> 10 - AGENDA > 51- Archives > Revue de presse : archiv. 2008-2001 (non classées en rubriques (...) > Revue de presse. Archives 2008 à 2004 > année 2006 > juillet 2006 > 03.07.06 - Le point sur le recrutement des enseignants référents en réseau (...)

Voir à gauche les mots-clés liés à cet article

03.07.06 - Le point sur le recrutement des enseignants référents en réseau Ambition réussite

3 juillet 2006 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrit du diter du Figaro ler 30.06.06 : Un millier de « superprofs » recrutés par l’Éducation nationale

Pour son nouveau dispositif contre l’échec scolaire au collège, le ministère recherche surtout des enseignants du primaire.

JOCELYNE VOITEL fait partie des mille « superprofs » que le ministère de l’Éducation nationale va nommer dans les zones d’éducation prioritaire (ZEP) d’ici à la semaine prochaine. Enseignante en primaire depuis trente ans, cette femme expérimentée viendra renforcer dès la rentrée de septembre l’équipe du collège André Malraux d’Asnières (Hauts-de-Seine).

JOCELYNE VOITEL fait partie des mille « superprofs » que le ministère de l’Éducation nationale va nommer dans les zones d’éducation prioritaire (ZEP) d’ici à la semaine prochaine.
Enseignante en primaire depuis trente ans, cette femme expérimentée viendra renforcer dès la rentrée de septembre l’équipe du collège André Malraux d’Asnières (Hauts-de-Seine). Cet établissement de 850 élèves ceint de hautes barrières blanches peu avenantes et entouré de HLM cumule les difficultés. L’an dernier, il a été classé « ambition réussite » pour bénéficier de moyens supplémentaires.

Cinquante à cent élèves en grand échec scolaire devraient bénéficier du soutien de Jocelyne Voitel. « Il y a longtemps que je m’intéresse à l’échec scolaire, dit-elle. J’ai toujours monté des projets pour redonner confiance, motiver des enfants qui ne font plus rien. Ce métier n’a pas grand sens lorsqu’il s’agit de faire avancer des enfants qui roulent tout seuls ! Je me sens plus utile dans l’adversité. »
En contrepartie d’un contrat de cinq ans, elle devrait voir sa carrière accélérée. « Ce n’est pas ma motivation première, précise-t-elle, d’autant plus que cela reste très flou... »

Elle a aussi été sollicitée par son inspecteur d’académie parce qu’elle vient de l’enseignement primaire. Alors qu’elle apprenait à lire à des élèves de cours préparatoire, elle sera l’an prochain confrontée à des adolescents en grande difficulté. « Il s’agira de leur faire rattraper les marches manquées en primaire en terme d’apprentissage de la lecture ou de la grammaire, par exemple. Nul mieux qu’un enseignant de primaire ne peut le faire ! », estime Nicolas Renard, le chef d’établissement. « Il faut également mieux préparer les élèves de ZEP qui passent du primaire au secondaire : pour eux, la transition est particulièrement rude », précise Jocelyne Voitel qui coordonnera aussi des projets dans sept écoles primaires du secteur.

Rattraper les marches manquées en primaire

L’emploi du temps des élèves sera géré avec la plus grande liberté, quitte à les retirer des cours habituels pour faire du soutien intensif et personnalisé pendant trois jours, une semaine, voire davantage. Autre projet innovant : dès septembre, trois classes de sixième suivront trois heures de français le matin pendant trois semaines afin de consolider les acquis d’élèves souvent fragiles. « On expérimente, car nous patinons souvent avec les élèves en grande difficulté », explique Nicolas Renard.

Pour l’instant, les rectorats ont recruté environ 800 enseignants sur les 1 000 postes mis à disposition par le ministère. Dans les Bouches-du-Rhône et en Seine-Saint-Denis où de nombreux postes restent à pourvoir, le dispositif n’a pas toujours été bien accueilli par les syndicats d’enseignants. Par ailleurs, le vivier de candidats expérimentés n’est pas très abondant dans ces académies, souligne Pierre Polivka, le responsable national des ZEP au ministère. « Mais d’ici à la mi-juillet, on aura recruté tout le monde », prédit-il.

Le « superprof » de ZEP a généralement l’expérience de publics hétérogènes. « On a recruté beaucoup de profs de maths, de langues et de français, mais aussi de sport, précise Pierre Polivka. On privilégie ceux qui ont de l’expérience, mais pas forcément des cheveux blancs ! »
Ceux qui, comme Jocelyne Voitel, ont déjà enseigné dans le primaire sont particulièrement recherchés. Car le ministère de l’Éducation nationale est convaincu qu’en ZEP, l’objectif essentiel consiste à assurer la continuité entre le primaire et le collège.

Marie-Estelle Pech

Répondre à cet article