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Souâd Ayada, présidente du CSP, défend avec force sa vision de la maternelle mais est ouverte à une inflexion du programme par le ministère

3 mars Version imprimable de cet article Version imprimable

" La maternelle, une école à part entière »
TRIBUNE
Souâd Ayada
présidente du Conseil supérieur des programmes de l’éducation nationale

Le Conseil supérieur des programmes est vivement critiqué pour ses propositions concernant l’enseignement à l’école maternelle. Sa présidente défend, dans une tribune au « Monde », sa vision de la maternelle comme l’école de la préparation à l’acquisition des savoirs fondamentaux.

Tribune. Depuis que le Conseil supérieur des programmes (CSP) a publié, en décembre 2020, une note d’analyses et de propositions sur le programme d’enseignement de l’école maternelle, il est l’objet de virulentes attaques. Quelles idoles le Conseil que je préside a-t-il fait chanceler ? Quelles croyances dévotes a-t-il ébranlées ? La violence des accusations – ses détracteurs n’hésitant pas à manier les contrevérités et les procès d’intention – est le signe qu’un totem, foyer de tabous depuis 2015, est pour la première fois bousculé.

Le CSP a eu l’outrecuidance de soumettre le programme de l’école maternelle à cet esprit d’examen qui le guide dans tous ses travaux, le libère des préjugés et des allégeances aux castes. Tel est le seul grief que l’on puisse lui adresser à la lecture de sa note. L’instruction obligatoire dès 3 ans a force de loi. Est-il scandaleux de vouloir saisir l’esprit de cette loi ?

La première partie de la note montre que la loi ne bouleverse pas les missions dévolues à la maternelle. Elle fait cependant l’hypothèse que la loi invite à renforcer ces missions, l’accueil de tous les enfants et l’initiation progressive aux apprentissages scolaires. Elle souligne que l’équilibre entre différents objectifs – le bien-être affectif des enfants, leur développement moteur et psychologique, leur ouverture sensible au monde et à la culture, et l’acquisition de premiers savoirs et savoir-faire – exige de l’institution qu’elle forme mieux les professeurs aux spécificités de la maternelle et leur assure des conditions d’exercice adaptées.

Le CSP est-il coupable de prendre au sérieux l’école, le devoir d’instruire qui lui incombe et les attentes que les familles, notamment les plus démunies, placent en elle ?

Antichambre de l’école élémentaire
On nous reproche de faire de la maternelle l’antichambre de l’école élémentaire et de lui fixer un seul objectif : préparer aux savoirs fondamentaux. Il est étrange de vouloir couper le premier cycle des apprentissages de toute finalité, comme s’il formait le terme de la scolarité obligatoire. De même que le collège trouve sa destination dans le lycée, de même l’école élémentaire s’oriente vers le collège. Faut-il que l’école maternelle n’ait aucun but à l’horizon ? Il est étonnant que nos détracteurs traitent avec mépris les savoirs fondamentaux, savoirs qui n’excluent nullement l’apprentissage des autres mais qui sont nécessaires pour accéder à tous les savoirs dispensés à l’école élémentaire et au collège.

[...] Nous espérons que le ministère de l’éducation, résistant aux intimidations et au conservatisme de ceux qui déclarent le programme d’enseignement de l’école maternelle intouchable, infléchira ce qui, dans ce programme, mérite de l’être, au plus grand bénéfice des enfants.

Extrait de lemonde.fr du 02.03.21

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