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"Enseigner en ZEP sans exclure", avec Florence Castincaud, enseignante en collège ZEP, CRAP-Cahiers pédagogiques (Rencontre OZP du 5 novembre 2014)

10 novembre 2014 Version imprimable de cet article Version imprimable

LES RENCONTRES
DE L’OZP------
n°112, novembre 2014

Enseigner en ZEP sans exclure

Compte rendu de la rencontre du 5 novembre 2014

Pour conforter le postulat de base de l’éducation prioritaire que tout enfant peut réussir, l’OZP a demandé pour cette Rencontre un témoignage à une enseignante chevronnée : Florence CASTINCAUD est professeur de Français en collège en éducation prioritaire et membre de l’équipe des Cahiers Pédagogiques.
Elle s’est efforcée de répondre à la question : Comment dans sa classe et dans son établissement faire avancer autre chose qui se contente de la méritocratie républicaine ? Elle a montré que dans les limites d’un système éducatif qu’il faut transformer et malgré les pesanteurs sociologiques, il existe des marges de manœuvre.
Elle propose quelques pistes tirées de sa pratique : une évaluation davantage au service des apprentissages, des rencontres avec les parents autour de « contrats de progrès », une aide personnalisée qui ne soit pas du rabâchage, des projets où l’objectif est bien de se construire des compétences, au-delà des réalisations des liens interdisciplinaires, des réflexions collectives pour faire évoluer la « culture d’établissement ».

Note : Les interventions du débat ont été intégrées dans ce compte rendu.

Les évaluations internationales (Pisa) ont révélé que l’école française renforçait les inégalités produites par la société. Que peut-on faire pour ne pas céder au découragement ?

1) Que l’école s’interroge à la fois sur les pesanteurs et sur la manière dont elle peut les renforcer

1. 1- Georges Felouzis dans son Que-Sais-je « Les inégalités scolaires » distingue les inégalités produites par : :
- l’origine sociale,
- la relégation sociale,
- la politique scolaire
- les conditions d’apprentissage.

1. 2- Repérer ce qui crée de l’exclusion au quotidien.
On a vite fait d’exclure. Elle citera dans le débat l’exemple d’un élève de sa classe, JC (dont la mère n’a pas demandé de bourse dans les délais) qui se trouve exclu de fait parce qu’il ne peut payer les Cahiers de travaux dirigés le « word book » en anglais.

Thomas Sauvadet distingue parmi les facteurs d’exclusion les codes et habitus sociaux des élèves et l’effet de domination qu’ils perçoivent chez les enseignants.
Codes et habitus sociaux à connaître par les éducateurs Pour les jeunes des catégories populaires, l’absence d’espace privé personnel (pour cause de surpopulation), implique des modes d’expression particulières : un ton de voix élevé, un débit rapide, une gestuelle marquée permettant d’occuper l’espace, (« les jeunes avalent l’espace »).Parce que le contact physique est important, ils ont tendance à se placer tout près de leur interlocuteur.
Les adultes peuvent percevoir comme des pathologies des modes d’expression héritées du milieu d’appartenance. Ainsi qu’une difficulté à se projeter dans le futur, à se focaliser sur un interlocuteur unique et des réticences à entrer dans une démarche d’introspection.
Histoire de domination.
La manière de parler des enseignants peut être perçue comme une domination : « Je te domines parce que je maîtrise une langue que tu bafouilles. » A travers ces niveaux de langage, s’opère une « fracture culturelle », qui crée une distance autant pour les enseignants que pour les élèves. Les différences de culture, de milieux, de codes sont des sources permanentes de malentendus voire de stigmatisation entre l’enseignant et ses élèves.
Comment de façon professionnelle et sans démagogie, faire un petit bout de chemin vers ces formes d’expression étrangères au public enseignant ? Il s’agit de travailler sur les exigences attendues par tous en matière de correction de langage et de tout ce qui prime quand un enseignant est amené à apprécier le fond et la forme. Même si parfois la sensibilité au « prestige » vis-à-vis des pairs, à la reconnaissance symbolique, fait que certains écarts seront traités en aparté plutôt que publiquement, dans l’espace de la classe. [...]

Lire la suite dans le document PDF ci-joint
Enseigner sans exclure

(avec en annexe "Le Journal des apprentissages")


Photo : Florence Castincaud entre Marc Douaire, président de l’OZP, et Didier Bargas, animateur de la rencontre.

Documents joints



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