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B* Un journal scolaire pour le collège ECLAIR Louise Michel à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) !

22 septembre 2012 Version imprimable de cet article Version imprimable

Un journal scolaire pour le collège Louise Michel !

Tout est parti de quelques constats : au collège Louise Michel de Clichy-sous-Bois Seine-Saint-Denis), nos élèves de 6e ont des difficultés à produire de l’écrit et leurs productions révèlent une mauvaise maîtrise des compétences en étude de la langue. Enfin, nos jeunes collégiens, bien que curieux et avides d’ouverture culturelle,
ont une connaissance limitée du monde qui les entoure et un accès difficile à l’information.

Créer un journal scolaire : un cadre pour remédier aux difficultés de nos élèves
Faire un journal, c’est écrire pour être lu, pour informer, cultiver et divertir un lectorat composé d’élèves mais aussi de professeurs, de parents, de voisins...
Bien que porté par des néophytes, notre projet a été retenu par le CLEMI académique pour être une classe à PEM à la rentrée 2010 et l’équipe, composée de professeurs des écoles, de professeurs de lettres et du professeur documentaliste, s’est alors constituée.
Débuts difficiles – faute de méthode. Il fallait trouver un rythme de publication et amener les élèves à organiser leurs écrits pour produire un journal. La première année, toutefois, trois numéros ont été entièrement produits par les élèves de 6e.
En 2011-2012, à la demande des élèves qui passaient en 5e, les deux niveaux ont été impliqués dans le projet.

Comme dans une vraie rédaction
Les 6e sont rédacteurs, les 5e constituent le comité de rédaction. Ils élaborent le « chemin de fer » du journal, la maquette de chaque numéro et la Une, activité qui
s’accompagne de l’étude de Unes de quotidiens et de magazines. Les élèves de 6e travaillent en atelier, formant des groupes réduits et hétérogènes. En respectant les rubriques définies par les élèves de 5e, ils ont pour tâche d’écrire et d’illustrer des articles sur les sujets de leur choix.
D’abord, il faut se concentrer sur le contenu. Un rituel est mis en place en début de séance : lecture d’un article pour dégager les idées essentielles (règle des « 5W » :
who, what, when, where, why ?) et pour s’habituer à la forme journalistique. Nous essayons de favoriser l’autonomie, et les élèves se familiarisent avec l’outil informatique pour la recherche d’information et la saisie. Ils s’essaient à des genres divers : le micro-trottoir, l’interview, les enquêtes, rédigeant aussi des consignes de jeux, de problèmes de maths… Cette liberté permet à chaque élève d’écrire en
fonction de ses compétences et de s’engager ensuite vers un autre type d’écrit plus complexe.
Dans un second temps, nous travaillons les « points de langue » qui posent problème. Chaque élève a alors un « contrat personnalisé » avec des compétences à travailler. Il s’agit de s’appuyer sur ses propres écrits pour améliorer ses
compétences en étude de la langue : travailler ses difficultés pour écrire mieux.
Enfin, quand les 5e reçoivent les articles des 6e, ils doivent les trier, les corriger, retravailler les titres, choisir des illustrations si nécessaire. Ils réalisent la mise en page du journal sur un logiciel gratuit. Il s’agit de travailler en équipe,chacun ayant son rôle comme dans une vraie rédaction.

Les apports du projet : motivation et confiance
Les élèves sont motivés, ils écrivent plus librement. Ils sont fiers de leur journal. Le travail d’équipe et les remarques constructives qu’ils se font les uns aux autres leur permettent de progresser. C’est un projet bénéfique aussi bien pour les élèves en difficulté que pour les bons élèves.
Ils apportent spontanément des articles, s’intéressent aux sujets d’actualité, en parlent en classe. Ils se familiarisent avec les métiers de la presse. Ils ont eu la possibilité de rencontrer des professionnels, notamment des journalistes accueillis dans la classe.
Ce type de projet a cependant des limites car il exige un investissement personnel important. Superviser la production de chaque numéro prend en effet du temps – ce temps qui manque parfois, ainsi que celui de la concertation, pourtant indispensable puisque seul un travail d’équipe permet d’aboutir.

Extrait de Regards croisés sur l’éducation, n° 5 (juillet 2012) : Un journal scolaire pour le collège Louise Michel ! (p. 6 du PDF de 16 pages)

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