> 4 - Education prioritaire. 250 sous-rubriques (SR) > ACTEURS (28 SR) > ENSEIGNANT : métier, statut... > Témoignages (Enseignants) > Portrait d’une maître E en éducation prioritaire en Polynésie (Fenêtre sur (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

Portrait d’une maître E en éducation prioritaire en Polynésie (Fenêtre sur cours)

2 juin 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Elle se rêvait archéologue, le désir de rester en Polynésie fera d’elle une enseignante militante.

À 20 ans c’est en toute jeune débutante que Yolande débarque sur la minuscule île
de Maupiti, dernière île des Îles-Sous-le -Vent, un confetti au milieu de l’océan où elle apprend le métier dans l’unique école. « C’était difficile la première année. On était loin de tout. Imaginez deux dessertes par semaine ! » Après le cyclone de 1997 qui dévasta tout avec des vents à 280 km/h, elle décide de rester. « Il fallait reprendre l’école rapidement pour aider les habitants. On faisait classe sous des tentes militaires où la température montait à 40° ».
C’est à Maupiti qu’elle trouve sa voie, l’aide aux élèves en difficulté. Elle passe le CAPSAIS à Papeete… et retourne à Maupiti où elle restera encore 10 ans, participant à la mise en place d’une « école des parents ».

Une mesure de carte scolaire et la voilà de retour à Faaa, banlieue de Papeete, maître E en ZEP et intervenant aussi en collège. « Ici, 80% des collégiens sont en difficulté scolaire. Les parents sont très jeunes et dépassés. Il y a beaucoup de chômage et leur première préoccupation c’est d’avoir un toit et à manger, pas l’éducation. ».
Les obligations de service sont les mêmes qu’en métropole et ici aussi les 108 heures explosent sous la charge de travail. Mais son moteur c’est la relation privilégiée avec les élèves. « On sait ce qu’on leur apporte. En faire de futurs
citoyens pour qu’ils s’en sortent plus tard ». Elle déplore la violence des jeunes, surtout au collège et leur indifférence envers la métropole. « Les enfants se sentent Polynésiens avant tout. Alors à l’école, on travaille sur la France ou le racisme. On met en place des groupes de parole et d’écoute avec les parents. Ce ne sont pas des
solutions miracle mais des échanges ».

Répondre à cet article