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Humour. La « priorité grillée des ZEP » de Djamel Debbouze

30 décembre 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du « Monde » du 30.12.05 : La banlieue vue par Jamel, par Olivier Zilbertin

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Jamel Debbouze peut faire sourire, rire et plus, il peut faire grincer, il peut agacer sans doute, cela ne se discute pas. Mais il parle et mime la cité comme personne, on sait évidemment d’où lui vient cet accent de vérité. Il campe mieux que quiconque, on s’en doute, le jeune de banlieue.

Au Zénith, c’était avant les événements de cet automne. C’était avant que les voitures brûlent, avant que les banlieues s’embrasent, que les cités grondent. Sur scène, Jamel Debbouze n’évoque de toute façon pas les mouvements de foule. Il croque plutôt l’ordinaire des petites gens et de ce quotidien, qui arrive aussi à être drôle ou tendre, des grands ensembles de la périphérie.

Des voisins bruyants, des jeunes qui "ne sont pas violents", mais juste "vénères", de l’ascenseur social qui reste bloqué au sous-sol. Des ZEP, zones d’éducation prioritaires, où "normalement, l’éducation a la priorité". "Eh bien, ils nous l’ont grillée la priorité", s’amuse Jamel Debbouze. Des "keufs", appelés en renfort dans les collèges "mais qui vont galérer en maths". Elle est drôle, la banlieue de Jamel ; trop drôle, sans doute, pour présager vraiment de ce qui va venir. Si l’humour reste l’ultime politesse du désespoir, retenons quand même cette sentence, 100 % Debbouze, et qui en dit long : "T’as aucune chance... Alors saisis-la."

Olivier Zilbertin

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