Ce reportage dresse un tableau dramatique de la principale innovation du plan de Robien : la création d’une nouvelle fonction, celle de professeur référent dans les réseaux Ambition Réussite. Entre des référents à qui on ne donne rien à faire et leurs collègues qui « ignorent ce qu’ils font », le reportage cite comme « rose », la situation du collège qui a su les occuper avec un mi-temps et du soutien scolaire ! Ces emplois sont décrits comme des moyens supplémentaires, au service des seuls collèges et pas du tout des écoles ou du réseau dans on ensemble et le problème semble être de les occuper !
Ce reportage recoupe un texte publié le 17 avril dans cette revue de presse : la prise de position d’une section SNES du collège "Le Nain" de Montreuil.
Ce tableau et cette prise de position mettent en cause la capacité de la hiérarchie intermédiaire - Délégués académiques, Inspections d’Académie, IPR, Inspecteurs de circonscription, Principaux de collèges - à engager une transformation des pratiques professionnelles capables de produire de la réussite scolaire. Dans les situations décrites, l’institution n’a pas été capable d’expliquer les nouvelles fonctions de référents et d’y attirer ceux qui étaient susceptibles de s’y engager.
Il montre aussi, dans ces mêmes situations, la médiocrité des attentes d’un milieu enseignant qui n’imagine pas que ses pratiques professionnelles pourraient évoluer et comment des professeurs référents pourraient y contribuer !
Je ne sais si ce reportage qui recoupe certains témoignages entendus lors de Rencontres de l’OZP reflète mieux la réalité que d’autres récits plus encourageants, mais si l’institution ne se mobilise pas pour qu’à la prochaine rentrée les professeurs référents et la hiérarchie ne son t pas plus au clair sur leurs fonctions on pourra parler du sabotage d’une réforme que l’OZP avait pourtant approuvée.
F R Guillaume
Il est nécessaire que le PNRU prenne en charge les affaires scolaires. On constate que ce programme national de rénovation urbaine le fasse dans certaines ZEP, comme à Trélazé (Maine-et-Loire). D’autres exemples ont été apportés lors de la rencontre nationale des acteurs du PNRU au début 2007.
Cependant, il semble que la majorité des opérations entraînant des relogements n’envisagent d’aucune façon les problèmes scolaires engendrés par les déplacements de population : ni le moment du déménagement (n’importe quand au cours de l’année scolaire) ni ses conditions (examen des moyens de favoriser la mixité sociale à ce moment unique) ni les aspects techniques et pédagogiques (au départ, la disparition progressive d’élèves et la préparation de ceux-ci aux changements) ni à l’arrivée (augmentation progressive du nombre d’élèves et accueil et intégration).
Tous ces éléments peuvent - donc doivent - être réfléchis avant et être mis en oeuvre avec intelligence.
Les équipes MOUS de relogement ne sont ni formées ni informées de ces questions qui leur apparaissent hors de leur champ de compétence et, surtout, sans aucun intérêt.
Espérons que cette journée n’oubliera pas l’école.
A. Bourgarel
Payer plus les profs et donner moins de moyens, laisser les plus mal lotties dans leur condition et les plus favoriser s’echapper.
Bref diviser.
Lorsque monsieur Darcos évoque les " zones repérées qui sont figées, où les gens ne veulent pas aller" il devrait aussi parler de ces "gens" qui n’ont jamais voulu y aller et qui y sont, et pour un grand nombre y resteront. Quelques très bons élèves pourront peut-être déroger à ces guettos à condition d’être acceptés ailleurs. Le guetto de départ sera ainsi renforcé.
Monsieur Darcos pense peut être que "quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage".
S. GROSSE
mieux vaudrait ne pas lire ce texte indigne (je parle de ce "témoignage" publié par le Figaro. quel mépris pour les élèves ! Chaque fois que j’ai des troisième, dans mon collège ZEP, on travaille sur la poésie engagée et on lit des lettres de fusillés. pas facile, mais on peut expliquer l’engagement de Manouchian en lien avec l’admirable poème de Aragon, etc.
Il faut lire le roman très fort de louis Calaferte "c’est la guerre" pour voir ce que pouvait être le niveau de conscience de jeunes écoliers sous Pétain en province profonde. Guy Moquet n’était certainement pas représentatif de la jeunesse française (d’autant que son père était député communiste et dans la famille, on pouvait être à la fois héroïque et probablement approuver les procès de Moscou quatre ans avant)
Alors, le niveau lamentable d’aujourd’hui, il est plutôt à trouver dasn la lettre de cet enseignant dont on espère qu’il ne restera pas en zep longtemps. IL fera moins de mal ailleurs
JM Zakhartchouk
Sans vouloir polémiquer sur la récupération de Guy Môquet par notre président, ce que je remarque, c’est que ce type d’initiative a encore une fois le mérite de diviser la communauté enseignante. Encore une fois, on nous relance le fameux débat sur les modernes et les anciens...
