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B* L’utilisation de l’ardoise en anglais comme outil de mémorisation au collège REP+ Auguste Renoir de Marseille. Entretien avec l’enseignante

14 juin Version imprimable de cet article Version imprimable

L’utilisation de l’ardoise au collège
outil cycle 3 ardoise gestion hétérogénéité

Support très utilisé à l’école primaire, l’ardoise est souvent perçue comme un objet infantilisant au collège.

Interview de Carmen Santiago (qui utilise fréquemment cet outil) réalisée en décembre 2016, à l’issue d’une observation en classe :

1°) Peux tu te présenter rapidement ?

Je m’appelle Carmen Santiago, je suis professeur d’anglais depuis 4 ans. J’enseigne au collège [REP+] Auguste Renoir à Marseille. J’ai des classes de sixième, quatrième et troisième.

2°) Comment t’es venue l’idée d’utiliser cet outil (l’ardoise) ?

Dans mon précédant établissement, les élèves étaient assez doués à l’oral mais dès qu’ils devaient passer à l’écrit, c’était la catastrophe. Après un rapide sondage, je me suis rendu compte qu’ils ne prenaient pas le temps d’écrire ce qu’ils apprenaient (bien que cela soit dans les conseils donnés à la rentrée pour apprendre les leçons). Il a donc fallu trouver un moyen de leur faire écrire ces nouveaux mots / expressions, au moins en classe. J’ai pensé qu’une ardoise serait un support approprié : cela ferait le lien avec des pratiques de l’école primaire. De plus, des élèves moins volontaires y verraient peut-être un support ludique. Ensuite, cela me permettrait de faire participer chaque élève simultanément et de voir toutes leurs réponses.

3°) Quel problème avais tu identifié en amont chez tes élèves ?

Les élèves sont pour la plupart très à l’aise à l’oral mais le passage à l’écrit est plus délicat pour les élèves. La différence graphie-phonie en anglais en immense. Il est compréhensible que certains élèves se sentent déstabilisés. Il faut donc prévoir des temps de rédaction en classe pour les forcer à utiliser la langue à l’écrit régulièrement pour qu’ils mémorisent le lexique distillé petit à petit dans une séquence.

4°) Quels sont les avantages de l’utilisation de cet outil (conception et mise en œuvre)  ?

Ils sont différents selon le point de vue. Pour moi, c’est un outil de mémorisation et de vérification. Concernant les élèves, je ne sais pas s’ils voient où je veux en venir. J’essaie de rendre l’activité ludique en limitant le temps de mémorisation avec un chronomètre avant de passer à la dictée ou à un exercice de compréhension/traduction. Ils y voient un challenge et sont très fiers quand ils ont une bonne réponse. Ils se mettent parfois des points.

5°) Quels sont les inconvénients (conception et mise en œuvre) ?

Les élèves doivent être soigneux avec le matériel sinon on peut perdre beaucoup de temps à chercher un feutre ou un effaceur. Aussi, à mon avis, certaines configurations de classe peuvent poser problème pour la distribution et de rangement des ardoises. Dans mon collège les classes de mes trois Sixièmes sont configurées de différentes façons. Pour le moment, je trouve qu’une seule des trois Sixièmes s’y prête très facilement. C’est toujours possible mais il faut réfléchir à un éventuel flux des élèves ou à une distribution plus classique.

6°) A quelle fréquence les utilises-tu ?

Dès que cela s’y prête.

7°) Peux-tu nous donner des exemples très concrets d’utilisation de cet outil ?

• Pour vérifier la mémorisation du lexique, nous faisons des dictées ou ils traduisent ce qu’ils entendent.

• Pour vérifier la compréhension, je peux leur demander de dessiner ce qu’ils ont entendu (par exemple pour la météo).

8°) Quels sont les effets (positifs et négatifs) que tu as pu identifier chez tes élèves suite à l’utilisation de cet outil ?

Ils ont l’air d’aimer utiliser les ardoises : ils demandent souvent des mots en plus, ils sont fiers de me montrer leur travail (qui leur permet de se corriger très vite en cas d’erreur), et certains élèves d’habitude perturbateurs prennent leur rôle de chef de table au moment de la distribution/rangement très au sérieux, ils savent qu’en cas de bêtise (un effaceur abîmé, un dessin sur le plastique...) nous risquons de les utiliser moins souvent.

9°) Il y a t il un public privilégié pour l’utilisation de cette pratique ?

Les sixièmes qui les utilisaient en primaire s’y retrouvent très vite. Pour les grands c’est plus complexe : certains pensent que ça fait ’’bébé’’ ou ne veulent pas montrer leur réponse à tout le monde, d’autres trouvent ça sympa et original.

10°) Penses tu que l’utilisation de cet outil est transférable à d’autres disciplines ?

Bien sûr. Je sais que les collègues de français les utilisent par exemple

Extrait de pedagogie.ac-aix-marseille.fr du 07.06.17 : L’utilisation de l’ardoise au collège

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