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20.06.07 - Eric Ferrand (mairie de Paris) dénonce « un assouplissement opaque » de la carte scolaire

20 juin 2007 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait du « Monde » du 20.06.07 : Carte scolaire : "Si un collège souffre, ce n’est pas avec des dérogations qu’on lui donne du muscle"

D’après le rectorat de Paris, l’élargissement des conditions de dérogation à la carte scolaire, annoncées par le candidat Sarkozy et décidées par Xavier Darcos, n’a pas provoqué la ruée que beaucoup annonçaient. En qualité d’adjoint (MRC) au maire de Paris, êtes-vous rassuré ?

Pas du tout ! Sur les 2 000 demandes formulées en moyenne chaque année, l’académie en accorde la moitié. Cette fois, la totalité devrait être acceptée. On nous dit que cela ne représenterait que quelques dizaines d’élèves par établissement. Mais tout le monde sait que certains d’entre eux sont bien plus demandés que les autres, et que la pression ne sera pas harmonieusement répartie.

On nous dit aussi que ce sera "dans la limite des places disponibles", mais nous savons déjà que certains collèges du centre, pour faire face à l’afflux des demandes, auront des classes supplémentaires.

Pourquoi êtes-vous attaché à ce système contraignant de carte scolaire, qui indispose beaucoup de familles ?

Mais l’égalité républicaine implique des contraintes ! Défendre l’école publique, c’est lui apporter les moyens nécessaires pour que l’enseignement soit de qualité.
Il règne une hypocrisie incroyable.

Voyez la carte des enseignements : les options recherchées et les langues rares sont concentrées sur le centre et l’ouest de Paris. Au niveau national, 90 % des classes préparatoires sont en dehors des zones sensibles, où sont situés 90 % des lycées professionnels ou techniques. Si des parents jugent que leur collège de quartier n’est pas assez bon, il faut en faire le diagnostic et apporter des remèdes. Mais encourager le contournement n’est pas la bonne réponse.

Si un collège souffre, ce n’est pas en signant des dérogations tous azimuts qu’on lui redonne du muscle.
Il faudrait oser parler de la diminution des effectifs par classe dans les collèges difficiles ! Il est de bon ton de gloser sur le succès du privé. Mais depuis trois ans que la Ville de Paris a compétence sur la sectorisation, la part d’inscriptions dans le privé a stagné, alors qu’elle était en constante augmentation ces dernières années.

Justement, ces responsabilités confiées aux conseils généraux en 2004 vous ont permis d’engager une refonte de la sectorisation des collèges. Or, celle-ci devrait être bientôt supprimée...

Quelle absurdité ! On nous confie une responsabilité par la loi pour nous la retirer juste après, sans légiférer. Pour notre part, nous continuons à travailler : je préside les commissions de concertation qui réunissent les chefs d’établissement, les parents, l’académie de Paris et les élus, où chacun peut faire des propositions.

Nous agissons pour l’équilibre des effectifs entre établissements et la mixité sociale. La concertation que nous pratiquons, c’est exactement ce qui manque dans la façon de faire du ministre : lui, il décide d’abord et il rencontre après. On a le sentiment que tout est ficelé. Il n’y a pas de commission d’examen des dérogations dans l’académie. Par conséquent, tout cela est parfaitement opaque, l’application des critères est invérifiable.

Propos recueillis par Luc Cédelle

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