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Un appel par l’association FORZEP (Agir pour l’éducation prioritaire à Marseille), animée par Françoise Lorcerie. Une rencontre le 30 mai 2011

26 mai 2011 Version imprimable de cet article Version imprimable

FORZEP - Pour la réussite de l’éducation prioritaire
Appel, 14 mars 2011

Il y a juste trente ans, Alain Savary inventait l’éducation prioritaire. Il affirmait par là une visée : corriger les inégalités sociales de réussite scolaire là où elles sont criantes. Et il proposait un outil : le projet. Par celui-ci, les professionnels de l’école et leurs « partenaires » (le mot était employé pour la première fois) allaient conjuguer leurs forces pour soutenir les apprentissages scolaires des élèves.

La ligne politique inventée par Alain Savary a été plusieurs fois reformulée et complétée depuis, en réponse aux critiques suscitées par sa mise en œuvre, mais l’exigence de redressement des inégalités sociales de réussite scolaire n’a jamais été sérieusement remise en cause. Est-ce que ça va les ZEP ? Non ! Alors il faut les supprimer ? Ah non ! En 2006, troisième refonte de la politique : on cible de façon beaucoup plus sélective les endroits où l’effort doit porter prioritairement, et on met en exergue – enfin ! – l’action pédagogique. Les plus prioritaires des secteurs prioritaires, ceux où les acquis scolaires sont en moyenne beaucoup plus faibles que ce qui serait « normal », se voient dotés d’enseignants supplémentaires et d’assistants pédagogiques, de sorte à focaliser l’effort sur l’agir pédagogique : enseigner autrement. Ce sont les RAR, « Réseaux ambition réussite ». Il y en a 254 en France.

Peu avant, le ministère de la Ville a mis en place son Programme de réussite éducative, qui propose d’aider les villes à développer des actions éducatives à la fois diversifiées et intégrées, sur des territoires circonscrits, en direction des enfants et familles qui en ont le plus besoin. La Mairie de Marseille et le Conseil général soutiennent en outre, avec l’ACSE, des dispositifs spécifiques d’aide (Clubs Coup de Pouce-CLE, PACQUAM, etc.). Dernier état des retouches étatiques de l’éducation prioritaire : en 2009 est introduit le dispositif CLAIR (Collège Lycée pour l’ambition, l’innovation et la réussite)/ECLAIR. Dans un premier temps il n’est pas superposé aux RAR. Mais il est appelé à évoluer, dit le ministre, et doit d’abord être étendu au niveau primaire.

Sur cet arrière-plan politique changeant et composite, Marseille se distingue par l’exceptionnelle extension spatiale de la difficulté scolaire, sa continuité territoriale, et son intensité. Déjà, le rapport sur l’éducation prioritaire rédigé en 1997 par les inspecteurs généraux Catherine Moisan et Jacky Simon montrait la place extrême occupée par la ville dans le dispositif national. La politique des RAR révèle cette situation particulière de façon encore plus éclatante. A elle seule, la ville possède 21 RAR, qui forment comme un archipel dans les quartiers Nord. Cela n’a d’équivalent nulle part en France.
Cette situation fait de Marseille un lieu d’élection.

Un lieu d’élection pour comprendre ce que font ceux qui « se bougent » pour améliorer les résultats scolaires, – qu’ils soient personnels scolaires (de tous statuts), membres des associations partenaires, opérateurs des équipements sociaux et culturels, ou encore universitaires, sans compter les jeunes eux-mêmes et leurs familles. Un lieu d’élection pour comprendre comment ces personnes se coordonnent autour de l’action éducative et scolaire, et les obstacles de toutes sortes qu’elles rencontrent. Un lieu d’élection pour appréhender en particulier les attentes des jeunes et des familles dans leur diversité sociale et culturelle. Bref un lieu d’élection pour éclairer les actions et les questions, quelles qu’elles soient, qui surgissent dans la mise en œuvre de l’éducation prioritaire, en tenant pour acquis que la visée centrale de l’éducation prioritaire – corriger les inégalités sociales de réussite scolaire là où elles sont criantes – est plus légitime aujourd’hui que jamais.

Avec cette conviction, l’association FORZEP voudrait être un cadre privilégié où les questions relatives à la mise en œuvre de l’éducation prioritaire à Marseille et à ses impacts peuvent être posées et débattues dans un esprit d’ouverture et d’engagement.

FORZEP s’inspire de l’OZP, l’Observatoire des zones prioritaires (http://www.ozp.fr), à Paris, qui a su devenir une référence nationale pour les acteurs de l’éducation prioritaire, par sa constance et son sérieux, tout en restant modeste dans ses moyens de fonctionnement et indépendante des ministères. Mais aussi, FORZEP veut valoriser le cadre territorial. C’est l’éducation prioritaire à Marseille que l’association veut accompagner, en s’intéressant à toutes ses dimensions.

Vous qui lisez cet appel et vous trouvez en accord,
vous êtes cordialement invité(e) à l’assemblée générale de refondation qui se tiendra le 14 mars à 17 h 30 à Marseille, dans les locaux de l’IUFM Canebière, salle de réunion au 6ème étage.

AssociationForzep@gmail.com
Françoise Lorcerie
Nicole Saïd Mohamed

Programme

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