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« Le Monde » a lu le rapport des IG sur les ZEP

27 décembre 2006 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extraits du « Monde », du 18.12.06 : Recentrage sur les 249 collèges les plus en difficulté

Vingt-quatre ans après leur création, malgré les bilans intermédiaires et les tentatives de réforme de la réforme, le système des zones d’éducation prioritaires est usé.

Pour le vieux principe égalitariste de l’éducation nationale et républicaine, 1981 a été une année de rupture. S’inspirant d’expériences déjà tentées en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis dans les années 1960 et 1970, le gouvernement de l’époque casse le principe d’une égalité de moyens : chaque individu ne recevra pas de l’Etat le même investissement en matière d’éducation.
L’idée est de corriger les effets des inégalités sociales, économiques et culturelles en renforçant l’action éducative là où l’échec scolaire est le plus élevé.

Le gouvernement crée les zones d’éducation prioritaires (ZEP), pour lesquelles des moyens extraordinaires sont débloqués. Alain Savary, ministre de l’éducation nationale, précise alors : "La démocratisation du système éducatif et la lutte contre les inégalités sociales doivent se concrétiser par davantage de moyens et surtout une plus grande attention pour ceux qui en ont le plus besoin." Les ZEP seraient donc des "machines" à réduire les inégalités sociales. Les moyens supplémentaires accordés aux établissements scolaires concernés prennent généralement la forme de primes pour les enseignants et d’une réduction des effectifs par classe.

La France se classe ainsi parmi les premiers pays de l’OCDE en termes d’effort financier dans le domaine de l’éducation (7 % du PIB). En 2006, l’éducation nationale demeure le premier budget de l’Etat avec 22,5 % du budget général.

Vingt-quatre ans après leur création, malgré les bilans intermédiaires et les tentatives de réformes de la réforme, le système des zones d’éducation prioritaires est usé. L’écart des résultats scolaire entre les élèves de ZEP et hors ZEP n’a pas été réduit. Pis, le récent rapport corédigé par l’inspection générale de l’éducation nationale et l’inspection générale de l’administration et de la recherche souligne des effets pervers, "comme la ’stigmatisation’ conduisant à ’l’évitement’ par les catégories sociales" (contournement de la carte scolaire) et "les résultats insuffisants en matière d’orientation des élèves au-delà du collège".

"Les moyens supplémentaires ont été trop dispersés", souligne le rapport. Le plan de relance pour la rentrée 2006 de Gilles de Robien, ministre de l’éducation nationale, recentre donc les moyens sur les établissements les plus en difficulté. Le classement des établissements des ZEP est modifié : parmi eux, 249 collèges sont classés "ambition réussite". En 2006, un millier de professeurs expérimentés devaient rejoindre ces collèges. Déchargés de 50 % de leur temps de classe, ils doivent également former leurs plus jeunes collègues. Ces collèges bénéficient également de l’arrivée de trois mille assistants pédagogiques.

Sans surprise, la réforme a suscité une vise opposition des syndicats. Ils dénoncent un simple redéploiement de moyens. Pourtant, Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, dresse également un bilan mitigé des ZEP : "Les résultats ne sont pas ceux qui étaient attendus."

L’éducation nationale manquerait toujours de moyens pour réaliser ses objectifs."Il est nécessaire d’investir sur les zones les plus difficiles. Mais il est également indispensable de ne pas enlever des moyens à celles qui ont la tête hors de l’eau", précise M. Aschieri. D’autres voies doivent être explorées, estime le syndicaliste, par exemple en ce qui concerne "la formation des personnels" dans le domaine de la pédagogie. "La culture scolaire traditionnelle peut être socialement très sélective. La dissertation est un genre lié à une certaine couche sociale. On savait implicitement ce que c’était que le beau, que la méthode de la dissertation. Or là, on a des élèves qui ne sont pas issus de cette couche sociale. Il faut redonner du sens, réfléchir à la hiérarchie des disciplines. La technologie a-t-elle une place moindre que les mathématiques ?"

Des failles également détectées par les experts des deux inspections, qui soulignent un "pilotage défaillant", un manque de souplesse et "d’autonomie" à l’égard de l’éducation nationale. Il est nécessaire que "cette politique ne s’enferme pas non plus dans la routine, conclut le rapport. Elle devra faire l’objet d’adaptations permanentes".

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