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08/12/05 - Meirieu : faire pour les enseignants de ZEP ce qu’on a fait pour ceux de classes prépas

8 décembre 2005 Version imprimable de cet article Version imprimable

Extrait de « Métro » du 07.12.05 : Le grand renoncement

L’opinion publique semble favorable à l’apprentissage dès 14 ans. Certains pensent, peut-être, que les jeunes que l’on va envoyer ainsi prématurément en entreprise prendront “ du plomb dans la tête” et pourront revenir ensuite à l’école qui les accueillera à bras ouverts ! Nul doute, d’ailleurs, que les fils de ministres, d’avocats, de médecins et de professeurs montreront la voie dans ce domaine...

Alors que nous nous étions engagés, non sans difficulté mais avec obstination, dans la voie d’une école républicaine, creuset social permettant à toutes et à tous d’accéder aux fondamentaux de la citoyenneté, voilà que, pour la première fois dans notre histoire, nous baissons les bras. Alors que des jeunes, privés de l’accès à la parole et à la culture, basculent dans la violence aveugle, voilà qu’on décide de ne leur délivrer qu’une scolarité au rabais. Alors que nous avons besoin de faire preuve de trésors d’imagination pour inventer une véritable école, démocratique formant des citoyens plus lucides et solidaires, voilà qu’on se débarrasse du problème par la pire des solutions : l’exclusion.
Notre République a su, quand il le fallait, trouver les meilleurs de ses professeurs, les décharger d’une partie de leurs cours, les indemniser significativement pour leur confier, dans les classes préparatoires des grands lycées, ceux dont on voulait faire l’élite de la France. Elle s’honorerait - et se sauverait peut-être - en faisant de même aujourd’hui avec ceux et celles qui enseignent dans les zones d’éducation prioritaires... que, précisément, certains proposent de supprimer. Décidément, c’est le grand renoncement !

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Philippe Meirieu, pédagogue

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