> ACTEURS et PARTENAIRES (Identité et Statut) > Ex-responsables MEN (Bablet, Bouvier, Delahaye...) (Positions) > Les priorités de Christian Forestier, ancien recteur, interrogé par (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Les priorités de Christian Forestier, ancien recteur, interrogé par l’Institut Montaigne : concentrer les efforts sur le primaire, rapprocher la recherche de la classe, une formation initiale et continue commune aux profs des écoles et des collèges

28 septembre 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Mercredi 23 septembre 2015 était organisée la 8ème Journée nationale de refus de l’échec scolaire. L’occasion de revenir avec Christian Forestier*, ancien Recteur ayant exercé d’importantes fonctions au sein du système éducatif français, sur les racines d’un échec scolaire endémique et les solutions pour y porter remède.

[...] Si cette nécessité de donner la priorité à l’école primaire fait aujourd’hui consensus, il faut également réaliser que l’échec scolaire lourd, précoce, qui concerne 20% des élèves, est socialement très marqué : il touche presque exclusivement des enfants de milieux très défavorisés, des enfants de pauvres.
"L’effet CSP", mis en évidence par les chercheurs, est l’une des principales variables qui permet d’expliquer les disparités scolaires. L’enquête PISA 2012 a bien montré que la France figure en tête du classement des pays dans lesquels le déterminisme social est le plus prégnant. Pourtant, le poids de l’origine social n’est pas une fatalité ! L’analyse de PISA démontre que les pays les plus performants sont également les plus équitables, comme le prouvent les résultats de la Corée du Sud ou du Japon.

Il y a donc urgence à mettre en œuvre des actions qui se concentrent sur le cycle des apprentissages fondamentaux. Il faut absolument concentrer nos efforts sur la grande section de maternelle, le CP et le CE1. Or, nous dépensons encore aujourd’hui beaucoup trop pour le lycée et pas assez pour l’école primaire. Si les nouveaux programmes vont dans le bon sens, il faut ouvrir davantage l’école primaire et les ESPE (Écoles supérieures du professorat et de l’éducation) aux avancées de la recherche.

[...] Si vous pouviez engager deux mesures pour enrayer cette spirale de l’échec ?
La priorité, selon moi, est avant tout d’agir pour rapprocher la recherche de la salle de classe et de mettre en œuvre intervention précoce et ciblée. À cet égard, l’action de l’association Agir pour l’École, ciblée sur la grande section, le CP et le CE1 couvre cette période cruciale d’apprentissage et de consolidation des savoirs fondamentaux. Sa méthode, fondée sur un protocole expérimental, n’applique que des procédés ayant des résultats avérés par la recherche. Leurs premiers résultats prouvent qu’il est possible de diminuer de 30% le nombre d’élèves en difficulté !

Enfin, il apparaît tout aussi urgent que les professeurs des écoles et les professeurs de collège reçoivent une formation initiale et continue commune. Sans ce prérequis, l’objectif d’une "école du socle", qui garantirait à tous l’acquisition des compétences fondamentales, restera lettre morte.

Extrait de desidéeespourdemain.fr du 24.09.15 : 3 questions à Christian Forestier

Répondre à cet article