Depuis décembre 2005, les ministres de l’Education nationale successifs ont annoncé ou confirmé le partage des ZEP en 3 catégories. Seule la première (les RAR ou EP1) a été précisée. Le partage entre la deuxième (EP2 maintenue en éducation prioritaire) et la troisième (EP3 retournant dans la situation commune) n’a jamais été fait.
Ce partage devait être annoncé fin juin 2007. Depuis, on attend. De fait, il semble que le partage a été bien fait, chaque recteur et chaque IA ayant sa liste EP2 et sa liste EP3. Mais il ne faut pas le dire, il ne faut pas de vagues sur ce thème. Donc on fait sortir de temps à autres une ZEP par-ci, un REP par-là, quand on sent que c’est possible : en fait le nombre de RRS diminue sans bruits.
La revue de presse quotidienne de l’OZP montre régulièrement ces départs depuis deux années : il y a un article de presse, parfois un communiqué syndical local, jamais de niveau national. La FCPE locale proteste, quelques profs disent vouloir conserver les moyens de l’éducation prioritaire et on n’en parle plus. Parfois, l’IA laisse quelques temps encore les moyens mais enlève le RRS de la liste des territoires prioritaires.
Cette manière de faire est-elle la bonne ? Certains diront oui, estimant qu’il vaut mieux y aller doucement et ne pas exciter les foules. D’autres, parmi lesquels je me trouve, estiment que ce n’est pas honnête et surtout que ça entretien une illusion.
Ce n’est pas honnête : les politiques publiques se doivent d’être claires, annoncées, appliquées, évaluées, elles doivent être l’objet de débats publics. C’est une obligation constitutionnelle.
Cette manière de faire entretien l’illusion selon laquelle les enseignants et les parents d’élèves sont tous très attachés au dispositif d’éducation prioritaire. En fait dans toute une partie des RRS, enseignants et parents constatent que l’apport de l’éducation prioritaire est faible et que l’étiquetage « ZEP » est pénalisant. J’aimerais pouvoir appuyer cette affirmation sur le résultat d’une recherche mais je n’en connais pas sur ce thème.
Curieusement, il y a des peurs absurdes dans l’administration de l’Education nationale : du cabinet du ministre aux IA, on croit qu’on ne peut rien bouger en matière de RRS à cause des « primes ZEP ». L’expérience montre qu’on peut tout à fait avancer dans ce domaine : il suffit que le problème soit exposé clairement et que des négociations s’engagent. Il suffit de surmonter ses peurs absurdes et de négocier les modalités de départ. Plusieurs recteurs ont mené ce genre de négociations depuis 1990 avec plein succès. Le bilan précis des départs depuis 20 ans serait utile à faire : quels ont été les chemins utilisés et quel en a été le prix ? On peut au moins affirmer qu’aucune ZEP disparue n’a cherché à retrouver ensuite son statut de zone prioritaire.
Le but fondamental est celui-ci : ne conserver dans le dispositif prioritaire que les territoires qui en ont absolument besoin, un système dérogatoire ne pouvant être efficace que s’il est extrêmement limité et que s’il est considéré par tous comme évidemment nécessaire. Il faut donc se débarrasser de tous ces RRS qui constatent chaque jour les inconvénients de l’appartenance à ce que l’opinion publique appelle « ZEP » sans bénéficier d’avantages suffisants. Ce toilettage de la carte prioritaire, nécessaire depuis l’inflation imbécile et démagogique de 1999, demande un esprit républicain, un tout petit peu de courage et beaucoup de lucidité.
oooouuuulllaaa je savais pa ki avait plus de 136 éttablissemnt mes bref on va les battre lol
En effet, il serait urgent que d’autres personnes (hors OZP) s’intéressent à la fonction de coordonnateur. L’Education prioritaire a toujours été un lieu d’innovations dont certaines "inventions" se sont généralisées dans le système scolaire. Nous détenons avec l’expérience des coordonnateurs et leur manière d’agir une réponse originale et concrète pour mettre en œuvre une réelle politique d’éducation inter-institutions.
Il faut espérer que ceux qui cherchent des solutions à des problèmes, qu’ils arrivent à analyser mais qui les dépassent, s’adressent aux bonnes personnes. Mes fonctions de coordonnateur/secrétaire de RRS (depuis 10ans) + Mission « Réussite éducative » (depuis 5 ans) + Mission « Accompagnement éducatif et scolaire » (pendant 1 an) me confortent dans une « attitude d’optimiste vigilant ».
Optimiste, car si la période est peu favorable à l’innovation dans l’Education nationale, l’Ecole continue de changer. Vigilant, car l’institution scolaire a besoin de préserver à tous les niveaux de la cohérence dans un monde instable. Les coordonnateurs sont donc à la fois des repères et des passeurs… en étant en relation constante avec d’autres professionnels qui sont souvent des coordonnateurs d’autres structures éducatives.
Mais je sais également qu’il est difficile de tenir cette position. Il n’y a pas de métier facile actuellement dans l’Education nationale !
