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Trois universitaires (Sciences Po et Cnrs) ont lancé un programme d’encouragement à la lecture familiale dans des maternelles REP+et REP de Paris

21 juin 2018 Version imprimable de cet article Version imprimable

Des albums et des parents : Améliorer le langage en Rep

Comment améliorer les compétences en lecture ? On sait que beaucoup va dépendre des premiers apprentissages et que les enfants sont inégaux avant même l’entrée en maternelle. Parce que "le sociologue ne doit pas se imiter à analyser mais doit aussi imaginer des dispositifs pour réduire les inégalités", Carlo Barone (Sciences Po), Agnès van Zanten (CNRS Sciences PO) et Denis Fougère (CNRS Sciences Po) ont lancé un dispositif qui implique les parents dans le développement des compétences langagières de leurs enfants.

Entrainer les parents à la lecture...
Présenté lors du colloque "30 ans de changement social" organisé par l’Observatoire sociologique du changement de Sciences Po le 14 juin, l’expérimentation concerne 880 élèves de 22 écoles maternelles rep et rep+ du nord est parisien (18ème, 19ème et 20ème arrondissement). Elle touche des enfants de moyenne section âgés de 4 ans.

Dans chaque école on constitue un groupe expérimental et un groupe témoin par tirage au sort. Dans ces écoles la moitié des parents n’a pas de diplôme du supérieur, 16% des familles ne parlent aps français à la maison et un taux identique n’aime pas lire des histoires à son enfant. Presque un parent sur trois lit une histoire moins d’une fois par semaine.

Le projet repose sur l’idée qu’en entrainant les parents dans des stratégies de lecture à leur enfant, on améliorera la vocabulaire et la compétence en lecture de l’enfant. Aussi chaque famille reçoit chaque semaine un album (grâce au soutien de Gallimard et Nathan). Les parents reçoivent une brochure chaque semaine avec des conseils pour une lecture agréable et ils sont accompagnés par téléphone. Ils reçoivent aussi des SMS rappelant les conseils de lecture. On invite par exemple les familles illettrées à s’appuyer sur les images pour inventer une histoire. Chaque école évalue le vocabulaire de l’enfant (test Evipa) avant et après le dispositif.

Pour mieux aider les enfants
Les résultats sont là, affirme Carlo Barone. "Le dispositif a un impact positif sur la fréquence de lecture et sur les compétences langagières des enfants. Les effets sont particulièrement importants dans les familles les moins diplômées. Pour les familles les plus diplômées il n’a pas d’impact. Le dispositif est aussi plus efficace avec les garçons qu’avec les filles.

Pour C Barlone, le dispositif fait la preuve qu’on peut réduire les inégalités scolaires et cela à un moindre cout. Le dispositif revient à 4€ par élève.

Les effets sont ils durables ? L’expérimentation se poursuit afin d’évaluer cet effet. Mias d’ores et déjà on sait qu’impliquer les parents dans le développement des compétences de leurs enfants est efficace. Alors que beaucoup décrivent des parents des quartiers comme désintéressés des études de leurs enfants , le dispositif montre qu’il n’en est rien.

Il montre aussi que la confiance entre parents et enseignants est un levier pour la réussite des enfants. Et que celle -ci peut se construire même dans les quartiers populaires.

Il y a un dernier enseignement dans cette affaire. C’est que la réduction des inégalités scolaires ne se joue pas qu’à l’école. Les conditions de vie culturelle des parents des quartiers populaires ont aussi leur importance. C’est aussi la maigreur des politiques sociales qui s’inscrit dans cette étude. Une découverte dérangeante peut-être si on en juge par le zèle mis sur le terrain à maintenir une loi du silence sur cette expérimentation.
François Jarrau

La recherche

Extrait de cafepedagogique.net du 20.06.18 : Des albums et des parents : Améliorer le langage en Rep

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