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La conférence de presse de rentrée du SNUipp. Le syndicat demande l’annulation des évaluations de CP et CE1 (le Café, ToutEduc)

26 août Version imprimable de cet article Version imprimable

Une rentrée pas comme les autres

C’est autour des conditions de cette rentrée particulière sous Covid que les échanges ont principalement porté lors de la conférence de presse de rentrée du SNUipp-FSU. Mais d’autres sujets comme celui des évaluations nationales standardisées, des salaires enseignants, de l’éducation prioritaire ou encore de la direction d’école étaient également au menu de ce rendez-vous annuel. Le syndicat a rappelé la nécessité d’un autre projet pour l’école, synonyme de justice et d’égalité, améliorant les conditions de travail des personnels et d’apprentissage des élèves, particulièrement dans la période.

Le communiqué de presse du SNUipp-FSU
UNE RENTRÉE PAS COMME LES AUTRES
Rarement une rentrée scolaire ne se sera préparée avec autant d’incertitudes pour les enseignantes et les enseignants, les parents, les élèves et les collectivités territoriales. Le ministre ayant beau affirmer sur les plateaux télé que tout est prêt, la réalité est bien différente.
A l’heure où le SNUipp-FSU tient sa traditionnelle conférence de presse, la préparation de la rentrée se fait avec un protocole sanitaire datant du mois de juillet à un moment où l’épidémie ne connaissait pas la forte hausse de contaminations de ces derniers jours.

Pourtant des bilans à tirer de cette période traversée au printemps dernier auraient dû guider la préparation de cette rentrée avec bien plus de rigueur et d’ambition.

Cette rentrée est d’autant plus importante, que l’année scolaire dernière a été particulièrement difficile pour les enseignantes et les enseignants, les élèves et les familles. Si les personnels ont apprécié de retrouver et finir l’année avec leurs élèves, cela n’a pas été sans poser de nombreuses difficultés aux familles et aux équipes. Après ce qu’a pu vivre l’école l’année dernière, il convient donc, de démarrer sur des bases solides, de tirer les leçons du confinement pour « prendre soin » de l’école, des élèves et de tous ses acteurs.

Les personnels des écoles ont su se mobiliser et montrer leur capacité d’adaptation dans une situation inédite alors qu’ils n’étaient que trop peu accompagnés notamment matériellement par leur institution. L’enquête que le SNUipp-FSU a conduite avec l’institut Harris Interactive, confirmée par celle de la DEPP parue en juillet, démontre que de nombreuses PE ont eu du mal à exercer leur métier, avec des consignes peu claires du ministère, arrivées tardivement, souvent contradictoires et les amenant à porter seuls l’école à bout de bras. Rien ne semble avoir changé de ce point de vue, puisqu’à moins d’une semaine de la rentrée, les consignes restent encore bien floues.

Dans le même temps, les inégalités sociales et scolaires de notre pays ont été mises en lumière dans cette période qui a pu les aggraver que ce soit par les conditions de logements des familles, leurs équipements matériels ou encore par leur possibilité d’accompagner la scolarité des enfants.

Aussi la priorité de cette rentrée est d’accueillir tous les élèves dans les meilleures conditions possibles qui permettent la sécurité sanitaire des enfants, de leurs parents, des enseignantes et enseignants, des ATSEM, des AESH et des personnels municipaux. Toutes et tous doivent pouvoir assurer leurs missions dans la confiance et la sérénité.
Il s’agit bien de retrouver l’école pour tous et toutes, durant toute l’année scolaire. Les personnels comme les familles ne souhaitent pas d’une scolarité en pointillé.

