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Contrat aidé et formation : quels profils de décrocheurs scolaires sont privilégiés par les recruteurs ? Une étude de la Dares (ToutEduc)

2 novembre 2020 Version imprimable de cet article Version imprimable

Décrocheurs scolaires : un accompagnement combinant formation continue diplômante et expérience professionnelle semble compenser leur handicap auprès des recruteurs (DARES)

Décrocheurs contre non-décrocheurs candidats à un poste ? Lorsque les premiers restent principalement inactifs pendant deux ans, sans expérience ni formation continue, ils ont "une probabilité d’être rappelés par un employeur réduite de deux-tiers" par rapport aux seconds. Un résultat "sans surprise", commente l’organisme qui livre ce résultat, la DARES (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques), dans une étude publiée le 15 octobre 2020. Mais ce n’est pas la recherche d’un tel constat qui a motivé le travail de la DARES, mais de savoir, face justement au "signal négatif" que constitue le décrochage scolaire auprès des employeurs, quels dispositifs publics destinés à faciliter l’insertion professionnelle des jeunes non diplômés parmi ceux mis en œuvre dans les années récentes par les pouvoirs publics, sont susceptibles de compenser ce "signal". Un travail inédit, selon la DARES, car des travaux n’avaient pas, jusque là, comparé les dispositifs mais juste porté sur "l’efficacité propre de chacun d’entre eux". De cette étude, intitulée "Contrat aidé et formation : quels profils de décrocheurs scolaires sont privilégiés par les recruteurs ?", ressort que ce sont les dispositifs "hybrides", combinant expérience professionnelle et formation, et surtout s’il y a diplôme ou titre à la clé, qui peuvent compenser le handicap des décrocheurs scolaires face à leurs homologues qui sont allés au bout de leur formation initiale.

Pour comparer l’effet de ces dispositifs, la DARES, avec la chaire Sécurisation des parcours professionnels, a testé à partir de CV factices mais sur de réelles offres d’emploi les préférences des recruteurs à l’égard de différents profils de jeunes affichant une caractéristique distinctive, être non-décrocheur ou décrocheur, avec, pour ce dernier profil, différents parcours, sans activité, sans expérience ni formation continue, ayant acquis une expérience professionnelle et/ou un diplôme ou un titre professionnel via un dispositif d’insertion, pour pouvoir apprécier les effets de différents dispositifs d’accompagnement. 10 938 candidatures ont été envoyées entre le 23 janvier et le 13 juillet 2018 pour les métiers de cuisinier et de maçon, métiers sélectionnés car une part importante de jeunes y sont recrutés chaque année, principalement au niveau CAP, mais aussi parfois sans diplôme.

Des dispositifs tels que les Emplois d’avenir et les Parcours emploi compétences peuvent compenser le "signal négatif" du décrochage

Premier constat, l’ensemble des dispositifs semblent impacter sur l’insertion probable du jeune décrocheur puisque une formation professionnelle certifiante ou diplômante, comme une expérience professionnelle sans formation complémentaire (pouvant relever respectivement de dispositifs tels que la formation professionnelle programmée dans le cadre du plan d’investissement dans les compétences (PIC) et de contrats aidés "classiques" comme les CUI–CAE), font chacune monter le taux de rappel de 10 points pour un décrocheur (un candidat sur cinq est rappelé).

Mais ce sont les dispositifs dits "hybrides", combinant formation certifiante et expérience professionnelle additionnelle autre que les immersions ou stages de quelques semaines, qui permettent "de combler très largement l’écart qui peut encore exister avec les sortants diplômés de formation initiale", souligne la DARES. Dans ce cas de figure, en effet, c’est environ un candidat sur quatre qui est rappelé. À ce titre, se distinguent les dispositifs Emplois d’avenir ou encore Parcours emploi compétences, qui cumulent subvention à l’emploi et accès à la formation, et qui relèvent de cette catégorie de dispositifs. Néanmoins, la formation en question ne conduit pas toujours à une certification reconnue, et moins encore à un diplôme ou à un titre de niveau équivalent, alors que l’obtention du diplôme semble aussi jouer sur l’appréciation des employeurs (le taux d’accès à une formation certifiante est de 19 % pour les Emplois d’avenir et de 18 % pour les Parcours emploi compétence), observe la DARES qui souligne que la combinaison la plus "efficace" pour l’insertion est l’obtention d’un titre ou d’un diplôme en parallèle d’une année d’expérience dans le métier. Dans ce dernier cas, "les jeunes décrocheurs rattrapent quasiment leurs homologues non-décrocheurs (26 % de taux de rappel)".

D’autres facteurs impactants : les entreprises avec plus de dix salariés favorisent moins les candidats sans diplôme

Ce testing a aussi permis d’identifier d’autres facteurs qui peuvent influer sur les comportements des recruteurs, mais de manière globalement semblable envers tous les jeunes dès lors qu’ils présentent les mêmes caractéristiques, qu’ils soient décrocheurs ou non : la taille de l’entreprise (les plus de 10 salariés rappellent davantage les jeunes) et des circonstances telles que l’état du marché de l’emploi local et la distance du candidat par rapport au lieu de travail où il candidate (taux de rappel plus faibles dans les zones où le taux de chômage est plus élevé que la moyenne et si la distance travail-résidence dépasse 30 km). Seule différence notable, les entreprises avec plus de dix salariés favorisent moins les candidats sans diplôme et accordent moins d’importance à l’expérience professionnelle que les autres, ce qui peut donc être pénalisant pour des décrocheurs qui n’auraient pas suivi de formation certifiante et pour ceux qui ont pu profiter de dispositifs de type contrat aidé.

Alors qu’une seconde vague de tests réalisés à l’aide de candidatures spontanées d’octobre à décembre 2018 "confirme la robustesse des résultats obtenus", ce type d’étude pourrait servir à nourrir la "question essentielle" "du bon équilibre à trouver entre apport d’expérience professionnelle et/ou accès à une formation certifiante dans les dispositifs ciblés sur les jeunes non diplômés", écrit la DARES. En 2018, 67 % des jeunes de 16 à 25 ans sortis de formation initiale sans diplôme étaient sans emploi ni formation. "Leur insertion professionnelle est particulièrement difficile", écrit-elle. Ainsi, en 2019, 47,1 % des jeunes sortis sans diplôme et ayant achevé leur formation initiale depuis 1 à 4 ans étaient au chômage.

L’étude n°33 de la DARES ici (PDF)
Camille Pons

Extrait de touteduc.fr du 28.10.20

 

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