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La « bienveillance », cache-misère de la sélection sociale à l’école (le Monde diplomatique)

10 septembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Féroce douceur d’une notion en vogue
La « bienveillance », cache-misère de la sélection sociale à l’école
par Clothilde Dozier & Samuel Dumoulin

Alors que l’éducation nationale connaît un manque croissant de moyens et d’effectifs, un mot d’ordre y fait florès : la « bienveillance » que les enseignants sont invités à témoigner à leurs élèves, et qui pourrait triompher de tous les obstacles. Cette antienne masque l’impuissance de l’institution à réduire le fossé entre les enfants des classes favorisées et ceux des classes populaires.

(...) « Habiletés plurielles »

Il reste donc la bienveillance. La notion s’est répandue dans les collèges et les lycées en quelques années. Inspirée de la politique du care, diffusée en France notamment par Mme Martine Aubry. elle a été défendue par le ministre de l’éducation nationale Vincent Peillon en 2012, dans le cadre de la concertation « Refondons l’école de la République », préalable à la loi du même nom. La bienveillance apparaît aujourd’hui comme l’un des piliers des « bonnes pratiques » défendues par l’institution. Une formule peut en résumer la philosophie : « Chaque jeune a besoin d’encouragement chaque jour. » Sans cette pédagogie compréhensive, l’élève serait mis dans l’incapacité de réussir et, ainsi, d’envisager une orientation heureuse.

Le message est clair : professeurs sévères, en déployant au quotidien la panoplie du découragement (sourcils froncés, remarques acerbes, notes exagérément basses), vous portez la responsabilité première dans l’échec de centaines de milliers de chrysalides qui n’attendaient qu’un geste pour se faire papillons. Ou comment promouvoir, dans le débat sur l’école, des questions de posture plutôt que de structure. La mise en orbite du thème de (...)

Extrait de monde-diplomatique.fr de septembre 2019

 

Voir aussi de l’un des deux auteurs :

Clothilde Dozier :
L’Ecole commune. Propositions pour une refondation du système éducatif
GRDS (Groupe de recherche sur la démocratisation scolaire)
La Dispute, Paris, 2012, 208 pages, 15 euros.

Comment des forces progressistes pourraient-elles œuvrer à la transformation de l’école ? En scolarisant au sein d’une même structure — « l’école commune » — tous les élèves de 6 à 17 ans. Exposée par le Groupe de recherche sur la démocratisation scolaire, l’idée découle de la synthèse des enquêtes et analyses déjà parues chez le même éditeur. A l’heure actuelle, l’existence de filières ou la possibilité d’attribuer de mauvaises notes confortent une stratégie d’évitement : puisque des voies « professionnelle » et « technologique » existent en aval, l’absence d’ambition politique quant au traitement des difficultés scolaires en amont ne pose pas de véritable problème. Au lieu d’attribuer la responsabilité desdites difficultés aux individus, l’institution pourrait revoir la formation didactique des professeurs, réexaminer les logiques d’apprentissage, etc. Avec cette conviction : au sein de la classe, l’appropriation des savoirs par tous est possible.
Clothilde Dozier

Extrait de monde-diplomatique.fr de juillet 2017

 

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