L’école de notre pays souffre d’un sous-investissement chronique en regard des pays comparables de l’OCDE. Encore plus qu’avant, aujourd’hui, elle a besoin de plus de personnels spécialisés comme les RASED, de plus de maîtres, de travailler en petits groupes d’élèves, de réduire les effectifs dans toutes les classes, d’une véritable formation continue ou encore d’un équipement informatique fonctionnel pour les personnels. Pour l’heure, le ministre répond en maintenant des évaluations standardisées largement remises en cause et montrant la défiance envers les équipes pour choisir les outils d’évaluation adaptés à leurs élèves. De même avec la publication de guides souhaitant encadrer la pédagogie menée dans les classes. L’urgence est de retrouver le goût d’apprendre et de recréer des liens pédagogiques dans un cadre collectif. La question de la rémunération reste également toujours à l’état de promesse sans mesures concrètes.

Pour réduire les inégalités, il est aussi urgent de prendre le temps des bilans, de consulter et de construire ensemble avec tous les acteurs et actrices de l’école, de dégager les moyens nécessaires… Sans cela c’est la perte de sens du métier mais aussi le renoncement pour une partie des élèves qui seront laissés sur le bord du chemin.

C’est sans conteste une rentrée peu ordinaire qui nous attend et le ministre n’en prend pas la mesure. Pourtant l’école a souffert et il est urgent d’en prendre soin.
L’école de demain ne peut être celle d’hier.

Extrait de snuipp.fr du 25.08.20

 

Pour le Snuipp Fsu, la rentrée est "hors norme"
"Le ministère ne prend pas la mesure de la situation". Le 25 août c’était le jour de la rentrée pour le Snuipp Fsu. Guislaine David, Régis Metzger et Arnaud Malaisé, co-secrétaires généraux, ont fait le point sur une rentrée dominée par la crise sanitaire. Pour autant d’autres questions sont soulevées par le syndicat comme la revalorisation ou l’évolution de la fonction de directeur.

L’héritage de la crise sanitaire

"Les enseignants ont porté seuls l’Ecole à bout de bras durant le confinement", a rappelé G. David. Un sondage réalisé par le syndicat montre que 3 enseignants sur 4 a été mis en difficulté par l’obligation d’inventer une autre façon d’enseigner. Mais au final, le syndicat enregistre du positif : de meilleures relations avec les parents et les collectivités locales.

Il y a aussi du négatif. "Le niveau des écoles va être plus hétérogène", rappelle G David qui souligne aussi l’aggravation des inégalités sociales. "Le ministère n’a pas fait le bon choix avec le principe du volontariat des familles" pour le retour à l’école. "Ila exclu les élèves de milieu populaire".

Un protocole inadapté

Mais c’est le protocole sanitaire qui aujourd’hui occupe les esprits. "Le protocole ne permet pas une rentrée sereine", estime G David. Le Snuipp Fsu demande au ministre "d’imposer le non brassage des groupes d’élèves", en expliquant que c’est la seule façon de controler les mises en quarantaine. Le protocole recommande de ne pas brasser les élèves mais ne l’impose pas. Le syndicat veut aussi que la désinfection des locaux soit plus fréquente. Dans le protocole les locaux, et même les objets touchés par de nombreux élèves comme les poignées, ne sont nettoyées qu’une fois par jour. Pour le Snuipp les adultes doivent porter le masque, y compris en maternelle. Le syndicat déplore "qu’aucun enseignement n’ai été tiré en matière d’hygiène". Il n’y a pas eu de travaux dans les écoles pour augmenter les points d’eau. Sur la question du port du masque par les enfants, le syndicat attend une directive médicale claire. Le protocole ne le prévoit pas dans le 1er degré.

De nombreuses questions sanitaires restent sans réponse : peut-on mélanger les élèves durant la récréation, faut-il décaler les heures de rentrée pour éviter le brassage, les sorties scolaires (la piscine par exemple) sont-elles autorisées, les parents pourront-ils entrer dans l’école le jour de la rentrée ?

Des instructions à coté de la plaque

Le Snuipp Fsu dénonce aussi les pressions exercées sur les enseignants alors que cette rentrée devrait cultiver la sérénité. Au lieu de laisser le contact avec les élèves se renouer, les évaluations nationales sot imposées. "On a demandé au ministre de les annuler", dit G David. Le syndicat dénonce aussi les pressions pédagogiques : les enseignants doivent avoir rattrapé le retard de 2019-2020 à la Toussaint.