... encore une fois, nous entendons le débat (stérile ?) sur " l’école d’antan" (qui formait mieux) et " l’école de maintenant" (qui forme moins bien, forcément)
Depuis que les ZEP existent, on a pu essayer pas mal de choses, je pense. Pour aboutir au même constat : malgré la bonne volonté et le professionnalisme de l’énorme majorité du corps enseignant, "ça" ne marche pas.
Le retour aux méthode d’antan ne sera pas forcément plus efficace...
Lire la lettre de Guy Môquet... drôle d’idée, en effet, pour des jeunes qui n’en comprendront pas forcément la portée d’emblée.
Pour ma part, ce qui me gêne, c’est de lire cette lettre "comme ça"... sans exploitation pédagogique préalable... sans objectif précis.
C’est peut-être là que devrait se trouver le point central des réactions à l’article de M. Ségal. Personnellement, je ne lirai pas non plus la lettre de Guy Môquet à mes élèves à la rentrée... ce n’est pas pour autant que je ne la leur proposerai pas, comme je le fais (presque) chaque année, au sein d’une séquence de travail adaptée.
Par ailleurs, pour M. Sarkozy & M. Darcos... si vous voulez marquer les esprits et faire en sorte que les élèves soient "comme il faut" en classe, pourquoi pas proposer le visionnage des 20 premières minutes du film Battle Royale (avec Takeshi Kitano) ?
En effet, mieux vaut ne pas lire un texte à des élèves s’ils n’en "comprennent pas le sens profond et les mots qui le compose" : hors de question, donc, d’enseigner les fables de La Fontaine en primaire et les classiques dans le secondaire. Attendons l’enseignement supérieur pour aborder ces textes complexes.
Quand on pense de telles idioties mieux vaut faire autre chose qu’enseigner, en ZEP ou hors ZEP.
Tes élèves ne sont que des petits enfants incapables et cela sera vrai toute leur vie !
Pourquoi restes-tu dans ta ZEP alors ? Pour la prime ? Non, parce que là, dis-tu, « on ne risque pas de plainte » si on détruit ses élèves.
L’école avec toi est bien un lieu d’horreur et de misère.
Espérons que tu seras déplacé par l’Education nationale sinon tu le seras pas tes élèves car le mépris engendre la violence
Mon cher collègue,
Mieux vaudrait changer de lieu d’enseignement ou, probablement même, changer de métier. Que vous soyez dans cette situation dépressive affolante n’est pas exceptionnel, hélas ! Il en existe quelques autres comme vous, ici ou là, en ZEP ou ailleurs. Mon interrogation porte sur la raison pour laquelle "le Figaro" a publié votre lettre.
Prenez du repos : la seule lecture de cet article suffira à tout médecin pour vous mettre en congé immédiatement.
Avec ma cordiale sollicitude.
Votre collègue solidaire
Tout est beau dans le meilleur des mondes ....
tout cela depend de la bonne volonté des quelques enseignants impliqués ce que je salue ici
mais quand les dits enseignants ne sont plus là que se passe t il ? plus rien hélas
quant au PPRE trés beau dans les textes combien d’ établissements acceptent de le faire ?
trés trés peu ....
ce genre de constat me smeble de la propagande pour expliquer que
totu est merveilleux dans le monde education nationale francaise
pourtant la realité cest DHg supprimée classes fermée pas d’infirmière pas de medecin
pas de surveillants ou trop peu de tout cela
1. La double condition du projet et des besoins des élèves est erronée. Pour qu’un projet existe, il faut que les acteurs de terrains soient actifs et stables. Lorsque ce n’est pas le cas, et que tout le "territoire" est à l’abandon des politiques publiques efficaces, il ne sera pas classé prioritaire ? Les "besoins" des élèves dans tous les quartiers exigent qu’on fasse encore mieux : on ne peut pas déterminer les ZEP avec de tels indicateurs.
2. Les meilleures pratiques pédagogiques sont le fait d’enseignants stables et formés. Il faut en effet se donner les moyens de stabiliser les équipes et de les former. Il y a donc lieu d’abord dans les zones déficitaires de trouver les enseignants localement et de former des jeunes locaux aux métiers de l’enseignement. Plutôt que d’ envoyer seulement quelques élèves des ZEP à Sciences Po, on devrait en plus en envoyer davantage dans les IUFM en financant leurs études pour rester dix ans sur place, comme à l’époque des IPES. Le bizutage des néo titulaires dans les académies de Créteil, Versailles et du Nord doit cesser par un ambitieuse politique de pré-recrutement des élèves des ZEP. Un bourse pour le lycée, un poste d’assistant d’enseignement bien rémunéré pour payer les études jusqu’à la licence, et nos départements déficitaires trouveraient localement les enseignants stables dont ils ont besoin.
