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31/12/05 - Philippe Meirieu fait le bilan de l’année 2005

31 décembre 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du site de Philippe Meirieu, le 29.12.05 : A l’occasion des voeux... "2005-2006 : Peut-on tomber plus bas ?

Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, je ne me rappelle pas avoir vécu une année aussi régressive en matière éducative que l’année 2005.

Récapitulons, le plus brièvement possible, avant de tenter une analyse :

• Dès son arrivée au Ministère, François Fillon avait, en même temps, pris ses distances avec le « Rapport Thélot » et confirmé les choix pédagogiques de son prédécesseur, en particulier sa méfiance à l’égard des « méthodes nouvelles » (!).

En décembre 2004...

(...)

Bien sûr, le gouvernement va prendre d’autres mesures, en particulier sur la question des Zones d’Education prioritaire : resserrement des moyens sur les établissements les plus difficiles, mise en place de « contrats sur la durée » avec les collèges, tentative pour stabiliser des enseignants chevronnés dans les lieux les plus sensibles, soutien financier plus individualisé aux « élèves méritants » et - cerise sur le gâteau - autorisation, pour les élèves ayant eu les meilleures notes au Brevet, de déroger à la sectorisation et d’intégrer les classes de seconde des lycées de centres villes !

Nous changeons radicalement de cap et, là encore, sans que les enjeux en soient clairement identifiés.

On nous explique : « Il ne faut plus aider les territoires, il faut aider les personnes. » Qu’est ce que cela veut dire concrètement ? Qu’on laisse à l’abandon des pans entiers de nos villes qui ont justement besoin de plus d’État, de plus d’équipements culturels et sportifs, de plus d’associations, de plus d’éducateurs de rue et de plus d’École ? Qu’on donne aux « meilleurs » l’autorisation de « sortir » de ces territoires... au risque qu’ils s’enfoncent encore plus dans la ghettoïsation !

Il faut en finir avec cette hypocrisie : la politique qui nous est proposée ici, quels qu’en soient les habillages, n’est plus une politique de solidarité nationale. C’est une politique qui organise la concurrence entre les exclus pour obtenir la paix sociale : vieille technique bien connue dans tous les systèmes pénitentiaires et concentrationnaires.
(...)

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