Postes et revalorisation

Une rentrée sereine passerait aussi par la création de postes. Le Snuipp s’inquiète des suppressions de postes de Rased et de maitres +. "La revalorisation est en suspens". Le chantier des directeurs d’école aussi. Les directeurs pourront gérer 90h sur les 108h annuelles et le ministère promet un allègement des charges administratives. Une prime a été promise pour cet automne mais rien n’a bougé depuis cette annonce. Une circulaire va confirmer ces annonces et fixer un calendrier de mise en oeuvre.
F Jarraud

Extrait de cafepedagogique.net du 26.08.20

 

SNUIPP : permettre aux élèves de reprendre confiance

Malgré la Covid, le SNUIPP n’a pas dérogé à la tradition et le syndicat FSU du 1er degré a ouvert la série des traditionnelles conférences de presse de la rentrée. Cette année, les questions d’ordre sanitaire sont clairement prioritaires, mais n’excluent pas celles qui sont d’ordre pédagogique. Les enseignants sont "satisfaits de retrouver leurs élèves" mais ils s’inquiètent de l’accroissement des inégalités après la longue période de confinement de l’an dernier. L’élève qui voit ceux de ses camarades qui ont trouvé dans leur famille davantage de soutien et qui réussissent mieux que lui ne risque-t-il pas de "baisser les bras" ? Raison de plus pour remettre en question les tests de CP et CE1, encore plus anxiogènes dans ce contexte. "Nous soutenons les enseignants qui refuseront de les faire passer et nous demandons leur suppression."

Autre sujet d’interrogations, avant les annonces d’une éventuelle évolution du protocole sanitaire, Jean-Michel Blanquer semblant considérer que celui qui a été publié au mois de juillet est suffisant, les risques pour le fonctionnement des écoles liés au brassage des élèves. Si tous les élèves se croisent, partagent les mêmes aires de jeu, les mêmes ballons ..., il suffira d’une suspicion de contamination pour que tous les enfants et tous les personnels doivent être testés, voire confinés. "Or, on le sait, à la rentrée, les enfants multiplient les rhumes et les ’gastro’ dont les symptômes peuvent être proches de ceux de la covid." Le SNUIPP demande donc que soit affirmé le principe de non brassage des groupes, de façon que, en cas de doute, le nombre d’enfants et de personnels concernés soit limité. L’organisation syndicale demande également que soient précisées les règles concernant l’aération des locaux, leur nettoyage et désinfection, le port et la fourniture de masques, et il regrette que, dans de nombreuses communes, des travaux "de grande ampleur" rendus encore plus nécessaires par l’épidémie, n’aient pu être entrepris, notamment pour les sanitaires qui sont des foyers d’infection. "On est en attente d’un protocole plus strict", et le syndicat liste les questions sans réponses, au sujet des récréations, des transports, de la piscine, des entrées et des sorties qui pourraient être décalées pour éviter les attroupements d’enfants et de parents, ceux-ci d’ailleurs peuvent-ils accompagner leurs enfants jusqu’à la porte de la classe ?, etc.

Le SNUIPP s’inquiète aussi des déclarations du ministre indiquant que tout est prêt en cas de reconfinement, et notamment que "des centaines d’heures" de cours ont été enregistrées pour diffusion éventuelle sur France 4, alors que seuls 5 % des enseignants déclarent avoir utilisé cette ressource au printemps dernier, jugeant le modèle pédagogique très formel et mal adapté pour s’inscrire dans la continuité de ce qui avait été fait en classe. Un motif de satisfaction pourtant, "la covid a changé la nature des relations avec les parents" et des "liens privilégiés" ont été établis. C’est aussi le cas avec certaines municipalités, mais avec d’autres, les relations sont "complexes".

Extrait de touteduc.fr du 25.08.20

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