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Le programme TEKNIK de sensiblisation au monde de l’industrie, lancé en 2014 par la Fondation "Agir contre l’exclusion" (FACE), implique près de 35 000 élèves, principalement en REP+ et REP (ToutEduc)

7 juin Version imprimable de cet article Version imprimable

Sensibilisation des élèves au monde de l’industrie : près de 35 000 élèves impliqués dans les projets TEKNIK

7 équipes de collégiens et lycéens ont été lauréats, ce mardi 5 juin 2018, du Défi TEKNIK 2018. Ce challenge clôture la mise en œuvre de projets dans des collèges et lycées en lien avec les enjeux d’avenir des secteurs industriels, dans le cadre du programme TEKNIK. Initié en 2014-2015 par la Fondation Agir contre l’exclusion (FACE), ce programme vise à "redonner goût à la culture industrielle et technologique", à "gommer les stéréotypes" liés à ces métiers, à changer le regard des élèves sur les métiers et les carrières que leur propose l’industrie, en associant les professionnels du secteur de l’industrie et de la technologie à la réalisation de projets menés collectivement par des élèves de la 4e à la 1re, et initiés pour ce faire à des techniques propres au monde de l’entreprise, du brainstorming au prototypage. 16 champs industriels sont visés par ce dispositif de sensibilisation, dont l’aéronautique, l’énergie, l’agroalimentaire, l’environnement, l’électricité et le numérique.

La fondation, qui s’est fixé pour objectif d’accompagner 100 000 collégiens et lycéens de 2015 à 2019, principalement en REP et REP+, bénéficie d’un co-financement du Programme d’investissements d’avenir (PIA), à hauteur de 6,7 millions d’euros pour les 5 ans. TEKNIK est mis en œuvre et animé localement par les clubs FACE. Si la fondation estime que le secteur industriel et technologique peut représenter "un levier majeur d’insertion sociale et professionnelle pour les jeunes", elle constate néanmoins que les élèves "associent l’industrie aux métiers pénibles pour 81 % d’entre eux, mal rémunérés pour 68 % et non mixtes pour 89 %".

Du brainstorming au prototypage

Le programme TEKNIK est composé de deux grands temps, répartis sur trois séances, auxquels se sont essayés 5 élèves de 4e du collège Jean Moulin [hors éducation prioritaire], de Rodez, de l’académie de Toulouse, lauréats du premier prix de la catégorie A (qui récompense les projets réalisés sans temps supplémentaire). La première séance, dite "séance industrie", est entièrement animée par un professionnel invité. Eux ont rencontré un fermier producteur de yaourts, alors qu’une autre classe a reçu un représentant d’un sous-traitant aéronautique de Decazeville. Après la projection de films en 3D via un Cubtile, outil disposant de 5 faces tactiles qui permettent de manipuler des contenus et de naviguer dans un environnement 3D, aussi bien à travers les plans d’un futur immeuble que dans un champ d’éoliennes, les élèves ont été invités à échanger avec le professionnel autour de son secteur d’activité et des métiers qui y sont liés.

Les deux autres séances, dites de "créativité", ont été consacrées à la réalisation du projet, avec l’accompagnement du professionnel, d’une animatrice du club FACE Aveyron et des enseignants, autour de la problématique industrielle "comment mangera-t-on en 2050 ?". Cette réalisation s’est faite en mode collectif et en empruntant des méthodologies d’entreprise : brainstorming - temps collectif durant lequel l’on énonce ses idées -, clustering – on les regroupe par thème -, mindmapping - on les représente et hiérarchise sous forme de carte -…, réalisation d’une maquette avec du matériel de récupération jusqu’à une présentation orale filmée, comme de vrais porteurs de projets.

Un moyen aussi de valoriser des compétences autres que les connaissances scolaires

Le projet semble avoir des effets positifs, au vu des retours des élèves. Si Joan, qui a "adoré l’expérience", "pense avoir plus appris que lorsqu’un prof donne un cours, car c’est à [eux] de trouver des idées" et Marie a particulièrement aimé "créer", apprendre "à travailler en équipe", la chargée de mission éducation de FACE Aveyron, Colette Hospital, constate de son côté que la place laissée à la "créativité" et à "l’autonomie", permet à certains élèves, "pourtant en échec", de reprendre "du leadership". L’enseignante de technologie, Brigitte Vigroux, a bien cerné ce bénéfice aussi, "la motivation" de tous parce que la démarche valorise tout le monde et des compétences autres que les connaissances scolaires. "On a parfois trop tendance à privilégier l’individualité prof-élève et à observer ce dernier uniquement au regard de ses connaissances", analyse-t-elle. "Là, on regarde davantage à côté, les savoir-faire et les savoir-être. Tous ont participé, même ceux en difficulté. Résultat, ils ont appris beaucoup plus."

De 150 élèves en 2014-2015 à près de 35 000 en 2017-2018

L’équipe du collège Jean Moulin a imaginé un système de distribution de l’alimentation souterrain fonctionnant à l’énergie propre (éolienne, panneaux solaires) et qui évite de passer par la grande distribution en instaurant un circuit direct des producteurs vers les consommateurs, dans des capsules réutilisables, puis des déchets des consommateurs vers les centres de traitement. De nombreux enseignants ont participé à l’encadrement du projet, jusqu’à l’enseignant d’EPS qui a coaché les élèves pour leur présentation orale.

À Jean Moulin, les élèves de 4e participent au programme TEKNIK depuis 2016. Au niveau national, TEKNIK a concerné cette année 34 250 élèves. Ce sont aussi 25 clubs FACE qui accompagnent ces projets, 15 académies engagées, 4000 enseignants et 3500 collaborateurs d’entreprises mobilisés pour ce faire, alors que, rappelle la fondation FACE, la première année de démarrage le programme a concerné 150 élèves, 10 collaborateurs d’entreprises, 10 enseignants, 3 académies et 3 clubs FACE.
Camille Pons

Extrait de touteduc.frdu 06.06.18 : Sensibilisation des élèves au monde de l’industrie : près de 35 000 élèves impliqués dans les projets TEKNIK

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