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B* Les selfies de notre bien-vivre-ensemble au collège REP Terrain Fayard de Saint-André (La Réunion)

22 août 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Clg Terrain Fayard : Les selfies de notre bien-vivre-ensemble

Collège [REP] Terrain Fayard
1395 CHEMIN DU CENTRE , 97440 SAINT-ANDRE
Site
Auteur : Patrick SINGAÏNY
Mél : patrick.singainy@ac-reunion.fr

La réalisation de cet événementiel artistique et culturelle vient en droit fil de mes deux derniers ouvrages corédigés avec le sociologue et philosophe Edgar Morin (« La France une et multiculturelle », Fayard, 2012 et « Avant, pendant et après le 11 janvier », L’Aube, 2015). Le dernier texte faisait état, dans un chapitre spécial, de la « laïcité ouverte » réunionnaise directement observée dans le collège Terrain Fayard qui présente la particularité d’avoir été érigé au sein d’une ZAC dont les premiers résidants sont d’origine mahoraise. L’exceptionnelle entente entre élèves primairement de culture mahoraise et ceux relevant de la culture réunionnaise a ainsi donné lieu à une entreprise artistique et culturelle qui d’emblée voulait rendre distinct non pas un vivre-ensemble mais un Bien-Vivre-Ensemble réunionnais.
La formalisation par le selfie réalisé en groupe résulte d’une longue séquence d’arts plastiques sur le vivre-ensemble au collège Terrain Fayard de l’année scolaire précédente au cours de laquelle les élèves ont abordé le travail de l’artiste JR qu’ils ont tôt fait de critiquer arguant que se borner à montrer qu’une succession d’autoportraits ne pouvait signifier un bien-vivre-ensemble, voire le contraire.

Plus-value de l’action
Le hasard a voulu qu’un réalisateur d’un documentaire pour France Ô sur le Bien-Vivre-Ensemble réunionnais était en tournage dans l’île. Celui-ci s’est rendu dans l’établissement l’après-midi de l’inauguration à la suite de sa lecture de la tribune parue la veille intitulée : « Vivre-ensemble : images hexagonales et images réunionnaises ». C’est ainsi que certains des élèves ayant participé directement à la réalisation du projet ont pu témoigner sur ce « Bien-Vivre-Ensemble » réunionnais. A noter que lorsque le documentariste leur a posé une question sur le communautarisme, ils n’ont pas su de quoi il était question, même en tentant d’analyser la racine de ce mot qu’ils s’acharnaient à mettre en lien avec « la commune ». Après explication et définition, tous ont affirmé combien cette réalité ne pouvait être réunionnaise.

Nombre d’élèves et niveau(x) concernés
Seize « selfies » ont été choisis sur 283 réalisés. Tous imprimés sur panneau d’une dimension de 80x120 cm, en quadrichromie sur dibond (plaque en alu de 3mm). Sur chaque panneau, 4 élèves en moyenne. 65 élèves étaient directement concernés (29 filles et 36 garçons). La quasi-totalité des classes ont travaillé activement. D’emblée tous les élèves ont été amenés à réfléchir sur le concept du vivre-ensemble qui est une compétence évaluée durant chaque cours. C’est tout naturellement que le bien-ensemble-réunionnais s’est invité dans les échanges qui avaient été déjà entamés à la rentrée de janvier 2015, lorsque monsieur le recteur de l’époque avait recommandé « une heure de laïcité ».

A l’origine
Dès l’arrivée de la présente direction voici trois ans, il a été fortement question de problématiser un vivre-ensemble qui laissait perplexe. En effet, le contraste entre le bon climat scolaire et la réputation de la ZAC qui connaît régulièrement des incidents de type urbain était et reste fort. Le collège étant habituellement considéré comme une caisse de résonance du climat social extérieur, dans quelle mesure est-il possible d’inverser continuellement la mécanique en rendant distinct et visible le Bien-Vivre-Ensemble ? Telle est la problématique centrale de cet événementiel artistique et culturel.

