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Pour Jérôme Fourquet, directeur de département à l’IFOP, intervenant lors du colloque de la Fondation pour l’école le 14 mai 2018, La question scolaire et de l’égalité des chances sera "centrale dans le débat public" (ToutEduc)

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La question scolaire et de l’égalité des chances sera "centrale dans le débat public" (J. Fourquet, IFOP, colloque de la Fondation pour l’école)

"Ecole et égalité des chances", tel était le thème du colloque organisé ce 14 mai par la Fondation pour l’école qui "soutient, finance et accompagne la création et le développement d’écoles indépendantes" de façon à stimuler "la réforme du système éducatif dans son ensemble". "Notre souhait est de donner à tous les enfants la possibilité d’accéder à des savoirs de qualité", de favoriser "l’égalité dans l’accès au savoir", insiste son président, Lionel Devic. Et pour Jérôme Fourquet, directeur de département à l’IFOP, cette question est effectivement au cœur des préoccupations des Français.

Quand on leur demande (à 1 000 d’entre eux, fin avril) si le système scolaire "assure aujourd’hui à chaque enfant la même chance de réussir sa scolarité", ils sont 65 % à répondre "non". Les sondés âgés de 15 à 24 %, "qui sont dans le système scolaire ou en sortent tout juste", sont même 69 % à le penser. Et quand on leur demande si "les chances de réussite de chaque enfant" seraient améliorées si les établissements scolaires proposant des pédagogies différentes de celles de l’Education nationale "étaient financièrement accessibles à tous", ils ont tout près de 8 sur 10 à le penser, ils sont même 88 % "chez les sondés actuellement en cours d’étude". Le responsable évoque "une très forte appétence" pour les "écoles alternatives". Le sondage révèle encore que 41 % des parents d’enfants scolarisés dans le public "estiment que leur enfant aurait plus de chance de réussite en école privée" et que les deux tiers des parents (près de trois sur quatre parmi les employés et ouvriers) aimeraient, s’ils en avaient les moyens, offrir à leur enfant "des cours particuliers de soutien". Des résultats "sans appel", des scores "massue" qui expliquent pourquoi "la question scolaire revient de manière lancinante dans le débat public".

Une relance des internats d’excellence ?

Sylvie d’Esclaibes, directrice d’écoles Montessori, indique d’ailleurs recevoir "4 ou 5 appels chaque jour" de parents confrontés aux phobies scolaires ou aux souffrances de leurs enfants. A l’occasion des débats de ce colloque, Bernard Lociciro, qui a dirigé de 2011 à l’année dernière "l’internat d’excellence de Sourdun" indique que la politique qui avait conduit à la création de ce type d’établissements devrait être relancée, Jean-Michel Blanquer ferait une annonce en ce sens à la rentrée. Agnès Verdier-Molinié (IFRAP) reprend des données diffusées avant la présidentielle de l’an dernier sur le "surcoût" du public par rapport au privé : il est, selon les calculs de l’institut qu’elle dirige, de 3 159 € par élève et par an pour le 1er degré et de 3 744 € pour le second degré (tous financeurs confondus, Etat, collectivités, ménages et entreprises). Ce surcoût, explique-t-elle, est dû aux dépenses de retraites, à la masse salariale, mais aussi aux dépenses publiques locales.

A noter encore parmi les informations recueillies par ToutEduc à l’occasion de ce colloque, une annonce relative à la première école d’ "Espérance ruralités", ouverte cette année à La Fère (Aisne), qui accueille 15 élèves (en 6ème, 5ème, 4ème), mais compte tripler son effectif l’an prochain. De même Françoise Candelier, créatrice de l’école du Blanc-Mesnil fondée sur les principes du réseau SLECC (Savoir Lire Ecrire Compter Calculer), devrait approcher les 400 élèves. Estelle Malherbe (Autistes sans frontières) évoque l’intérêt d’un programme canadien d’ "autorégulation comportementale en milieu scolaire" qui permet d’éviter "les dispositifs trop partiels" comme les ULIS et l’accompagnement par des AVS. Trois écoles françaises l’auraient déjà adopté.

Eric Charbonnier (OCDE) rappelle à cette occasion quelques caractéristiques du système scolaire français, qui est loin d’être mauvais, qui produit d’ailleurs de bons élèves, mais où les écarts s’accroissent puisque c’est "le plus inégalitaire des pays de l’OCDE" et où trop d’élèves sont en grande difficulté. S’il n’y a pas "de modèle unique" pour y remédier, il est clair qu’il faut investir massivement dès l’école maternelle et avant, trouver des alternatives au redoublement, rechercher la mixité sociale, créer "une culture de la coopération" entre les enseignants, donner plus de liberté au chef d’établissement, se donner les moyens d’attirer les meilleurs étudiants vers les métiers de l’éducation...

Extrait de touteduc.fr du 14.05.18 : La question scolaire et de l’égalité des chances sera "centrale dans le débat public" (J. Fourquet, IFOP, colloque de la Fondation pour l’école)

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