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"X.Y.ZEP" nous invite à continuer à chercher.
Un dossier "Ecole et famillles populaires"

24 avril 2007 Version imprimable de cet article Version imprimable

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Extrait du site du Centre Alain Savary (INRP) », le 23.04.07 : Il reste encore à faire !

Quand un jeune enfant commence à dire des gros mots, on se demande souvent où il les a appris et la réponse, spontanée, est : « à l’école bien sûr ! ». Cette réaction anodine et courante montre bien, me semble-t-il, comment l’école est souvent vécue par les familles : un lieu obscur où l’enfant va être en contact avec d’autres personnes, grandes et petites, d’autres usages, d’autres règles... Les ambivalences existent, bien entendu, mais aller à l’école signifie bien quitter sa famille et son emprise, même affectueuse.

L’école est un lieu clos, fermé. Longtemps les parents n’y avaient pas accès. Aujourd’hui ils ne peuvent y pénétrer que dans certaines conditions, à certains moments. Ils ne voient pas, ils ne vivent pas le quotidien scolaire. L’enfant le vit seul, séparé, détaché des siens, à la fois protégé d’eux et hors de leur protection. Cette séparation dure de longues heures pendant de longues années.

Historiquement, cet arrachement à la famille a été difficile : pendant le long temps scolaire, l’enfant ne pouvait accomplir les tâches utiles, indispensables, décidées par le chef de famille. Il perdait un temps qui ne lui appartenait pas, il le donnait à d’autres.
Plus encore, il devenait étrange, étranger. Il se transformait en acquérant des savoirs intellectuels et moraux définis par la société et pas par sa famille. L’école n’a jamais été un prolongement de la famille, quelle que soit l’époque, quel que soit le milieu social. Et elle n’a sans doute pas à l’être. Mais, ce qu’elle offre peut être en congruence ou en opposition avec ce qui existe au sein de la famille. Les approches, convergentes ou divergentes, ne sont jamais rectilignes ou univoques, mais leurs orientations restent fondamentales pour le développement de l’enfant.

Le dossier de ce numéro développe cette question des relations entre l’école et les familles populaires en rendant accessibles à tous les résultats de différentes études. Dans ce domaine, comme dans d’autres, beaucoup reste à faire. Si toutes les recherches s’accordent pour dire qu’il y a des corrélations entre les pratiques éducatives familiales et la réussite scolaire (corrélation ne voulant pas dire causalité), il faudrait étudier encore plus finement ce qui, de la socialisation familiale primaire, favorise ou entrave la réussite scolaire des enfants et comment l’école en est partie prenante.

Que sait-on des conséquences des évolutions sociales actuelles, tant du côté des familles (nouvelles organisations familiales, isolement, précarisation, etc.) que du côté de l’école et des enseignants (places et rôles institutionnels, économiques et sociaux, nature des savoirs en jeu, etc.) ? Encore trop peu. Mieux connaître et comprendre ces nouvelles réalités, mieux diffuser ces connaissances auprès des acteurs du système éducatif : le programme de travail est vaste et essentiel pour tous.

Françoise Carraud,

centre Alain Savary.

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