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Pendant le confinement, le numérique au service de la transformation des pratiques à l’école REP Aubervilliers (Paris 19e)

22 juin Version imprimable de cet article Version imprimable

L’école élémentaire 132 Aubervilliers (19em) : ou comment mettre le numérique au service de la transformation des pratiques pédagogiques

L’école élémentaire 132 rue Aubervilliers, école en REP située dans le 19ème arrondissement, a participé au dispositif « Tous mobilisés » au cours de l’année 2018-2019 et fait désormais partie de la Cité éducative rattachée au collège Méliès.
Dans ce cadre, l’équipe pédagogique s’est attachée à réfléchir aux pratiques pédagogiques mises en œuvre au sein de l’école pour viser la réussite de tous les élèves. Il a alors été décidé d’équiper l’école en matériel numérique : TNI, tablettes et vidéoprojecteurs ont été acquis. Une classe flexible avec du mobilier spécifique – tables inclinées, sièges ballon, tabourets culbuto, tables réglables en hauteur pour que les élèves puissent travailler debout, etc. – a été conçue pour favoriser l’attention des élèves. Ainsi, depuis la rentrée de septembre 2019, le numérique est au cœur de la pédagogie de cette école

Dans le cadre du dispositif « Tous mobilisés », un logo d’école a été créé à partir de dessins d’élèves. C’est une chouette, symbole de la sagesse dans le monde antique, munie de matériel pédagogique pour rappeler le contexte de l’école, qui a été choisie par les élèves et réalisé par des graphistes. Le slogan associé – Chouette école ! – vient faire écho à cette représentation personnifiée.

Garder du lien avec les élèves et poursuivre les apprentissages pendant le confinement

Pour assurer la continuité pédagogique pendant la période de confinement, les enseignantes de cycle 2 et cycle 3 ont d’abord envoyé tous les soirs aux familles, par mail, un plan de travail.
Rapidement, elles ont expérimenté la classe virtuelle du CNED et proposé un programme sur la journée.
Ainsi, la classe virtuelle du matin était centrée sur les fondamentaux, français et mathématiques. Le premier temps consistait en une présentation de nouvelles notions avec échanges et étayage de l’enseignante pour en faciliter l’acquisition ; dans un deuxième temps, les élèves effectuaient les exercices d’entrainement en autonomie.

En début d’après-midi, les corrections des exercices étaient envoyées aux élèves par mail, charge à eux de s’auto-corriger. Enfin, la classe virtuelle de l’après-midi était aussi consacrée aux questions des élèves permettant ainsi la prise en compte de leurs besoins spécifiques. Elle pouvait également consister en la mise en œuvre de nouvelles notions en histoire, géographie et sciences.

Pour maintenir la cohésion du groupe classe, les enseignantes ont eu une belle idée : créer une salle « récréation » dans la classe virtuelle. Les élèves pouvaient s’y rendre pour discuter entre eux quand ils avaient fini leur travail, ou qu’ils n’étaient pas concernés par ce que faisait l’enseignante avec certains élèves pour assurer la différenciation. C’était un moment de pause, un temps un peu informel, un espace où les enseignantes n’intervenaient pas, même si elles n’étaient jamais très loin !

L’objectif était triple : garder du lien entre élèves, permettre un moment d’évasion dans le cours de la classe et par cet « effet soupape » favoriser leur concentration sur les activités d’enseignement. Il n’est pas anodin de souligner que cette salle « récréation » a pu stimuler certains élèves pour se connecter.

Des activités complémentaires ont également été proposées pour permettre aux élèves de continuer d’apprendre dans cette période. À titre d’exemple, un défi lecture a été mis en place avec la maison d’édition Syros – Les enquêtes de Nino – et a permis de faire lire tous les élèves de cycle 3. Une autre classe a proposé un escape game Harry Potter, projet annuel de la classe, avec des énigmes pour apprendre différentes notions du programme.

