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"La machine à lire", nouvelle méthode de lecture par tablette élaborée par Alain Bentolila, déjà expérimentée au Havre, va être étendue à d’autres écoles en éducation prioritaire dans le cadre de "Plus de maîtres que de classes". Le soutien de la ministre

23 février 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Additif du 24.02.16

À l’école élémentaire Valmy, la ministre a observé une séquence de français centrée sur l’apprentissage de la lecture pour le niveau CE2. Alain Bentolila, universitaire linguiste, et son collaborateur ont présenté le dispositif "La machine à lire". Une séquence de mise en pratique a eu lieu avec les enfants de la classe par le biais d’un atelier de compréhension de texte.

La ministre a ensuite assisté à la signature de la convention relative au dispositif "La machine à lire" contractualisée entre la ville du Havre, l’université Paris-Descartes et la Fondation SNCF avant de déjeuner avec des directrices et directeurs d’écoles du premier degré de la commune.

Extrait de education.gouv.fr du : Apprentissage du français. Découvrez l’expérimentation de la machine à lire

 

Interview. Ce lundi 22 février 2016, Najat Vallaud-Belkacem est en visite au Havre pour valoriser l’innovation pédagogique du linguiste Alain Bentolila destinée à aider les enfants à acquérir le plaisir de la lecture longue. La ministre de l’Éducation évoque aussi la prochaine rentrée, la réforme du collège et les classes bilangues en Normandie.

Paris Normandie : Vous êtes au Havre ce lundi pour une démonstration de La machine à lire, une application d’aide à la lecture. Quels sont les enjeux ?
Najat Vallaud-Belkacem : C’est une manière pour moi de mettre l’accent sur ce qui doit être la priorité absolue à l’école, l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Les chiffres sont flagrants : aujourd’hui, seulement 80 % des jeunes Français ont une bonne maîtrise de la lecture, 8 % sont des lecteurs médiocres et plus de 10 % sont en grandes difficultés, proches de l’illettrisme. Les écarts créés dès l’école primaire ne se rattrapent plus par la suite et ces écarts commencent très tôt. Les études internationales nous indiquent qu’à l’entrée en CP, l’enfant de milieu social défavorisé maîtrise mille mots de moins qu’un enfant d’un milieu plus favorisé. C’est pour cela que je me suis intéressée de près au travail du linguiste Alain Bentolila. Il montre comment la faiblesse du champ lexical maîtrisé génère des problèmes de compréhension, une incapacité à formuler des concepts qui, par définition, rendent impossible l’exercice de la citoyenneté. Le constat est grave.

L’école a-t-elle les moyens de compenser les écarts constatés ?
Tout est une question de politique publique. Oui, on peut réduire cet écart en faisant en sorte qu’à la petite enfance, on ait un accueil plus précoce à l’école, notamment pour les enfants des familles les plus défavorisées. C’est le sens du développement depuis 2012 de 25 000 places pour scolariser les moins de 3 ans, tout particulièrement en éducation prioritaire.

Faut-il étendre La machine à lire ?
Je suis très sensible aux initiatives innovantes conduites avec une évaluation scientifique qui sont là pour compléter ce que fait l’école. L’idée de La machine à lire, expérimentée au Havre, est de relever le défi de l’endurance dans la lecture. Pour aider les enfants, il y a des moments où la machine prend le relais. Et parce que c’est ludique, ils accèdent ainsi au plaisir de la lecture. Il y a deux dimensions, prendre le relais et faciliter la compréhension du texte lorsque les mots sont compliqués.

Je souhaite que cette innovation puisse être utilisée sur du temps scolaire. Nous avons instauré un dispositif ‘Plus de maîtres que de classes’ dans un certain nombre d’écoles primaires pour identifier et accompagner plus rapidement les difficultés d’apprentissage dès qu’elles naissent. Eh bien nous pourrions imaginer que certains enseignants puissent s’aider de cette Machine à lire pour accompagner certains enfants. Il y a aussi le temps périscolaire.
Au Havre, la ville s’est engagée dans un projet de lecture citoyenne qui a vocation à utiliser cette innovation. Je suis toujours heureuse quand je vois que nous sommes capables d’être en complémentarité parce que c’est un apport majeur des nouveaux rythmes scolaires. La maîtrise de la langue française est un sujet qui doit nous rassembler et je salue l’engagement de la ville. Je souhaite qu’elle en inspire d’autres.

