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Les serious games à la maternelle REP+ Riquet-Renan de Béziers

21 août 2017 Version imprimable de cet article Version imprimable

Les serious games à la maternelle : : un jeu d’enfant !

Apprendre en s’amusant, avec les jeux sérieux ? Cela commence dès la maternelle. Témoignage d’un professeur des écoles qui utilise, avec succès et lucidité, une série de jeux ludo-éducatifs avec sa classe.

A l’école, les enseignants expérimentent peu à peu l’utilisation des jeux sérieux, ou “serious games”. Il ne s’agit pas, dans ce cas, de jeux vidéo “classiques”, destinés au divertissement, mais de logiciels ou de jeux ludo-éducatifs, conçus spécialement par des entreprises, des professeurs ou des institutions, pour permettre aux élèves d’apprendre en s’amusant.

Leur utilisation commence dès l’école primaire, le plus souvent sous la forme de petits jeux éducatifs. A Béziers, Anthony de Souza est professeur des écoles, à l’école publique Riquet-Renan. Depuis 2013, il utilise des serious games avec ses élèves de maternelle, âgés de 4 à 6 ans.

Au départ, ce fut tout un travail de préparation. “L’équipement informatique de l’école étant limité, j’ai cherché moi-même des PC, que j’ai installés, puis paramétrés, en utilisant un système Linux, Ubuntu, qui propose une importante offre de jeux éducatifs libres”, explique-t-il.

Revoir des notions par le jeu

Anthony de Souza a installé plusieurs jeux, adaptés à l’âge de ses élèves. Tout d’abord, GCompris, un logiciel éducatif libre (donc susceptible d’être modifié), qui propose des “activités ludiques, mais toujours pédagogiques”.

Parmi les nombreuses activités proposées (jeux de labyrinthes, de chiffres, de symboles, etc.), figurent un jeu sur les lettres : “il permet aux enfants de se familiariser avec la forme et le son des lettres, l’un des objectifs de l’école maternelle”, note le professeur. GCompris propose aussi une activité de découverte de l’ordinateur, qui permet aux enfants de maitriser, dès le plus jeune âge, le clavier et la souris.

L’instituteur utilise aussi le logiciel ludo-éducatif Omnitux, qui regroupe des jeux “adaptés à la maternelle, comme des puzzles, des activités de numération, et des jeux d’images”, décrit Anthony. L’enseignant a également installé une autre suite de jeux éducatifs, Childsplay, qui propose des activités variées, de manipulation du clavier, de reconnaissance des images et des sons, ou des jeux de mémoire.

“Tous ces jeux me permettent de faire retravailler aux enfants des notions vues auparavant, comme les lettres : ils ne vont pas apprendre leurs formes sur un ordinateur, nous allons d’abord les voir en classe, puis le jeu numérique sera un outil permettant de réinvestir le travail déjà vu, de l’approfondir”, explique Anthony.

L’apprentissage de l’autonomie

Le professeur ne voit dans ces jeux sérieux que des avantages. Tout d’abord, leur flexibilité. “Ils permettent, chacun dans leur coin, d’aborder un morceau précis du programme (les lettres, les chiffres, les couleurs, les sons, les outils informatiques) ou certaines compétences, comme l’écoute ou la concentration… ce qui me permet aussi de les utiliser pour du soutien, en direction d’élèves en difficulté sur certains points”, remarque-t-il.

Autre intérêt : faire travailler les jeunes élèves en autonomie, et dégager du temps pour la pédagogie. Ainsi, pendant qu’une partie de la classe, en demi-groupe, se plonge dans les jeux d’Omnitux ou de GCompris, l’autre partie passe un temps privilégié avec Anthony. “L’effectif de la classe est assez important, cela me permet donc de mener quelques activités en comité plus restreint, pendant que les autres s’initient à l’autonomie. Ils suivent des consignes, ou jouent par eux-mêmes”, souligne-t-il.

Pas un outil magique

Apprendre en s’amusant, de façon informelle, en faisant la part belle à l’exploration et à la découverte par soi-même, tel semble être le grand avantage des jeux sérieux. “L’école maternelle repose sur le jeu, ces logiciels sont donc très adaptés aux enfants. Qu’il s’agisse d’un jeu classique ou sous forme informatique, il s’agit d’un moyen important, à leur âge, pour apprendre des choses. Ils jouent, et ils ne se rendent pas forcément compte qu’en fait, ils travaillent”, indique Anthony, satisfait.

Mais gare à ne pas voir dans les jeux ludo-éducatifs, un outil magique. “Si un élève rencontre des difficultés via des activités classiques, il ne va pas tout d’un coup réussir parce qu’on le mettra devant un ordinateur !”, lance le professeur des écoles. Et d’ajouter : “le jeu numérique est une aide, un outil qui vient en renfort, mais il ne doit pas être omniprésent… surtout à cet âge où les enfants ont besoin de manipuler des objets réels.”

Enfin, pas question d’utiliser ces jeux pour “occuper” simplement les enfants. “Il faut y avoir recours lorsque l’on aborde des notions précises, dans le cadre d’un programme pédagogique, et non au hasard”, insiste Anthony.

Le professeur utilise ainsi Omnitux, Childsplay et GCompris de façon occasionnelle, une fois par semaine, pas plus. “S’ils utilisaient ces activités tout le temps, cela deviendrait vite banal. Pour les enfants, c’est motivant dans la mesure où c’est rare. A chaque fois, je dois sélectionner les chanceux qui vont jouer, et les faire tourner régulièrement… sinon, ils voudraient quasiment tous faire cela en priorité !”, s’amuse l’enseignant.

Parce que les jeux sérieux peuvent aussi être utilisés au collège et au lycée, et être également sous la forme de jeux vidéo, de jeux de plateaux ou de jeux de rôle, cet article est le premier épisode d’une série qui vous entraînera dans le vaste univers du ludo-éducatif. A suivre !

Extrait de vousnousils du 07.01 .15 : Les serious games à la maternelle : un jeu d’enfant !

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