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La mixité sociale à l’école, pour quoi faire ? (échos du colloque de l’AFAE à Lyon le 2 mars 2016)

7 mars 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

La mixité sociale à l’école, pour quoi faire ? (échos du colloque de l’AFAE à Lyon le 2 mars)

L’association française des acteurs de l’éducation a proposé cette réflexion aux personnels de l’éducation de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Voici des échos de cette rencontre .

Le diagnostic est partagé. La plupart des intervenants ont rappelé que le système scolaire français est particulièrement défaillant en termes de mixité sociale. Nathalie Mons, sociologue et présidente du CNESCO, a notamment pointé la répartition sur le territoire : "10% des élèves fréquentent un établissement où les deux tiers des élèves sont issus de catégories sociales très défavorisées". Sans oublier la part qui se joue au sein de chaque établissement. "Les classes de niveau existent dans 45% des collèges."

L’enjeu : "Comment les jeunes peuvent-ils respecter les valeurs de la République s’ils voient que ces valeurs ne s’appliquent pas à l’école ?" demande la sénatrice Françoise Cartron. Dans le même esprit, Eric Favey, inspecteur général, affirme "que si on ne considère pas l’impératif d’égalité sociale, on assiste forcément, régulièrement, à des éruptions dans la société".

Françoise Cartron, sénatrice socialiste, rappelle que les trois ans d’assouplissement de la carte scolaire ont renforcé la ségrégation "à chaque bout de la chaîne". Nathalie Mons relève que "la capacité des enseignants à déployer des méthodes pédagogiques différentes selon les élèves" constitue l’une des conditions pour que cela fonctionne. Elle note qu’avec le recrutement à bac+5, les écarts entre les enseignants et les élèves se sont accrus. Plusieurs intervenants remarquent aussi que la présence des établissements privés ne favorise pas la mixité au sein du public… Françoise Cartron s’interroge d’ailleurs sur l’opportunité d’un "indice de mixité sociale s’appliquant aussi au privé". Valérie Marty, présidente nationale de la PEEP et Véronique Le Coarer, présidente de la FCPE du Rhône, évoquent toutes les deux le dilemme des parents. Ils disent approuver des valeurs, mais ils veulent le meilleur pour leur enfant.

Selon Françoise Moulin Civil, rectrice de l’académie de Lyon, la refondation de l’école favorise la mixité sociale. Le remodelage des secteurs scolaires, la réduction des outils de contournement, l’amélioration des conditions de travail dans les secteurs en éducation prioritaire font notamment partie des outils, selon la rectrice. Françoise Cartron souligne que "c’est la première fois que la mixité sociale est inscrite comme un objectif de l’école de la République". Selon elle, l’élargissement des secteurs scolaires, en cours d’expérimentation dans quelques départements, constitue une réponse. La Loire en fait partie. Jean-Pierre Batailler, inspecteur d’académie de ce département, explique que, dans un secteur donné, les parents peuvent choisir entre plusieurs établissements qui ne sont pas trop différents. Cette démarche associe les maires, les chefs d’établissement et les parents. Mais le directeur des services départementaux souligne aussi qu’il n’y a pas volonté de "généralisation" et s’interroge sur la possibilité d’étendre cette expérimentation à des collèges davantage marqués, plus éloignés en termes de public. Eric Favey insiste pour sa part sur la concertation entre les différents acteurs de l’éducation nationale, qui constitue un élément clé.

Extrait de touteduc.fr du 06.03.16 : La mixité sociale à l’école, pour quoi faire ? (échos du colloque de l’AFAE à Lyon le 2 mars)

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