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Collecter, interpréter, enseigner l’écriture. Analyses linguistiques des écrits d’élèves, Repères, n° 57, 2018 (avec une étude d’E. Bauthier et E. Vinel sur des écoles rurales en REP)

18 février Version imprimable de cet article Version imprimable

57 | 2018 : Collecter, interpréter, enseigner l’écriture

Analyses linguistiques des écrits d’élèves

Claire Doquet et Jacques David

p. 7-14
1 Les travaux de recherche sur l’écriture scolaire ont été marqués, ces trente dernières années, par trois paradigmes principaux : la psychologie cognitive, la linguistique de l’écrit et des textes, et l’ensemble des travaux proprement didactiques sur la production d’écrits du primaire au supérieur. Parfois considérés dans les années 1990 comme antagonistes, voire rivaux, ces trois domaines s’articulent aujourd’hui dans l’ensemble des travaux sur les écrits scolaires, chacun concourant à spécifier, avec son éclairage propre, les propriétés de l’activité d’écriture et de son enseignement.

2 De ces domaines, c’est peut-être l’approche linguistique qui est passée la plus inaperçue dans les programmes officiels et les prescriptions de tous ordres. Les sous-processus de planification, mise en texte et révision (Hayes et Flower, 1980) ainsi que la notion de surcharge cognitive ont rencontré l’intérêt des formateurs et enseignants, et leur opérationnalisation est à la base de travaux fondateurs de la didactique actuelle de la production textuelle, incluant une dimension critique (Garcia-Debanc, 1986). Le renouvèlement des modalités d’évaluation des écrits des élèves, par l’intégration de critères pragmatico-sémantiques, d’une part (Mas et al., 1991), à travers une réflexion sur la spécificité des contraintes scolaires et extrascolaires, d’autre part (Chabanne et Bucheton, 2000 ; Reuter et Penloup, 2001), a transformé le regard sur un type d’écriture assimilée d’abord à l’écriture ordinaire (Dabène, 1990, pour une critique du terme) et que l’on identifie aujourd’hui couramment sous le vocable d’écriture scolaire. Entre ces deux contextes, générique (l’école) et singulier (le sujet scripteur), comment un écrit scolaire trouve-t-il à se déployer ? Quelles sont ses spécificités graphiques et linguistiques ? Comment appréhender ses contraintes et avec quel outillage le décrire ? Les travaux ne manquent pas, en particulier du point de vue de la textualité (Bronckart, 2005 ; Adam, 2011), avec une focalisation sur le couple cohésion/cohérence (Reichler-Béguelin, Denervaud et Jespersen, 1988 ; Combettes, 1983 ; Charolles, 1978, 1995). De même, la distinction opérée par Émile Benveniste (1966) entre les modes énonciatifs du discours et de l’histoire, reformulée en discours/récit, a fait florès dans les manuels et les discours didactiques. Pour autant, cette transposition est difficile tant l’entrecroisement des niveaux linguistiques obscurcit la lecture et brouille l’interprétation. Et la lecture des Dernières leçons prononcées par Benveniste au Collège de France (Benveniste, 2012) invite à reconsidérer la dimension énonciative pour la placer au cœur d’une réflexion sur l’acte d’écrire et les liens entre langue et écriture.

[…]
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S’appuyant sur un corpus original, recueilli dans trois écoles primaires rurales, inscrites dans un réseau d’éducation prioritaire (REP), Élisabeth Bautier et Élise Vinel analysent, les relations entre les types d’écrit produits, la préparation de classe des enseignants, leur conception de l’activité d’écriture et les interprétations qu’en font les élèves. À partir d’un ensemble d’écrits répondant à une consigne commune et recueillis dans trois classes d’école élémentaire (CE2-CM2), assorti d’observations dans les classes et d’entretiens avec les enseignants et les élèves, elles mettent en relation les productions des élèves et l’environnement didactique, dans un secteur caractérisé par une distance culturelle importante entre les normes scolaires et les pratiques sociales de l’écrit. L’étude met en évidence la tension entre généricité et spécificité, à la fois moteur et frein à l’écriture.

Extrait de journals.openedition.org/ : Collecter, interpréter, enseigner l’écriture

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