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Selon une étude de l’Idhec, publiée par La Croix, l’enseignement privé "fait plutôt mieux que le public" en matière de mixité sociale. Les commentaires et analyses

10 mai 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Une étude, conduite par un chercheur de l’Edhec et dont La Croix dévoile les résultats, montre que les collèges privés sont surreprésentés parmi les établissements les plus mélangés socialement.

Voilà de quoi bousculer bien des idées reçues sur l’école. À en croire une étude (1) menée par Pierre Courtioux, chercheur à l’Edhec, l’une des principales écoles de commerce françaises (2), qui s’appuie sur des statistiques du ministère de l’éducation, « le privé fait plutôt mieux que le public » en matière de mixité sociale.
Les collèges qui y concourent, précise cet économiste, sont ceux « dont la composition se rapproche le plus de la répartition moyenne des élèves français entre les différents groupes sociaux »

Extrait de lacroix.fr du 09.05.16 : Mixité sociale : le match public-privé

 

Voir aussi :

Pour le patron de l’Enseignement catholique, Pascal Balmand, l’effort de mixité sociale et scolaire doit intervenir sur la base d’un dialogue et non d’une contrainte administrative.

[...] Dans quelle mesure l’Enseignement catholique participe-t-il à l’effort de mixité à l’école voulu par le gouvernement ?
P. B. : Nous avons décidé de nous associer à l’expérimentation conduite à partir de la rentrée prochaine dans vingt départements. Le but est de sortir d’un travail établissement par établissement pour imaginer collectivement, sur la base d’une analyse très fine, une logique de mixité au sein d’un territoire donné. Il ne s’agit en aucun cas d’intégrer nos collèges à la carte scolaire, une ligne jaune à ne pas franchir. Il est hors de question de nous soumettre, comme les collèges publics, à une logique d’affectation administrative. Mais nous devons, par le dialogue, mettre en place des politiques plus volontaristes d’accueil d’élèves pour lesquels nos établissements peuvent constituer une chance.

Extrait de lacroix.com du 09.05.16 : Mixité sociale dans l’enseignement catholique : « Nous nous associons à une expérimentation dans 20 départements »

 

Voir aussi

C’est ce que proclame la Une de La Croix du 10 mai. En s’appuyant sur une étude réalisée par un professeur d’école de commerce , et au prix d’une argumentation subtile, le quotidien veut faire gagner l’école privée dans un "match public privé" annoncé en titre...

[...] Autrement dit c’est plutôt la ségrégation entre les établissements publics que vise l’étude plutôt qu’une déségrégation du privé. Ces effets ségrégatifs ont été largement démontrés par les travaux de Son Thierry Ly et Arnaud Riegert (Ecole d’économie de Paris). Ils sont d’ailleurs en partie une résultante de la présence du privé. Dans les régions où les établissements catholiques sont présents, la ségrégation dans le public augmente.

Cette étude va contre les conclusions de nombreux travaux sur la ségrégation sociale dans le privé. On peut citer ceux de Marco Oberti sur les collèges franciliens. Ou encore les études de Pierre Merle dans plusieurs villes françaises.

Extrait de cafepedagogique.net du 10.05.16 : L’enseignement catholique champion de la mixité sociale ?

 

En occultant le phénomène d’apartheid scolaire, une étude publiée dans La Croix permet à certains de s’acheter une bonne conscience sous couvert de meilleure mixité.

Les bras m’en tombent.

Oui, c’est vrai. Bien sûr que c’est vrai. Pourquoi ? Parce que les familles évitent les écoles publiques, parce qu’elles ont peur du mélange social, parce que les établissements concentrent trop de difficultés, parce que la composition sociale du quartier mais aussi, MAIS AUSSI, le contournement de la carte scolaire font de certains collèges de véritable ghettos scolaire. Si l’école privée devient plus mixte socialement, c’est bien parce que dans certains quartiers, des familles même de milieux assez populaires évitent d’aller dans le public. De plus en plus.

Extrait de slate.fr : L’école privée « bon élève » de la mixité sociale. De qui se moque-t-on ?

 

Une longue analyse de Pierre Merle
[...] À partir de calculs statistiques centrés sur les établissements définis comme socialement mixtes, Pierre Courtioux affirme que « le privé fait plutôt mieux que le public » en matière de mixité sociale. Cette conclusion est contestable car cette recherche pose un certain nombre de problèmes méthodologiques classiquement rencontrés lors de constructions statistiques relativement complexes. Pour analyser la mixité sociale des collèges publics et privés, il faut d’abord partir des données brutes, compréhensibles par tous, et élaborer des schémas interprétatifs indispensables à la validité d’une démarche statistique et scientifique pertinente

[...] Le journal La Croix, journal de qualité, contribue de façon souvent éclairée au débat public. A contrario, la recherche de Pierre Courtioux ne contribue pas à un débat serein et scientifique car sa construction statistique et sa conclusion sont contestables. Le fait que des collèges privés puissent avoir fréquemment un recrutement social mixte ne signifie pas qu’ils contribuent à la mixité sociale s’ils parviennent à cette mixité grâce à leur emplacement territorial ou bien - c’est un schéma classique - grâce à un recrutement d’élèves dont les parents d’origine moyenne, voire moyenne-populaire, ont inscrit leurs enfants dans un collège privé pour échapper au collège public défavorisé de leur quartier (Van Zanten, 2009).

Dans le cas de figure précité, la mixité sociale des collèges privés a pour conséquence la ghettoïsation des collèges publics. Considérer la première situation (la mixité de certains collèges privés) sans considérer pleinement la seconde (la prolétarisation de certains collèges publics) revient à construire des indicateurs statistiques sans analyser les logiques scolaires et sociales qui sous-tendent les résultats obtenus. En l’occurrence, il faut raisonner en prenant en compte les effets majeurs de la concurrence spatiale entre collèges, c’est-à-dire en termes de marché scolaire. L’existence de ce marché scolaire tient à une caractéristique spécifique des établissements privés qui, contrairement à ceux du public, ont une politique de recrutement de leurs élèves libre de toute contrainte administrative.

Extrait de cafepedagogique.net du 12.05.16 : l’enseignement privé : Un obstacle à la mixité sociale

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