Extrait de la Circulaire ministérielle de rentrée 2010, paragraphe sur les RAR
(mes commentaires entre parenthèses)
"1.2.4 Favoriser un meilleur accès des élèves issus des milieux socialement défavorisés à des parcours de réussite et
d’excellence
Afin d’assurer aux élèves situés dans les quartiers les moins favorisés une offre scolaire de qualité, la dynamique des
réseaux « ambition réussite » (RAR) devra s’appuyer sur le bilan des quatre premières années de mise en œuvre. Le
renouvellement de leurs contrats d’objectifs et de leurs projets d’établissement devra mobiliser leurs équipes
éducatives, les personnels d’inspection et les services académiques pour garantir un haut niveau d’exigence et
d’accompagnement des élèves.
Vous veillerez à ce que les parents des élèves scolarisés dans une école relevant d’un RAR soient informés de la
possibilité qui leur est offerte de solliciter le collège de leur choix. " (sic)
(traduction : les fuites sont donc particulièrement encouragées en RAR, ce qui fera perdre aux collèges concernés leurs meilleurs élèves et les ghettoîsera socialement)
"Les établissements évités bénéficieront d’une attention particulière des autorités académiques et de la mobilisation
des corps d’inspection, afin d’identifier les raisons de la désaffection des familles et de proposer un plan d’action
innovant, permettant à la fois de retrouver l’adhésion des élèves et de conquérir de nouveaux publics sur la base d’un
projet d’établissement original et ambitieux. "
(on organise les fuites d’abord, on fera de la retape après.... sans aucune garantie de moyens en DHG à l’avenir : chacun constate déjà que les assurances initialement données sur "le maintien des moyens aux établissements qui perdraient des élèves suite à l’assouplissement" n’ont vécu que ce que vivent les roses...)
Par ailleurs, même si l’on peut comprendre que le chef d’établissement du collège Diderot à Nîmes en passe par une 6e bilangue et une 4e européenne, faute de marge de manoeuvre dans d’autres directions, il est clair que si cela peut permettre de ramener (un peu) de mixité dans la population globale de l’établissement, de telles classes à profil conduisent à hiérarchiser scolairement et socialement les divisions à l’intérieur du collège, avec tous les effets relégatoires que cela implique. Or on sait que la pratique des classes triées favorise la violence scolaire....
Si on commençait par garantir à tous les établissements (RAR compris) les moyens pérennes d’un fonctionnement correct, incluant le temps de concertation des équipes dans la DHG ?
Marianne
Il est vrai que ce document sensé évaluer les RAR n’est pas en notre faveur ... Il m’a donc fallu proposer à l’équipe de pilotage qu’on y affiche clairement le rôle de cette fonction. Ce qui a été accepté et encouragé (j’ai de la chance). Alors, du coup, à chaque page ou presque on a fait apparaitre la place fondamentale du coordo ... en espérant que d’autres auront pu le faire.
Et que dire de l’enquête "top secret" auprès des professeurs supplémentaires ? à qui on demande leur rôle dans les relations partenariales, auprès des collectivités, dans la veille pédagogique, dans la mise en mémoire du Réseau etc ???
Allez, je vais voter.
Effectivement le changement d’appellation n’est pas anodin. Sur les 10 fiches d’indicateurs à renseigner pour le bilan nationaL des RAR, aucune ne concerne les coordonnateurs, leur mission, leur travail effectif au sein des réseaux.
Dans ce bilan, nous n’existons pas...!!! Ah si , nous sommes "cités" page 4...!!! Pour la restitution de ce bilan, nous sommes associés à l’écriture des fiches action, des projets , des bilans mais seuls , les pilotes (principal et IEN) présenteront le travail aux IA..IPR référents. Nous devenons donc des secrétaires au sens premier du terme.
Dans le Loiret, pour un stage "éducation prioritaire dans le 1er degré" de 3 semaines, j’ai été sollicitée comme secrétaire : prendre des notes pendant les interventions....
Merci de votre message, précis et documenté.
Vous avez raison, outre la baisse des taux de redoublement, l’augmentation de la différence des effectifs RAR/hors RAR fait partie des indicateurs de la loi des finances 2010. (cela peut s’obtenir par une baisse du nombre d’élèves en RAR et/ou une hausse de ce nombre ailleurs)
Mais pas d’objectif chiffré sur la composition des équipes.
Par ailleurs, la grève administrative des directeurs du primaire ne suffit pas à expliquer l’absence de publication des effectifs de classes en maternelle et élémentaire. Ceux-ci sont bien connus de tous quand il s’agit de fermer des classes.
Les courbes d’évolution de ces paramètres sont à consulter dans l’article cité.
Comme vous le notez, la plupart des indicateurs ne sont plus renseignés après l’apparition des RAR.