Objectifs poursuivis
A partir d’un projet potentiellement fédérateur, qui aura d’abord convaincu la direction et l’intendance, il s’est agi : - de le développer avec la coopération des élèves de tous niveaux ; - de susciter l’enthousiasme et le désir de coopération de l’ensemble du corps enseignant, de la Vie Scolaire et des agents. Le but final étant de proposer un événementiel artistique et culturel qui excède le cadre du collège, voire de la commune

Description
Six étapes de mise en œuvre.
1- La réalisation des « selfies » (avec les 2 professeurs d’arts plastiques du collège) ; 3 mois.
2- La mise en œuvre de l’événementiel avec un professeur d’éducation musicale (spectacle avec percussions), un professeur de langue cultures régionales (création d’un chant sur le Bien-Vivre-Ensemble réunionnais en faisant appel à plusieurs langues vernaculaires), l’ensemble de l’équipe de professeurs d’éducation physique et sportive (spectacle autour du moringue et d’un flashmob) ; 2 mois.
3- Réalisation technique des panneaux avec l’imprimeur et son suivi (remise des fichiers et suivi technique par le directeur artistique) ; 3 semaines.
4- La préparation de l’inauguration par une médiatisation suffisante (rédaction d’un dossier de presse et d’une tribune à faire paraître la veille de l’inauguration par le directeur artistique) ; 3 semaines.
5- Pose des panneaux la veille de l’inauguration (direction de la pose par le directeur artistique) ; 4 heures.
6- Petit-déjeuner de presse (45mn) et événementiel (1h).

Modalité de mise en œuvre
Le projet a été mis en place dès l’entame de l’année scolaire (septembre 2015) et pouvait être inauguré pour les festivités du 20 décembre (abolition de l’esclavage). Mais les attentats du 13 novembre nous ont amené à la repousser pour le mois de juin, le 9/06/2016.

Trois ressources ou points d’appui
1. : de multiples réunions avec la direction et l’intendance et avec les divers intervenants souvent de façon informelles.
2. : l’enthousiasme de l’ensemble de l’équipe enseignante, de la Vie Scolaire, des agents.
3. : le soutien indéfectible de la direction de l’établissement aussi fort que celui des élèves.
4. : la coopération étroite avec l’imprimeur numérique Labopix.

Difficultés rencontrées
Néant

Moyens mobilisés
L’événementiel valorisé à hauteur de 3500 euros a été entièrement financé par le collège avec la pleine coopération et les conseils de l’intendance.

Partenariat et contenu du partenariat
Un partenariat avec une entreprise d’impression numérique (Labopix) était naturellement nécessaire. Cependant, toute la partie infographique valorisée à 2500€ (la charte graphique, l’identité visuelle et le travail infographique) a été assurée par le directeur artistique du projet.

Liens éventuels avec la Recherche
Le projet s’appuie sur l’expertise du directeur artistique qui est à la fois essayiste (ouvrage sur la citoyenneté et le vivre-ensemble avec Edgar Morin) et artiste contemporain (depuis 2001, un travail sur l’inscription dans un lieu chargé d’histoire est mené, dont la dernière installation intitulée « Monument à la personnalité réunionnaise et à fraternité nationale » est à demeure et se situe au faîte et à la base du phare de Ste-Suzanne depuis 2013, cf Wikipedia

Evaluation
• Socle commun de connaissances, de compétences et de culture et évaluation des acquis des élèves.
• Développement des usages du numérique dans les établissements.
• Education artistique et culturelle et enseignement : le parcours artistique et culturel de l’élève.
• Prévention de la violence : climat scolaire, gestion de classe.
• Dispositifs en faveur de l’égalité des chances : parcours scolaire des filles et des garçons.
• Scolarisation des élèves en difficultés d’apprentissage, handicapés et parcours scolaires.

Documents
Monument à la personnalité réunionnaise et à fraternité nationale

Effets constatés
- Sur les acquis des élèves : une appropriation rapide du projet et une meilleure entente entre filles et garçons tout au long de l’année scolaire.
- Sur les pratiques des enseignants : une synergie qui a vectorisé une partie des autres projets en cours.
- Sur le leadership et les relations professionnelles : pour mener un tel projet à la réussite, il faut plus que le porter. Il convient, selon moi, d’en définir sa philosophie, ses enjeux sociétaux et savoir le rendre indispensable pour chacun de ceux qui font fonctionner le collège en lui donnant une identité marquée.
- Sur l’école / l’établissement : le gain d’une image de soi positive qui était fondée et à rendre visible, à travers un message constructif qui a rejailli sur le quartier alentour, si on en croit les divers témoignages des élèves.
- Plus généralement, sur l’environnement : -

Extrait du site Expérithèque : Clg Terrain Fayard : Les selfies de notre bien-vivre-ensemble

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