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Contre la violence, parents et profs réclament un classement en ZEP à Bagnolet

2 décembre 2004 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de « 20 minutes » du 02.12.04 : ZEP réclamée à Bagnolet (93)

Les profs ne vont plus au Travail.

La goutte d’eau de trop. L’ensemble des professeurs du collège Travail, à Bagnolet (93), se sont mis en grève hier matin pour protester contre les actes de violence au sein de l’établissement. La semaine dernière, un extincteur a été jeté du deuxième étage dans le hall.

La présence de plus en plus fréquente de tags « obscènes, diffamatoires et racistes » inquiète aussi les personnels administratifs et enseignants. « Les parents d’élèves sont solidaires », précisent les syndicats. Les enseignants réclament le classement du collège en ZEP et l’affectation d’un conseiller principal d’éducation supplémentaire.

 

Extrait du « Parisien » du 01.12.04 : classement en ZEP réclamé à Bagnolet

Parents et profs contre la violence au collège Travail

Il n’y a pas eu cours, hier matin, au collège Travail de Bagnolet. Les enseignants qui demandent depuis 1982 que l’établissement soit classé en zone d’éducation prioritaire ont, en effet, décidé d’utiliser leur droit de retrait. Soutenus par l’ensemble de leurs collègues, une trentaine d’enseignants et de parents d’élèves entendent protester contre les actes de violence qui, selon eux, augmentent de façon inquiétante au sein de l’établissement depuis quelques semaines.

« Un extincteur jeté du deuxième étage »

« Ça a commencé par des graffitis diffamatoires, obscènes et racistes peints sur les murs de l’établissement contre des employés techniques. Et il y a une semaine, un extincteur a été jeté du deuxième étage dans le hall. C’est une chance si deux élèves et un professeur qui se trouvaient dessous n’ont rien eu », s’insurge l’un des représentants du Snes-FSU, Olivier Vinay, fer de lance des grèves du printemps 2003. Sur les murs du collège en brique rouge, construit dans les années 1930, aucun graffiti n’était pourtant visible hier. « On les enlève au fur et à mesure, assure le prof. Ce sont le fait de deux ou trois fauteurs de troubles qui cristallisent le manque de moyens général dont souffre le collège », poursuit l’enseignant avant d’ajouter « n’avoir jamais vu cela en vingt-huit ans d’ancienneté ».

Une délégation de parents d’élèves et de professeurs a été reçue hier en fin d’après midi à l’inspection académique. Ils demandent notamment l’affectation au collège d’un deuxième conseiller principal d’éducation, de trois surveillants et d’un personnel de service entretien. « Nous avons également demandé au conseil général la mise en place d’un filet de protection à l’intérieur de l’établissement pour éviter d’autres jets de projectiles, précise le délégué syndical. Nous n’avons pas encore reçu de réponse. »

Du côté de l’inspection académique, Jean-Charles Ringard se montre ferme : « L’acte de l’élève est inacceptable, affirme l’inspecteur. Il est cependant hors de question qu’il soit exploité par les enseignants. Le collège n’entre de toute façon pas dans les critères d’un classement en ZEP. » Les enseignants et les parents décideront jeudi matin des suites à donner à leur mouvement de protestation en fonction de la réponse de l’inspection académique.

Marie-Pierre Bologna

 

Extrait de « L’Expresso » du 06.12.04 : le SNES, le projet de loi et les ZEP

Sur le site du SNES (FSU) :

« Le nouveau projet de loi présenté le 3 décembre par le Ministre de l’Education nationale confirme toutes les inquiétudes suscitées par ses premières annonces et les aggrave même sur des sujets essentiels :

En faisant référence à la nécessité « d’optimiser l’allocation des moyens », le ministre confirme que les mesures nouvelles, chiffrées à 2 milliards d’Euros, seront le résultat du redéploiement des moyens actuels de l’Education nationale :

Les heures de soutien du CIRE (Contrat individuel de réussite éducative) seront financées partiellement par les heures d’itinéraires de découverte (IDD) et, selon toute probabilité, par tout ou partie des moyens des ZEP même s’il est affirmé que le principe du dispositif ZEP n’est pas remis en cause.

Toutes les heures dédoublées en lycée, en dehors des langues vivantes, sont supprimées.

Toutes les heures statutaires (heures de labo, de cabinet d’Histoire-Géo, premières chaires) sont remises en cause dans la mesure où elles ne seraient plus « désormais justifiées »
La seconde option obligatoire de détermination (3h) est supprimée dans toutes les classes de seconde

Le risque d’un collège à plusieurs vitesses est loin d’être écarté, bien au contraire : aménagements des cursus et des programmes dans le cadre du CIRE, brevet à géométrie variable, dispositifs dérogatoires d’alternance en 4ème , multiplication par 5 des dispositifs relais...

Le ministre annonce un groupe de travail sur l’organisation du baccalauréat, mais encadre étroitement sa réflexion en fixant à priori à 6 le nombre des disciplines faisant l’objet d’une évaluation terminale, les autres relevant du contrôle continu ou du contrôle en cours de formation. Le contrôle continu conduirait à un bac qui perdrait sa valeur de diplôme national, le bac passé en « banlieue » risquant par exemple de ne plus avoir la même valeur que celui passé en « centre ville ». Le contrôle en cours de formation, s’il est organisé au niveau de l’établissement, poserait le même problème. En outre, l’expérience montre que son organisation extrêmement lourde compliquerait encore un peu plus le fonctionnement des établissements et l’organisation des examens !

Pour les absences de courte durée, le ministre maintient envers et contre tout son idée initiale de conférer au chef d’établissement le pouvoir de réquisitionner à tout moment les enseignants pour qu’ils remplacent leurs collègues au pied levé, situation qui n’a aucun équivalent dans le privé, ni dans le public. Une telle mesure ignore la réalité du fonctionnement des établissements et constitue un vrai déni du métier d’enseignant conduirait à des conflits permanents et à de véritables aberrations pédagogiques (si l’idée d’intervention hors discipline ne figure plus dans la loi, elle n’est pas abandonnée pour autant puisqu’il est prévu de la faire figurer dans les décrets d’application).

De lourdes menaces pèsent sur les statuts des professeurs de lycée et de collège, avec l’introduction de PLP bivalents au collège, notamment en 6ème, et la certification complémentaire en français, mathématiques et langues proposée aux nouveaux recrutés.

Le SNES met tout en œuvre pour que soit prise en compte l’opposition de la profession à un projet dont les ambitions affichées relèvent du trompe l’œil, qui organise le "tri social" des élèves et remet en cause le sens même du métier. Il poursuivra ses interventions à tous les niveaux et appelle les personnels des lycées et collèges à signifier dès maintenant au Ministre leur désaccord, en se mobilisant dans la grève, le mardi 7 décembre »

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