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La santé des habitants de ZUS d’après l’enquête décennale Santé 2002-2003 et le rapport 2005 de l’Onzus

7 mars 2007 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extraits du « Bulletin d’information en économie de la santé » de janvier 2007 : Des indicateurs de santé moins favorables pour les habitants des Zones urbaines sensibles

Caroline Allonier, Thierry Debrand, Véronique Lucas-Gabrielli, Aurélie Pierre

La création des Zones urbaines sensibles (ZUS) répond à un phénomène de ségrégation spatiale, correspondant au regroupement, dans une zone déterminée, de personnes défavorisées. Cette ségrégation peut affecter l’état de santé du fait de la concentration de la pauvreté et d’une moindre qualité de l’habitat et de l’environnement. L’objectif de cette étude est de décrire l’état de santé des habitants des ZUS, à partir des données de l’enquête décennale Santé 2002-2003.

D’après cette enquête, près du tiers des résidents en ZUS (32 %) se jugent en mauvaise santé contre un quart des personnes qui ne vivent pas en ZUS (26 %). Ils sont respectivement près de 23 % et de 20 % à déclarer au moins une incapacité.

Les analyses, toutes choses égales par ailleurs, confirment que le fait de vivre en ZUS augmente la probabilité de se déclarer en mauvaise santé. En croisant le fait de vivre en ZUS avec le statut d’occupation des logements, la situation apparaît plus défavorable pour les locataires et plus particulièrement pour ceux qui résident dans un logement social.

Les déterminants de l’état de santé (l’âge, le sexe, la catégorie socioprofessionnelle, le niveau d’études...) sont globalement identiques pour les habitants des ZUS et ceux vivant hors ZUS mais leur impact semble renforcé en ZUS.

Les Zones urbaines sensibles (ZUS) constituent l’une des principales cibles de l’action publique en ce qui concerne la politique de la ville. Elles correspondent à un phénomène de ségrégation spatiale comprenant une séparation physique et sociale entre des populations différentes. Cet isolement résidentiel d’une partie importante de la population urbaine (environ 10 %) qui regroupe un grand nombre de personnes défavorisées, peut constituer un environnement de désavantage social. Ce type d’environnement peut créer des situations d’inégalités collectives qui viennent renforcer les inégalités individuelles.

Le rapport 2005 de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles met en évidence des problèmes plus fréquents de visions, de surpoids et de caries dentaires chez les jeunes enfants qui y habitent. Ces premiers résultats nous amènent à nous interroger plus généralement sur l’état de santé des personnes vivant dans une ZUS.

À partir des données de l’Enquête santé 2002-2003 de l’Insee, nous décrivons l’état de santé de la population adulte résidant en ZUS. Nous le comparons à celui des personnes ne vivant pas en ZUS - mais dans une agglomération qui en contient au moins une - et nous cherchons à comprendre si le fait de vivre dans ces quartiers aggrave l’état de santé de ses habitants, indépendamment des caractéristiques individuelles (âge, sexe, caractéristiques socio-économiques). Étant donné l’importance du parc locatif et plus particulièrement du parc locatif social en ZUS, nous croisons la zone d’habitation avec le statut d’occupation du logement, afin de mesurer le double impact « statut d’occupation » et « localisation géographique ». Nous étudions ensuite l’influence des facteurs socio-économiques sur l’état de santé dans les deux zones d’habitation afin de comparer si les déterminants de l’état de santé sont les mêmes en ZUS et hors ZUS.

Institut de recherche et documentation en économie de la santé

10, rue Vauvenargues 75018 Paris ; téléphone : 01 53 93 43 02/17

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Cette information est extraite du Bulletin du CERC n° 122 du 5 mars 2007-03-06

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