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Marc Douaire interviewé par Libération sur le rapport Azema-Mathiot

7 novembre Version imprimable de cet article Version imprimable

Marc Douaire, président de l’Observatoire des zones prioritaires, donne sa lecture du rapport rendu public mardi soir sur les pistes possibles d’une réforme de l’éducation prioritaire.

« Le ministre cherche à effacer petit à petit la politique d’éducation prioritaire »
Il parle vite, peut-être pour contenir sa colère, même s’il n’avait guère d’illusion. De fait, les orientations du rapport sur l’éducation prioritaire, rendu public mardi soir, s’inscrivent dans la suite logique de la politique menée par Jean-Michel Blanquer. « On va vers un effacement discret de la politique nationale d’éducation prioritaire », dénonce Marc Douaire, président de l’Observatoire des zones prioritaires (OZP), une petite association qui suit à la semelle ce qui se passe en éducation

[...] Parmi les mesures, le rapport préconise de conserver les REP+ en l’état et de confier la gestion des REP aux rectorats pour une gestion plus « proche du terrain ».

C’est un classique. Sous l’apparence d’une mesure plus démocratique de donner la main au terrain, on cherche en réalité, petit à petit, à effacer une politique prioritaire. Sur ce point, nous sommes en profond désaccord. L’éducation prioritaire est une politique de justice sociale, et à ce titre elle doit être pilotée nationalement. Cela n’empêche pas de s’appuyer sur les acteurs de terrain mais il faut un cadrage national.

Là, le rapport préconise de délabéliser les REP et de confier la répartition des moyens uniquement aux recteurs et aux conseils régionaux. Ce sont eux qui définiront les priorités. Certains recteurs arriveront certainement à résister aux pressions locales, mais d’autres non. Ce sera beaucoup plus difficile de tenir bon. On imagine la tentation des élus de donner les moyens là où les gens sont susceptibles de voter, plutôt que d’investir dans les quartiers où vivent les étrangers… Je suis volontairement provocateur mais le risque est réel. Pour les recteurs, il est beaucoup plus facile d’appliquer une politique quand elle est imposée par le ministère. Quand ils sentent le ministre fluctuer, qu’ils voient bien que le sujet n’est plus une priorité ministérielle, alors cela devient difficile de tenir.
Extrait de libération.fr du 07.11.19

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