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Luc Cédelle, dans Le Monde, juge "dramatisante" l’appréciation de l’islamisme à l’école faite par Jean-Pierre Obin dans son livre, y compris en éducation prioritaire

12 octobre Version imprimable de cet article Version imprimable

Islamisme à l’école : retrouver le sens des proportions
Dans « Comment on a laissé l’islamisme pénétrer l’école », Jean-Pierre Obin, qui avait, en 2004, coordonné un rapport sur les signes religieux en milieu scolaire, développe sans nuances la thèse d’une aggravation et met en cause « l’islamo-gauchisme ».

Livre. Cumulant anecdotes, témoignages détaillés, récits personnels et rétrospective des vingt dernières années, le livre de Jean-Pierre Obin est une analyse angoissée de la montée en puissance du phénomène islamiste dans la jeunesse scolarisée et du déni qu’elle aurait rencontré.

L’auteur, sur ce dossier, n’est pas n’importe qui : ancien inspecteur général de l’éducation nationale, il avait coordonné, en 2004, un rapport sur Les signes et manifestations d’appartenance religieuse dans les établissements scolaires. Ce « rapport Obin », connu pour avoir aussitôt été enterré – le cabinet de François Fillon, ministre de l’éducation, jugeait qu’il tombait mal –, puis rendu public par des « fuites », a fait date en tant que document à la fois institutionnel et crédible sur ces questions.

Cependant, là où ce rapport soulignait qu’il ne saurait « prêter à généralisation et à dramatisation excessive », le propos actuel de Jean-Pierre Obin, désormais personnel, mûri et délié du devoir de réserve, comporte dès ses premières lignes des affirmations pour le moins tranchées.

Refus d’hommage aux victimes de « Charlie Hebdo »
Ainsi, revenant sur le refus, par certains élèves, de rendre hommage aux victimes des attentats contre Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, il met en cause « les efforts du ministère de l’éducation nationale [Najat Vallaud-Belkacem] pour dissimuler puis minimiser l’ampleur » de ces incidents. Il assure que, « dans certaines académies et dans les zones d’éducation prioritaire », « une majorité » de collèges et de lycées ont été concernés. Estimation extrême que personne ne peut techniquement confirmer ni infirmer, mais qui ne fera certes pas l’unanimité des observateurs ou acteurs de l’époque. En la matière, cependant, l’interprétation est déterminante : il suffit d’un seul élève « dissonant » une fois pour dire qu’un établissement a été touché.

L’auteur multiplie les exemples, tous accablants et tous convaincants, de pressions islamistes sur l’école et ses personnels, et dont, dans certaines zones, le départ massif des élèves juifs du secteur public est une des conséquences les plus choquantes et les plus occultées. Il présente un florilège des lâchetés, complaisances ou compromissions dont certains enseignants ou responsables éducatifs ont pu se rendre coupables en ce domaine.

Au fil des chapitres, il livre aussi son analyse de l’attraction islamiste sur une frange de la jeunesse et du « déni » qu’il dénonce dans une partie du spectre politique français. Il exprime son rejet de « la complaisance et l’angélisme dominant une gauche qui proclame que l’islamisme n’a rien à voir avec l’islam ».

[...] Le même sondage [Cnal, 2004, ndlr] estimait à 1% la proportion d’enseignants jugeant "très tendu" le climat scolaire autour de la laïcité dans leur établissement, 8% "plutôt tendu", 57 % "apaisé" et 34% "très apaisé", soit un total de 91% concluant à l’apaisement. Même sir les chiffres sont moins bons en éducation prioritaire, cela ne fait pas très guerre civile en gestation.

Extrait de lemonde.fr du 09.10.20

Voir aussi Comment on a laissé l’islamisme pénétrer l’école, par Jean-Pierre Obin [ex-IGEN, auteur d’un rapport en 2004], édit. Hermann, septembre 2020

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