[...] Des départements comme celui de la Seine-Maritime ont décidé de supprimer, au motif d’économies, les bourses aux collégiens de familles en difficultés. Qu’en pensez-vous ?
Je suis assez frappée par le décalage entre le discours porté au plan national par les responsables de la droite et la réalité de leur action locale. La question de l’éducation est une compétence partagée et le fait que des collectivités de droite décident de couper dans les aides aux familles les plus en difficultés est de très très mauvais augures. Quel plus grave atteinte au fameux mérite républicain que d’empêcher les enfants de travailler dans de bonnes conditions parce qu’il leur faudra choisir entre acheter des livres et se vêtir correctement ? Ce sont des petites économies qui conduisent à de grandes difficultés.

Extrait de najat-vallaud-Belkacem.com du 22.02.16 : Au Havre pour valoriser la machine à lire – Interview à Paris Normandie

 

La ministre de l’Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, était en visite au Havre, en Seine-Maritime, lundi 22 février 2016 [...] dans la classe de CE2 de l’école élémentaire Valmy [REP+], placée en réseau d’éducation prioritaire. Un établissement où elle a découvert une nouvelle initiative pour faciliter l’apprentissage de la lecture, « la machine à lire ».

[...] À ses côtés, le chercheur et linguiste, Alain Bentolila, à l’origine de « la machine à lire ». Cet outil est en expérimentation sur le temps du périscolaire, au Havre, depuis deux ans, dans des structures municipales comme le centre social, Le Satellite, à la Mare-Rouge, mais aussi dans des associations à vocation sociale comme l’Aham, Trait d’union ou Arec (Association échanges réseau culture). Il doit désormais pouvoir profiter à l’école. D’où la visite de Najat Vallaud-Belkacem, au Havre, invitée à l’école Valmy où « la machine à lire » passait pour la toute première fois dans les mains des jeunes scolaires de CE2.

[...] L’école Valmy a été sélectionnée par la Ville du Havre pour cette première découverte ministérielle, en raison du nombre d’actions qu’elle privilégie pour favoriser l’apprentissage de la lecture auprès de ces 132 élèves. Alain Bentolila se félicite qu’au terme d’une première année d’expérimentation, la lecture est devenue plus aisée pour 70 % du jeune public qui avait testé la « machine à lire » et surtout qui n’avait jamais ouvert un livre. La Ville du Havre, qui déploie un large programme d’accessibilité à la lecture, dans le cadre de son plan « lecture », veut développer l’accès de cet outil, désormais, au plus grand nombre. Démarche qu’appuie aujourd’hui la ministre de l’Éducation.

Extrait de normandie-actu.fr du 22.02.16 : La ministre de l’éducation Najat vallaud-Belkacem au Havre pour découvrir "la machine à lire"

 

[...] L’expérience menée depuis plus de deux ans au Havre, une ville qui a une politique très active en matière de lecture, se déroule pour le moment en activité péri-scolaire. Mais dès la rentrée de septembre elle sera introduite dans des écoles primaires au Havre mais aussi dans d’autres villes en France, dans le cadre du dispositif "Plus de maîtres que de classes" qui a été mis en place par le ministère depuis 2012.

"Ce dispositif dont on parle assez peu, est un vivier de 2.500 établissements où un enseignant en surnuméraire, qui n’a pas de classe attitrée, peut passer de classe en classe pour aider les enfants en difficulté et aider ses collègues", a précisé la ministre.

Extrait de nouvelobs.fr du 22.02.16 : Vallaud Belkacem découvre "la machine à lire, nouvelle méthode de lecture

 

M. Bentolila s’est déclaré satisfait des premiers résultats de sa méthode auprès des enfants havrais testés. "Après un certain temps, 25 à 30% d’entre eux sont allés chercher le texte original", affirme-t-il.

La "Machine à Lire" concernera en priorité des élèves allant du CM1 à la 5e.
Mais, selon le linguiste, elle convient à des enfants plus jeunes et même, comme on apprend à tout âge, à des personnes âgées, des expériences ayant été menées en maison de retraite.
Extrait de lexpress.fr du 22.02.16 : Vallaud-Belkacem découvre la machine à lire, nouvelle méthode de lecture

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