3. Les moyens budgétaires ne doivent pas être dispersés ailleurs qu’au service des élèves. Or tout ce qui est stable aujourd’hui ce sont les moyens mis au service des enseignants (primes d’installation, primes ZEP, hors classe pour les professeurs référents, diminution des effectifs) car la surveillance syndicale des acquis a permis cete stabilité. Il est logique que les personnels continuent de demander ce qui est stable et se méfient de ce qui ne l’est pas... Les "projets", les "bonnes pratiques", les "contrats", tout cela se promène, change de pilotage, de moyens, de budget, de support,... ad libitum...
4. Le pilotage doit se faire par des acteurs capables de définir des objectifs réalistes au regard des moyens qui leur seront donnés ou capables d’apporter des moyens réalistes au regard des objectifs qu’ls affichent : le nombre de "projets" et de "contrats" n’affichant rien moins que la "réussite" de tous les élèves à l’aide de trois kopeks et de deux rencontres informelles avec un "pilote" rendent le dispositif parfois ridicule. Le diagnostic doit être fait avec le terrain sur la base d’indicateurs qui permettent d’aborder la complexité des difficultés et non pas seulement par des indicateurs nationaux dans lesquels les quartiers n’entrent pas nécessairement. Les moyens doivent répondre aux enjeux du diagnostic et construire les dispositifs d’évaluations adaptés.
5. La baisse des effectifs des classes doit prioritairement concerner le premier degré et en priorité les maternelles afin de favoriser les interactions langagières. Les enfants doivent être accueilllis dès deux ans à l’école dans des classes à 15, avec une atsem. Car dans les quartiers les plus en difficulté, l’apprentissage de la langue scolaire doit être faite à l’école. La baisse des effectifs des établissements doit être prioritaire, avant d’effectuer la baisse des classes. Aucune maternelle ne devrait avoir plus de 100 élèves, aucune élémentaire plus de 200, aucun collège plus de 300 en ZEP. En primaire, il faut 6 maîtres pour 5 classes et laisser à l’école le soin d’organiser le temps des enseignants surnuméraires Mais les petites classes, jusqu’au CM1, devraient avoir moins de 18 élèves afin de permettre le maximum d’interactions langagières en classe. En cycle 3 et en collège, il faut pouvoir moduler avec des enseignants supplémentaires des temps de cours, des temps d’atelier, des temps de tutorat, des temps d’exercisation avec des effectifs variables. Le temps de travail des enseignants doit pouvoir comprendre différents temps d’enseignement (avec temps de préparation compris), de concertation, de tutorat et de suivi, de formation, sans augmentation de la charge de travail. Le nombre de postes de remplaçants pour les congés, pour les stages de formation doit être augmenté pour éviter au maximum que les élèves perdent des heures d’enseignement et surchargent par répartition les autres classes. .
6. Les territoires de l’éducation prioritaire sont justement les territoires où la puissance publique (de l’Etat et des collectivités locales) peut avoir défailli. Il faut donc rechercher les partenariats, mais l’Etat doit avoir mission de s’y substituer lorsqu’ils n’existent pas. Il est inconcevable que pour faire un projet culturel, une école doive avoir des fonds coopératifs ou de la mairie pour pouvoir obtenir des fonds de l’Etat. Il est scandaleux que les classes transplantées (indispensables dans les quartiers où les enfants doivent apprendre à connaître la France) ne disposent d’aucun financement de l’Etat et repose sur les ressources des parents et le bénévolat des enseignants.
7. Les parents doivent pouvoir être écoutés, accueillis, conseillés et accompagnés. Ils ne doivent ni être stigmatisés, ni servir de potiches dans des réunions incompréhensibles. Les enseignants doivent pouvoir compter dans leur temps de service le temps obligatoire de rencontre et de bilan avec les parents. Des formations actives à ce travail doivent être mises en oeuvre et des personnels (assistantes sociales, CPE, co-psy) doivent être disponibles aussi pour les recevoir et échanger avec eux. Là où c’est nécessaire, les parents doivent pouvoir trouver dans l’établissement ou le quartier des cours d’alphabétisation et des cours de promotion sociale en lien avec la VAE pour les inciter personnellement à une démarche de progrès, encourageante pour leurs enfants.