Les enseignantes relèvent un point fort de leur pédagogie : les rituels mis en place en classe avant le confinement – en grammaire avec la méthode Picot, en calcul mental notamment – ont permis que les élèves ne se sentent pas perdus dans les premiers jours du travail à distance. En effet, les habitudes de travail posées depuis le début de l’année scolaire et qui ont perduré pendant l’enseignement à distance ont eu un effet rassurant pour tout un chacun et ont fait office de passerelle entre l’enseignement en présentiel et l’enseignement en distanciel. De fait, aucune interruption n’a eu lieu dans les apprentissages et les progressions. Le programme a suivi son cours, réduisant à son minimum la phase de révision au profit d’une continuité des apprentissages d’acquisitions nouvelles.

Enfin, pour évaluer les élèves, les enseignantes ont choisi d’utiliser une application de questionnaire en ligne. Une façon ludique de motiver les élèves qui apprécient cette nouvelle forme d’évaluation.
Maintenir le lien au sein de l’équipe pédagogique pour assurer une cohérence pédagogique

Si maintenir le lien avec les familles et leurs enfants a été une évidence et une préoccupation première de tous les enseignants pendant le confinement, il a paru également essentiel de conserver du lien entre les différents acteurs de l’équipe pédagogique. Ainsi, différentes modalités ont permis à toutes et tous de rester connectés et d’échanger sur les pratiques pédagogiques et la cohérence entre le cycle 2 et le cycle 3, même si l’expérience de visioconférences pour les conseils des maîtres est mitigée pour cette équipe habituée à travailler en étroite collaboration.
S’adapter au déconfinement : entre présentiel et distanciel pour une égalité de traitement des élèves

À partir du 11 mai, les enseignantes ont eu une préoccupation majeure : s’assurer que tous les élèves en présentiel et en distanciel participent à la classe. Par conséquent, elles ont opté pour la mise en œuvre simultanée des classes présentielle et virtuelle afin de garantir une égalité de traitement pour tous les élèves.

Concrètement, les documents relatifs à la séance sont projetés sur le TNI de la classe et une classe virtuelle est ouverte sur un deuxième ordinateur offrant la possibilité aux élèves à distance de suivre tout ce qui se passe en classe - d’écouter et d’intervenir - et à l’enseignante d’être en contact avec eux.
Si dans leur grande majorité les séances semblent pouvoir se dérouler efficacement dans ce nouveau cadre, grâce à l’ingéniosité et au professionnalisme des enseignantes, une limite est cependant relevée : l’enseignement de la géométrie n’est pas facilité car il s’avère difficile pour les élèves d’apprendre à utiliser leurs instruments sans l’exemple concret et visuel de l’enseignante ou d’un camarade.

Pour encadrer l’enseignement, et travailler la compétence des élèves à organiser leur temps de travail, un fascicule, préparé en amont par les enseignantes et remis à chaque élève, propose un descriptif du programme d’enseignement sur une semaine, jour par jour, avec les activités associées. Ainsi tous les élèves de la classe disposent de tous les outils pour réaliser leurs apprentissages qu’ils soient en présentiel ou en distanciel.

Cette solution hybride d’après confinement semble convenir aux élèves comme aux adultes - enseignants et parents - comme en témoigne cette réflexion d’une enseignante : « la classe virtuelle commence à 9h mais tous les enfants sont connectés à 8h20 ! ».

Se projeter pour la rentrée prochaine

Fortes de cette expérience « bousculante » mais néanmoins enrichissante, les enseignantes se voient confirmées dans leur volonté d’enrichir leur pédagogie avec un usage de l’outil numérique qui permette d’impliquer davantage les élèves dans leurs apprentissages. Cartes mentales, courtes vidéos, etc. sont envisagées pour être intégrées dans l’enseignement à la rentrée prochaine. Elles envisagent d’ailleurs d’expérimenter l’ENT dans cette perspective.

Toutes les enseignantes font un même constat : si cette expérimentation leur a permis d’acquérir de nouveaux gestes professionnels qu’elles ne manqueront pas de réinvestir, l’enseignement à distance ne peut remplacer la présence physique de tous à l’école.

Alors, lorsque les élèves demandent à leurs enseignantes si l’année prochaine ils pourront « recevoir et regarder les vidéos des leçons à la maison avant de faire la séance en classe », celles-ci ne peuvent qu’acquiescer, motivées et assurées d’être dans la bonne direction pour leurs élèves, et constater avec fierté qu’ils réinventent tout simplement la classe inversée !

Extrait de ac-paris.fr} du11.06.20

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