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Portrait d’une CPE en banlieue devenue principale adjointe (Cahiers pédagogiques)

15 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

Nana Maminata a derrière elle plusieurs vies professionnelles déjà. Hier CPE, aujourd’hui faisant fonction de principale-adjointe, elle a réussi, passé la quarantaine, à exercer là où elle le souhaitait, le métier qu’elle désirait, au cœur d’un établissement de banlieue, auprès de jeunes qu’elle accompagne vers un avenir meilleur. Récit d’un parcours aux jolis détours.

[...] Elle fait son année de stage à Paris et choisit dès sa titularisation d’exercer son nouveau métier en Seine-Saint-Denis, là où elle a le sentiment qu’il existe des profils d’élèves pour lesquels l’accompagnement se doit d’être plus intense. Elle remplace un collègue charismatique parti à la retraite après 30 ans de présence dans le collège, affirme son approche en s’affranchissant de la comparaison. Aujourd’hui, elle fait fonction de principale-adjointe, mais, nous dit-elle, est « toujours CPE d’une façon ou d’une autre car on fait beaucoup de vie scolaire, de gestion du temps et de l’espace ».

[...] Elle n’oublie pas qu’ils sont là pour se construire un projet, alors que souvent, empêtrés dans un contexte familial et éducatif tumultueux, ils n’ont pas la moindre idée de ce qu’ils aimeraient devenir. Elle se souvient de sa surprise lors de sa première rentrée en constatant qu’à l’entrée du collège, les bonjours étaient absents. Elle s’obstine alors à saluer chacun, les nommant petit à petit et recueillant en retour des salutations souriantes. Ce geste simple est pour elle une façon d’intégrer le respect dans les relations, de repérer aussi ceux dont le visage exprime les soucis ou le mal être.

[...] Dans son établissement, elle a instauré un rôle de référent pour les assistants d’éducation qui suivent chacun particulièrement un groupe, sur les attitudes, les absences. L’idée est d’anticiper des difficultés plus grandes, d’amorcer le dialogue tôt pour trouver des solutions. Elle raconte qu’il lui arrive de repérer des élèves, plus d’une vingtaine à ce jour, qui vivent en hôtel social avec les parents. Leur seul repas est souvent celui pris au collège, alors elle prévient l’intendante et l’assistante sociale pour qu’ils aient une ration copieuse.

Extrait de cahiers-pédagogiques.com du 16.02.17 : Accompagner vers un bel avenir

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