8. Les SUPE sont une bonne idée, à condition qu’un diagnostic clair puisse être mis en oeuvre, à l’aide de chercheurs en éducation, de sociologues, et de responsables politiques et de terrain et des enseignants . A partir de ce diagnostic, il faudra mettre en oeuvre les moyens nécessaires éventuellement exceptionnelement importants et temporaires pour faire refonctionner le système au profit des élèves. Il faudra à tout prix éviter la mise en oeuvre d’idées aussi simplistes qu’immédiates, destinées à promouvoir leur inventeur au détriment des réalités locales.
9. Au contraire, lorsque tout cela fonctionne, c’est souvent que la ZEP n’a pas vraiment lieu d’être. C’est là où cela ne fonctionne pas qu’il faut être ZEP.... Par contre, chaque quartier doit recevoir les moyens nécessaires à son bon fonctionnement, ce qui constitue une revendication nationale qui n’a plus rien à voir avec les ZEP. La modulation des moyens ira toujours à ceux qui sont les plus combatifs et non à ceux pour qui elle serait nécessaire.
10. Il devient urgent de transformer les pratiques et d’en finir avec un collège où la "réussite" se mesure à l’adaptation à une propédeutique du lycée. L’école de la République doit faire progresser tous les élèves pour qu’ils soient des citoyens libres et égaux en droits. La formation professionnelle des enseignants ne peut se faire en un an alors que le bac pro menuiserie exige 4 ans de travail pour l’obtenir. Il y a lieu de repenser la formation initiale et continue. Car les ZEP ne doivent pas réinventer la roue chaque année et les pratiques différenciées, les pratiques modulées peuvent s’apprendre à l’IUFM. Les enseignants des ZEP devraient pouvoir bénéficier de temps de formation (remplacée) chaque année.
Il faudra un jour songer à récompenser les enseignants qui restent auprès des élèves et qui s’impliquent dans leur métier et non pas ceux qui partent (points de mutation) ou ceux qui ne sont plus devant élèves....(hors classe réservée aux pilotes, aux référents, aux postes particuliers....)
Notre REP va avoir un audit dans les jours à venir. Je voudrais savoir si d’autres REP sont concernés. L’équipe s’inquiète de l’après-audit !!! Une directrice d’école
Intéressant de lire cette étude...
D’autant plus que certains dispositifs valorisant les ENA (Elèves Nouvellement Arrivés) ont été supprimés dans l’indifférence générale. Un exemple ?
L’école élémentaire Espace Alpha, de Mulhouse, ouverte en 1991/1992, seule école "Education Nationale" spécialisée dans l’accueil et la première scolarisation des ENA de 6 à 16 ans, a été fermée sans tambours ni trompettes en juin 2005 - sans réaction aucune de la ville de Mulhouse, sans doute heureuse de récupérer des locaux ?
Inutile de dire qu’aucune évaluation du coût de cette structure n’a été réalisée... quant à l’évaluation de l’efficacité pédagogique, un audit de l’ENS Fontenay-St Cloud et des inspections élogieuses des enseignants y travaillant, montrent bien qu’il ne s’agissait pas de cela.
Mulhouse a donc adopté un dispositif "souple", où les jeunes sont parachutés dans des classes alors qu’ils sont complètement débutants en Français, suivis à 1/2 temps par un enseignant devant lui aussi se partager entre collège et école élémentaire (la flexibilité et la mobilité sont également à la mode en terme d’éducation)...
Pourtant, la grande majorité des anciens élèves d’Espace Alpha reconnaissait au contraire la qualité de l’accueil et de la prise en compte de leur spécificité : une école de ce type, travaillant de concert avec les collèges et les CIO pouvait "soigner" la procédure d’orientation et proposer un projet de scolarisation et d’orientation assez adapté au projet du jeune et à son profil.
Un contre-exemple désormais inexistant à cette étude... et une question de société pourtant fondamentale, touchant à ceux qui sont une part non négligeable - et souvent silencieuse - de notre société.
Bref... il serait intéressant que des chercheurs curieux (ou des journalistes en panne de sujet d’investigation) aillent en Alsace faire une petite étude sur l’avant et l’après.
sans être professeur de mathématiques ou de comptabilité, je m’interroge...
Diminuer le nombre d’élèves par classe demanderait plus d’enseignants... or, la tendance n’est pas à la création de postes... => comment faire ?
– soit en engager d’autres (peu probable)
– soit charger les classes des établissements qui n’auront pas le "privilège" d’être en ZEP
– soit faire diminuer le nombre total d’élèves... demain, je m’inscris à "Education Sans Frontières" !!!
Ou bien cette promesse ferait-elle partie du grand "package" démagogue promis aux enseignants pendant la campagne ?
Bonjour, pourquoi ne pas séparer les éléves SEGPA ?
soit ils se mélangent avec les autres éléves, soit ils seront dans un collége spécialisé, un petit collége aux Mureaux de 500 éléves SEGPA