneté. Depuis 2019, deux journées spécifiques, relatives aux génocides arménien et toutsi, viennent compléter ce dispositif.

Le sommaire du dossier
Journées officielles liées à la mémoire des génocides
Manifestations et actions pédagogiques
Articulation avec les programmes d’enseignement
Ressources pédagogiques

Extrait de eduscol ;education.fr de janvier 2020

 

Enseigner la Shoah face à tous les radicalismes

Avec la commémoration de la libération du camp de concentration d’Auschwitz se pose une nouvelle fois la question de l’enseignement en France de la Shoah.

Une interrogation qui se pose d’autant plus qu’une étude, publiée mercredi 22 janvier par l’institut Shoen Consulting, montrerait que 57% des Français ignoreraient le nombre de juifs tués dans les camps d’extermination, et qu’un quart des personnes âgées de moins de 38 ans affirmerait ne pas avoir entendu parler de la Shoah. Selon cette même étude 10% des sondés penseraient que « soit l’Holocauste est un mythe, soit le nombre de juifs assassinés pendant l’Holocauste a été largement exagéré« .

Malgré les questions méthodologiques qui peuvent interroger cette étude, s’agit-il d’un échec de l’enseignement alors que la Shoah a été intégrée comme un objet à part entière, dans les programmes du secondaire depuis 1989 ?

Constat d’échec qui n’est pas amer, mais invite à un sursaut, pour Iannis Roder, professeur d’histoire-géographie dans un collège en Seine-Saint- Denis, responsable des formations au Mémorial de la Shoah et directeur de l’Observatoire de l’éducation à la fondation Jean Jaurès. Il vient de publier Sortir de l’ère victimaire. Pour une nouvelle approche de la Shoah et des crimes de masse (Odile Jacob, janvier 2020), ouvrage dans lequel il écrit que « brandir la mémoire de la Shoah face à des populations dont l’histoire collective n’a rien à voir avec cet événement historique revêt une efficacité limitée. »

Il convient donc de l’incarner. Ce que de nombreux professeurs, mieux formés, tentent de faire. Démarche à laquelle Ruth Zilberman participe également avec la sortie de son livre 209 rue Saint-Maur, Paris Xe Autobiographie d’un immeuble (Seuil, janvier 2020) qui fait suite à son film documentaire Les Enfants du 209 rue Saint-Maur, Paris Xe (2018, Zadig Productions/Arte), qui restitue la vie des habitants de cet immeuble parisien dans toute leurs diversités de 1850 à nos jours : « Nous autres du 209, les pauvres, les morts et les vivants, les disparus et les revenants, nous autres les communards et les artisans, les résistants et les dénonciateurs, nous autres les jeunes filles amoureuses et femmes de mauvaise vie, nous autres les Kabyles et les Polonais, les Juifs, les Portugais et les Bretons, les Marocains et les Italiens, nous autres, Odette, Albert, Daniel, Henry, Charles et les autres.“Nous autres du 209”, c’était la forte et fière affirmation d’une patrie imaginaire dont l’étendard serait ce toit de ciel découpé en carré au-dessus de la cour. » On y vit la période de Vichy et les rafles dont celle du « vel d’hiv » en juillet 1942. Avec des familles juives, des collaborateurs, des Justes, aussi, de celles et ceux qui font comprendre « que l’histoire n’est jamais écrite d’avance » comme l’affirme Ianis Roder.

Donner à comprendre la Shoah passe en effet par la nécessité de re-contextualiser, mais aussi de situer le drame dans un conception du monde telle que la portait l’idéologie nazie, « afin, comme le souhaite Ianis Roder, de faire émerger une grille de lecture des discours radicaux, d’hier et d’aujourd’hui. »

Extrait de centrehenriaiqueperse.com du 28.0120

 

Auschwitz : pourquoi l’enseignement de la Shoah est un échec

Un professeur d’histoire dans un collège de Seine-Saint-Denis préconise d’étudier le génocide des juifs non plus par ses victimes, mais par ses bourreaux.

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Auschwitz : pourquoi l’enseignement de la Shoah est un échec
Un professeur d’histoire dans un collège de Seine-Saint-Denis préconise d’étudier le génocide des juifs non plus par ses victimes, mais par ses bourreaux. Par François-Guillaume Lorrain
Modifié le 26/01/2020 à 20:28 - Publié le 26/01/2020 à 16:46 | Le Point.fr
Iannis Roder, lors de l’emission << Vous avez la parole >>, en octobre 2019.
Iannis Roder, lors de l’émission « Vous avez la parole », en octobre 2019.

© JACQUES DEMARTHON / AFP
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Auteur de Sortir de l’ère victimaire (Odile Jacob), Iannis Roder est de ces professeurs qui n’hésitent pas à prendre la plume pour raconter ce qui se passe dans nos collèges et lycées. En 2002, il avait été l’un des cosignataires du collectif Les Territoires perdus de la République, qui alertait sur les dérives antisémites, racistes et sexistes en milieu scolaire, en particulier chez les jeunes d’origine maghrébine. Un ouvrage pionnier, consacré par son titre, republié après les attentats de 2015. En 2008, il montait au créneau en son nom propre en décrivant, dans Tableau noir. La défaite d...

Extrait de lepoint.fr du 26.01.20

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