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"Entre tronc commun et filières, quelle école moyenne ?" Étude comparative sous la direction de F. Baluteau, V. Dupriez, M. Verhoeven, Academia, L’Harmattan (présentation ToutEduc)

27 février Version imprimable de cet article Version imprimable

Entre tronc commun et filières, quelle école moyenne ? (Ouvrage collectif)

S’interrogeant sur les caractéristiques de "l’école moyenne", François Baluteau, Vincent Dupriez et Marie Verhoeven, dans un ouvrage collectif, distinguent deux grandes lignes : une perspective universaliste prenant la forme d’un enseignement commun et une approche différentialiste proposant des parcours en lien avec le monde professionnel. Ils retracent les expériences faites en Allemagne, Angleterre, Belgique, au Québec, en Suède et en Suisse. Ils comparent notamment notre collège et l’ "école compréhensive" en Catalogne.

L’Espagne n’entame le tournant de la massification que tardivement, à la fin des années soixante-dix, quand la plupart des pays européens sont entrés "dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale dans une phase d’expansion scolaire pour favoriser la croissance économique et la cohésion sociale". La loi de 1975, la LOGSE espagnole "avec l’extension du tronc commun obligatoire jusqu’à seize ans" connaît à la fois une mise en place originale et une diversification progressive des parcours, une diversification qui est accentuée durant ces dernières années.

François Baluteau note "l’existence d’un double réseau scolaire catalan (public et privé) et la forte ségrégation sociale entre établissements qui compromet l’application d’un modèle compréhensif", c’est-à-dire prenant en compte les besoins particuliers dans l’optique d’une réduction des inégalités. Alors que la Catalogne connaît une croissance très rapide du nombre d’élèves étrangers (la population étrangère est passée entre 2000 et 2009 de 2,9 à 15,9 % de la population), on arrive au "double couple 60-40/80-20", soit 60 % d’établissements publics pour 40% de centros privados concertados et 80% des élèves étrangers dans le secteur public ; "l’école publique assume dans une grande mesure la responsabilité de la compréhensivité" quand le privé paraît pouvoir assurer aux élèves favorisés "une certaine continuité pédagogique". L’auteur ajoute que "l’extension de l’école obligatoire et l’accès aux établissements secondaires publics à partir de 12 ans a créé un ‘effet de fuite’ de l’école publique de la part des classes moyennes", facteur qui est de loin le plus important pour expliquer la ségrégation sociale en Catalogne "due aux pratiques de distinction et de différenciation sociales auxquelles recourent les classes moyennes dans un régime de quasi-marché scolaire".

En France, l’organisation des deux systèmes ainsi que les stratégies des établissements et des familles "conduisent non seulement à produire une différenciation pédagogique, mais aussi une ségrégation sociale (...). Les ’établissements bourgeois’ peuvent poursuivre à la fois une adaptation à leur public et prendre des distances par rapport aux établissements populaires tournés vers les élèves en difficulté et la diversification des dispositifs". Contrairement à ce qui se passe en Catalogne, c’est au sein même des collèges publics que s’opèrerait hiérarchisation et différenciation sociale.

"Entre tronc commun et filières, quelle école moyenne ?" Étude comparative sous la direction de F. Baluteau, V. Dupriez, M. Verhoeven, Academia, L’Harmattan, 30,5 euros.

Extrait de ’touteduc.fr} du 25.02.19 : Entre tronc commun et filières, quelle école moyenne ? (Ouvrage collectif)

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