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"Journée de la fraternité à l’école", organisée par le Café pédagogique (trois comptes rendus des interventions des sociologues et enseignants)

23 mars 2015 Version imprimable de cet article Version imprimable

Qu’en est-il de la fraternité, inscrite dans la devise nationale, quand les inégalités sociales et ethniques persistent à l’école à travers les efforts de démocratisation ? Reprenant le terme très discuté « d’apartheid scolaire », emprunté au sociologue Georges Felouzis1(1), François Jarraud propose aux invités de la Journée de la fraternité à l’école, Choukri Ben Ayed, sociologue, professeur à l’Université de Limoges, Son-Thierry Ly, Docteur en économie de PSE -École d’économie de Paris de l’ENS, Agnès Van Zanten, directrice de recherches au CNRS, membre du comité scientifique d’étude de la nouvelle carte scolaire et Jacques Bonisseau, chef de service des action éducatives Île De France, de discuter des ressorts et blocages de l’action face à la ségrégation solaire.
En résulte le constat d’un maillage inextricable de causes hétérogènes qui met au défi l’action publique.
[...]
Jeanne-Claire Fumet

Extrait de cafepedagogique.net du 23.03.15 : Journée de la fraternité : Ségrégation scolaire : Un mal systémique ?

 

Les pratiques pédagogiques peuvent-elle lutter contre les pesanteurs sociales et instaurer le vivre ensemble ? La Journée de la fraternité à l’Ecole, organisée par le Café pédagogique, réunit la fine fleur des mouvements pédagogiques pour indiquer des pratiques pédagogiques qui encouragent la collaboration et permettent de dépasser les rôles sociaux.
Animée par Gilbert Longhi, la table ronde réunit Agnès Baranger, enseignante du mouvement Icem Freinet, Pascal Diard, professeur d’histoire-géographie du GFEN, Philippe Goémé, enseignant des micro-lycées, formateur Espe et membre de l’Observatoire international de l’éducation et de la prévention, Sabine Gessain, enseignante Freinet.
Ils sont épaulés et interpellés par de nombreux intervenants dans la salle représentant de nombreux courants pédagogiques. Du travail sur soi au travail sur la loi de la classe, se dégage une certitude : il faut dépasser les a priori et donner sa place à l’altérité. Tout un travail.

Extrait de cafepedagogogique.net du 23.03.15 : Journée de la fraternité : Quelle pédagogie pour vivre ensemble ?

 

Sociologues et pédagogues se sont retrouvés dans le cadre d’une "Journée de la fraternité à l’Ecole" initiée par le Café pédagogique, samedi 21 mars au lycée Paul-Bert à Paris. Pour Choukri Ben Ayed (université de Limoges), l’Etat est au mieux "un prescripteur moral", il demande aux conseils généraux, aux parents et aux directions d’établissement "d’être attentifs" aux équilibres démographiques. Le chercheur ajoute : "Il faut assumer que la mixité sociale n’est pas une catégorie consensuelle" et il donne l’exemple "du brassage et de la mixité dont il est dit qu’ils permettront ‘une amélioration’… alors que n’est jamais vu que ‘l’autochtone peut s’enrichir de l’allochtone".

Pour Agnès Van Zanten (CNR), l’Ecole contribue à renforcer les ségrégations, parfois par le silence. Elle donne l’exemple de l’étude sur la polarisation des collèges qui n’a pu paraître dans les années 90. Cette ségrégation se retrouve au niveau de l’établissement qui essaie d’attirer certaines catégories de population ou au niveau des classes, dont certaines sont "protégées", et homogènes, ce que confirme Son-Thierry Ly qui a travaillé à la School of economics sur les mesures et les particularisés des phénomènes de ségrégation.

Ainsi les élèves les plus favorisés ont 20% de plus d’élèves les plus favorisés dans leur environnement que la moyenne. La ségrégation résidentielle explique pour moitié cet indice. Il s’explique aussi par le jeu de concurrence que se livrent les établissements entre eux, et à l’intérieur de l’établissement par la constitution des classes elles-mêmes.
"Quand on ne se préoccupe pas de la ségrégation, on va en produire", "il s’agit d’une ségrégation passive". "Les options, les contraintes d’établissement produisent du ségrégatif" et selon une variation "de grande amplitude".

Quel est le bon niveau d’hétérogénéité ?
Quant aux effets de l’hétérogénéité et de l’homogénéité, l’économiste précise que "dans le primaire les classes de niveaux ont des effets plutôt positifs". Au collège, on ne décèle aucun effet en moyenne alors que diminue la performance des moins bons. Plus âgés, les élèves savent ce qui se passe et "la violence symbolique vient contrecarrer" ce qui serait la facilitation du travail de l’enseignant.

C’est ce qui amène Agnès Van Zanten à distinguer mixité sociale et mixité scolaire pour pouvoir poser ensuite la question du "bon niveau" d’hétérogénéité.

Avec la loi NOTRE, la Région Ile-de-France mène des discussions avec les trois rectorats sur les sections d’enseignement général et non plus seulement sur l’enseignement professionnel et les bâtiments.
Selon Jacques Bonnisseau, chef du service des actions éducatives, "l’enseignement privé risque de déséquilibrer le navire". Il s’interroge en effet sur les conditions de la fraternité qui se joue dans la proximité.

La journée a aussi été l’occasion de voir, avec l’expérience du Théâtre forum, combien jouer des situations de conflit permettait de comprendre les projets de l’autre et construire de l’empathie. "On apprend à écrire et à lire mais on n’apprend pas à comprendre ces choses-là", s’est indignée une enseignante.

Extrait de touteduc.fr du 21.03.15 : Les ségrégations mises en évidence lors de la "Journée de la fraternité à l’école"

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