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"L’École et les quartiers populaires. Quand l’École républicaine discrimine". Dans le Café, Choukri Ben Ayed fait le compte rendu d’une rencontre organisée par des collectifs à Créteil et annonce des Etats généraux de l’école en banlieue

4 novembre 2014 Version imprimable de cet article Version imprimable

Il est des jours où les statistiques parlent. Il est des jours où le poids des inégalités de la relégation urbaine et des discriminations s’incarne dans des lieux et des visages. Il est des jours également où l’on accède à un état différent de la connaissance. Les populations « populaires », discriminées, reléguées ne sont ni résignées, ni réduites au silence ou totalement dépossédées d’une analyse et de champ d’actions. L’allégorie des quartiers populaires telle qu’elle apparaît sous la plume de certains responsables politiques et scolaires, de chercheurs parfois, sacrifie à des lectures compassionnelles et déficitaires. Dès lors que l’on parle de l’école et des quartiers populaires jaillissent comme par réflexe certains mots : échec scolaire, déscolarisation, démission parentale, manque de ressources financières et culturelles etc. Les classes populaires ne se réduisent cependant pas à cette liste de manques, elles agissent également sous la forme d’initiatives collectives et citoyennes dont certaines mettent l’école au cœur de leurs préoccupations.

Les milieux éducatifs prêtent-il attention à ces initiatives ? Pourquoi les débats sur « l’école en banlieue » intéressent essentiellement ceux qui y résident et sont coupés d’autres espaces de discussion sur l’école ? Pourtant les publics qui s’expriment en ces lieux sont souvent ceux qui sont convoqués implicitement dans les débats plus classiques sur l’école. Que savons nous réellement de leurs modes de pensée ? De leur propre diagnostic sur les situations éducatives vécues ? De leur expérience de la relégation et de la ségrégation, voire de la discrimination ? De leurs propositions pour changer l’école ?

Ce type de débat a eu lieu dimanche 26 octobre à Créteil
L’École et les quartiers populaires. Quand l’École républicaine discrimine… à l’initiative du FCP (Force citoyenne populaire) avec le concours d’un ensemble de collectifs FFR (Filles et fils de la République), SAID (Association de solidarité internationale – Slums Actions in Delhi), PARENTS ( Parents Actifs Représentants d’Élèves et iNTer-culturelS), Collectif Femmes des Quartiers 94.

L’objectif était de mettre en question les problématiques des ségrégations et des discriminations scolaires. La rencontre prenait ainsi pour objet : « les dysfonctionnements structurels de l’école », « les échecs et les désillusions de la discrimination positive » (ZEP, quota dans les classes préparatoires), « le sous-encadrement, le sous-financement, la nature ségrégative des filières, les inégalités entre établissements, la sélection par les contenus d’enseignement ».

Ce premier débat inaugure un mouvement plus large devant conduire à des États généraux de l’école en banlieue de portée nationale. De nouvelles rencontres sont annoncées à Trappes, Argenteuil, Pantin, Saint-Étienne, etc. [...]

[...] Ces initiatives citoyennes sur l’école en banlieue ne peuvent qu’alimenter les débats scolaires de portée plus générale, y introduire le problème prégnant des ségrégations et des discriminations scolaires tout autant que les formes incontestables de mobilisation pour l’école de populations trop souvent réduites à la passivité scolaire. Cette prise en compte permettrait de donner corps à ces « publics », souvent mythifiés et abstraits, et à propos desquels se déploient souvent des catégorisations bien éloignées des réalités.

Choukri Ben Ayed
Professeur de sociologie
Université de Limoges

Extrait de cafepedagogique.net du 03.11.14 : L’école et les quartiers populaires : Pour une autre vision des populations reléguées

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