Qui peut infléchir les consignes pour revenir à des données plus complètes ? Peut-être faut-il en référer à nos députés ?
moka63
1 - De fait, depuis 2007, l’indicateur ZEP ne propose plus rien sur les moyens (différence de
moyens entre ZEP et REP (ou RAR et RRS) et hors EP pour les seuls collèges étant donné la grève administrative dans le 1er degré, ni sur les personnels (% de jeunes, % "d’anciens" dans l’établissement). Il semble que la DEPP ait fait le choix alors de privilégier les données sur les résultats (puisque pour la première fois l’indicateur "compétences de base" était disponible.)
2 - Les données sur les moyens en personnels sont présentées dans le PAP associé au
budget, en termes de taux d’élèves par classe (E/D). Seul l’indicateur collège est renseigné (grève administrative dans le 1er degré.)
Cliquer sur le lien
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Il n’y a effectivement plus rien sur les personnels (alors que ces éléments sont toujours calculables.)
Qu’en penser ? On a l’impression, comme le dit d’ailleurs cette étude, que plus personne à la DEPP ne s’occupe vraiment de suivre l’éducation prioritaire. Comme, depuis sa réorganisation, la DEPP répond aux commandes des autres directions, c’est donc la DGESCO qui semble concernée.
L’OZP ne pourrait-elle pas demander à celle-ci un suivi des séries de données (toujours difficile à interpréter au demeurant, étant donné le périmètre fluctuant de l’EP).
En tout cas, il est important que l’état de l’Ecole continue à dire quelques mots sur l’évaluation de la politique d’éducation prioritaire.
Réponse à Richard :
c’est effectivement assez étonnant, et vous semblez être fondé à réclamer la prime pour les 3 jours (avec un rappel pour effet rétroactif). Précision à votre message : l’attribution des primes et des NBI dépend de l’inspecteur d’académie si vous êtes enseignant du premier degré.
Il existe peu d’éléments institutionnels concernant les postes de secrétaires de comité exécutif / coordonnateur de réseau d’éducation prioritaire : pas de cadrage national, pas de statut. Du coup, la réalité est bien différente d’une académie à l’autre, et même d’un département à l’autre ou d’un réseau à l’autre.
Par contre, l’OZP a produit quelques documents lors de journées de réflexions. Vous trouverez ces éléments ici : http://www.ozp.fr/spip.php?rubrique176
Un document officiel du MEN en ligne sur eduscol, intitulé la carte scolaire 2010 du 1er degré (accessible depuis la page d’accueil) nous apprend p. 110 que le nombre moyen d’élèves par classe en éducation prioritaire dans l’académie de Créteil est de 21,30. Ce chiffre est plutôt favorable puisqu’il est au niveau national de 21,95 pour l’éducation prioritaire.
Il est de 23,46 au niveau national (voir p. 104), ce qui signifie qu’il dépasse probablement les 24 élèves pour les écoles hors de l’éducation prioritaire.
Il est possible que les sénateurs aient lors d’une visite constaté des classes en EP avec 24 élèves, cela existe, mais il est faux d’affirmer qu’il y a plus d’élèves par classe dans les écoles de l’EP de l’académie de Créteil que dans le reste de la France.
Sur des sujets aussi sensibles, on peut regretter la diffusion d’informations infondées auprès de l’opinion publique et des acteurs directement concernés, en particulier de la part des représentants de la nation. Mais ils auront été sans doute mal informés.
Pourriez-vous me renseigner concrètement sur le poste de secretaire pour lequel je vais peut-être postuler à la rentré.
Merci
Bonjour
Cherchant des informations sur les ZEP/REP du Pas de calais, j’ai lu avec attention votre article. Mais je voudrais y rajouter un témoignage. Le collége Verlaine de béthune n’a jamais pu rentrer en ZEP/REP. Classé 103eme sur 126, placé dans la liste des collèges majoritairement défavorisés, la communauté éducative s’est cassée les dents par deux fois face à l’intransigeance du Rectorat et des IA (en 1999 et en 2005).
Aujourd’hui en ZUS, le collége ne peut pas bénéficier de tous les moyens de la politique de la ville. Un comble !
A votre disposition, philippe dantec (mrdantec@hotmail.com)
j’ai eu la chance d’encadrer des ateliers pour les enfants de Clichy sous bois sous la responsabilitée du coordonateur Daniel Cervera.
Il était exigeant dansles actions menées mais je me rend compte a postériori de l’utilité de ses exigeances.
Merci Daniel pour tout ce que tu as fait pour ces centaines d’enfants.
Nordine B.
On peut s’étonner que l’Académie de la Réunion ait revu la carte des RAR dès décembre 2009 ,sortant certains RAR du dispositif pour en créer de nouveaux pour la rentrée 2010 et ce alors que les 4 années du contrat ne sont pas effectives.....mettant les équipes devant le fait accompli sans concertation ni bilan intermédiaire...et ce d’autant plus que l’heure est au bilan national !Que de remous dans les collèges et lycées concernés !!!Il Il aurait sûrement été préférable d’attendre les conclusions du bilan national et de faire une analyse académique pertinente.