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De la parité au concept de territoire

La discrimination positive en débat dans le monde

13 août 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait des sites tetedeturc.Com et casafree.com le 13.08.05 : deux exemples d’un débat planétaire.

Sur le site des Amis de la Turquie :

A la veille de sa visite à Diyarbakir, la principale ville du sud-est anatolien, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a reçu 12 intellectuels turcs représentant les signataires d’une déclaration appelant le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) à mettre fin sans condition à ses actions terroristes.

(...)

Le chef du gouvernement (...) a également évoqué une "discrimination positive" qui pourrait être pratiquée à l’égard de Diyarbakir, grande ville du sud-est anatolien qui connaît d’importantes difficultés démographiques, sociales et économiques. "Les citoyens de Turquie sont tous égaux. Personne n’est supérieur aux autres. Nous allons éradiquer le chômage, la pauvreté, le sous-développement. Et pour cela, nous allons pratiquer la discrimination positive" a-t-il annoncé. Le Premier ministre a toutefois rejeté la possibilité d’une amnistie générale pour les membres et dirigeants du PKK.
(...)

Sur le portail marocain participatif :

Un prix littéraire réservé aux femmes

Au Royaume-Uni, le prix Orange est un prix littéraire pas comme les autres, puisqu’il récompense chaque année, depuis dix ans, un roman écrit en anglais par une femme, quelle que soit sa nationalité", explique The Independent. Cette année, le prix, doté de 30 000 livres, a été décerné à une auteure américaine installée à Londres et abonnée depuis vingt ans au succès d’estime. Dans son roman We Need to Talk about Kevin, Lionel Shriver raconte l’histoire d’une mère qui tente d’analyser les erreurs qu’elle a pu faire dans l’éducation de son fils âgé de 15 ans, qui vient de massacrer des élèves dans un lycée américain.

Depuis sa création, la controverse autour de ce prix fait rage. Les fondateurs ont été qualifiés de sexistes et de paternalistes, et le prix lui-même d’incongru et d’inutile. "Les femmes sont-elles des écrivains de deuxième zone pour qu’on ait eu l’idée de ce prix exclusivement féminin ? D’ailleurs ne couronne-t-il pas des romans de qualité inférieure à ceux qui sont sélectionnés pour les autres prix ? Ne s’agit-il pas de discrimination positive ?" demande le Wall Street Journal Europe.

Dans un éditorial publié par le quotidien, Lionel Shriver elle-même tente de démêler les raisons qui ont mené à la création du prix Orange. Pour elle, les chiffres sont éloquents et justifient parfaitement son existence : le prix littéraire le plus connu au Royaume-Uni, le Booker Prize, a couronné depuis sa création onze femmes et trente-six hommes ; le deuxième, le Whitbread, a récompensé huit femmes sur trente et un lauréats. Aux Etats-Unis, la différence est encore plus grande : le National Book Award a distingué dix-huit femmes sur cinquante et un lauréats. De même pour le prix Pulitzer : quatorze femmes en cinquante et un ans d’existence. "On est donc en droit de se demander si les femmes n’écrivent que des romans sans intérêt", se demande le WSJ. A cela Lionel Shriver répond par la négative. Elle a en effet constaté que, si le prix Orange enferme les femmes dans un ghetto, la grande qualité des lauréates des années passées a fini par réduire les critiques au silence. Et au final "les femmes ne sont pas perdantes".

Curieusement, Lionel Shriver a choisi, lors de son entrée en écriture, de se cacher sous un prénom masculin. "C’est à l’âge de quinze ans que Margaret Ann est devenue Lionel", note The Independent. "Je me suis préparée à la victoire comme si j’étais un homme", raconte-t-elle dans le Guardian. Se préparer à la victoire comme si l’on était un homme, c’est se convaincre mentalement que l’on peut l’emporter, se glisser dans la peau d’un gagnant en préparant un discours de remerciements, oublier toute complicité et considérer les autres romanciers comme des concurrents, sans échanger, comme le font les femmes, ni invitations, ni numéros de téléphone, ni e-mails. "Les femmes sont particulièrement nulles quand il s’agit de gérer leur propre ambition", estime Lionel.

La lauréate 2005 rappelle que les femmes sont les principales acheteuses de livres et que c’est grâce à elles que le monde de l’édition au Royaume-Uni se maintient à flot. Beaucoup des livres que les femmes achètent sont d’ailleurs écrits par des femmes. Alors, pour relancer la lecture masculine, pourquoi pas un prix exclusivement masculin ?

Anne Collet

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