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03.01.07 - Deux monographies sur les émeutes urbaines de 2005

3 janvier 2007 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extraits du site du Centre d’analyse stratégique, le 02.01.07 : "Enquête sur les violences urbaines : comprendre les émeutes"

Rapport final "Enquête sur les violences urbaines : comprendre les émeutes"- Exemples d’Aulnay-sous-Bois et de Saint-Denis

Ces études de terrain ont été menées à la demande du Centre d’analyse stratégique par deux équipes de sociologues entre avril et octobre 2006. Elles permettent de mieux comprendre les émeutes d’Aulnay-sous-Bois et de Saint-Denis.

Le Centre d’analyse stratégique rend publiques deux études monographiques sur les violences urbaines.

Ces études de terrain ont été menées à sa demande par deux équipes de sociologues entre avril et octobre 2006. Elles permettent de mieux comprendre les émeutes d’Aulnay-sous-Bois et de Saint-Denis.

Pourquoi certaines communes ont connu des épisodes de grande violence, là où d’autres, situées à proximité et se trouvant a priori dans une situation sociale et économique comparables, restaient au contraire largement épargnées ? Deux sites ont été retenus, tous deux situés en Seine-Saint-Denis, la commune d’Aulnay-sous-Bois, qui a connu un épisode de violence d’une particulière intensité au tout début du mois de novembre 2005, et la commune voisine de Saint-Denis, moins touchée.

Comprendre les émeutes de novembre 2005 :

L’exemple d’ Aulnay-sous-Bois

L’exemple de Saint-Denis

Consulter le dossier de presse

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Un extrait du document sur Aulnay-sous-Bois :

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L’école : l’échec de l’orientation et le manque de moyens

La question de l’orientation scolaire paraît centrale à travers les témoignages de quelques jeunes que nous avons rencontrés. Que nous disent ces jeunes ? Ils décrivent un système où, à la fin de la 3e, l’orientation se fait de manière extrêmement arbitraire.

On leur demande, à 14 ou 15 ans, ce qu’ils veulent faire comme métier et nous disent-ils, ils n’en ont aucune idée. Leurs parents sont incapables, le plus souvent, de les aider et ces jeunes dénoncent le fait qu’on ne leur donne aucune information sérieuse et documentée, tout au long de leur scolarité, sur les métiers et les différentes filières de formation qui y conduisent. Ces jeunes se sentent donc complètement sous-informés et incapables de faire eux-mêmes les choix qu’on leur demande de faire. Alors, naturellement, les choix sont faits à leur place, ce qui, le plus souvent, débouche sur un mauvais résultat, une profonde insatisfaction qui conduit au découragement, à la démotivation et souvent à l’abandon ou à l’échec.

« On m’a dit, tu vas être boulanger. Je voulais faire général. On m’a dit fait ISI (Initiation sciences de l’ingénieur). Il n’y a que la moitié qui m’intéressait. J’ai été démotivé. J’ai plus été qu’à la moitié des cours. On choisit à notre place ». (Mohamed, 19 ans).

« À la fin de la 3e, j’ai voulu faire un BEP-ven te. Le Conseil d’orientation m’a posé des questions : pourquoi celui-là ? J’ai été admis mais pas en vente, en compta. J’ai pas compris pourquoi. J’ai été démotivé. C’était mal parti, la compta c’est pas mon truc, ça me plaisait pas beaucoup j’ai voulu changer. J’ai été en maintenance, mais j’avais des allergies, je pouvais pas aller en ateliers, à la fin de l’année, j’ai pas eu le BEP. Alors, j’ai fait mes propres recherches et j’ai trouvé un BEP-vente en 1 an ». (Nordine, 19 ans).

La critique de l’école se fonde aussi sur le sentiment que, dans ces quartiers et dans les lycées les moins favorisés (le lycée Voillaume dans notre cas), on manque de tout. Ces jeunes contestent l’idée que ces lycées, situés en ZEP, soient mieux dotés :

« Y’avait pas d’encadrement, il manquait des surveillants, il manquait des... tables, il manquait des profs, y’avait beaucoup d’profs qui étaient absents y’avait personne pour les remplacer, il manquait des sièges, il manquait tout, à partir de ce moment-là les profs ils ont fait des grèves, ils ont organisé des... et ça a duré 3 mois, et pendant ces 3 mois-là nous on faisait quoi ? On regardait, on allait à 8 h du matin au collège, au lycée, on voyait « ah, ce prof-là, il est pas là, ce prof-là, il est pas là, ce prof-là il est pas là... », donc, euh... bon forcément, sur le coup, on est content, on va dormir, on s’dit demain, on va dormir, on va aller, on va passer une après midi, en plus il était, dans une période où à c’t’époque-là il faisait chaud, c’était période février-mars-avril, il faisait chaud ». (Mohamed, 19 ans).

Plus généralement, s’exprime le sentiment d’une relégation scolaire, le fait d’être cantonnés dans des « lycées pourris », qui résulte de la compétition scolaire et d e la volonté d es établissements de sélectionner les meilleurs.

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