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Le rapport annuel 2015 de l’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV) comprend une analyse sur l’enseignement secondaire qui fait un lien étroit avec l’éducation prioritaire. Les commentaires de la presse spécialisée

3 mai 2016 Version imprimable de cet article Version imprimable

Rapport annuel de l’Observatoire de la politique de la Ville
Avril 2015, 290 p.

L’Observatoire national de la politique de la ville (ONPV) a publié son rapport 2015 le
Niveau de vie, emploi, éducation, santé, sécurité… il décrit la situation dans les nouveaux quartiers prioritaires de la politique de la ville, définis par la loi du 21 février 2014, sans oublier des focus sur les anciennes ZUS, pour assurer ainsi la continuité d’appréciation. Une analyse contrastée, fruit de plusieurs mois de travaux, qui révèle une réalité économique et sociale difficile, notamment pour les femmes et les jeunes, mais aussi une perception plus positive de leur cadre de vie, sur les aspects environnementaux (espaces verts, entretien des rues..).

Il est structuré autour de trois thématiques, qui sont aussi les trois piliers des nouveaux contrats de ville : la cohésion sociale, Le cadre de vie et le renouvellement urbain, Le développement économique et l’emploi.

La version complète en PDF (290 p.)

Au sommaire, relevons :
La cohésion sociale
Etablissements et réussite scolaires dans l’enseignement secondaire

Les établissements scolaires du secondaire accueillant des élèves de quartiers prioritaires (pp. 87-96)
EXTRAIT
Introduction :
En France métropolitaine, à la rentrée 2013, plus de 460 000 élèves résidant dans
un quartier prioritaire étudient dans un établissement scolaire du secondaire, dont
près de 50 000 dans le secteur privé. Un peu plus de 1 000 collèges et lycées, sur
près de 1 1 000 établissements, comprennent plus de 25 % d’élèves résidant en quartiers prioritaires. Les populations scolaires au sein de ces établissements, notamment ceux du secteur public, appartiennent plus fréquemment aux classes sociales défavorisées.

De fait, ces établissements et les effectifs scolaires qui les fréquentent sont particulièrement concernés par les réseaux d’éducation prioritaire, notamment par les REP + (réseaux d’éducation prioritaire renforcés) : près de deux élèves sur trois concernés par ces réseaux résident en quartiers prioritaires.

Ainsi, les moyens alloués par l’Education nationale aux collèges publics à forte part d’élèves en quartiers prioritaires sont globalement supérieurs à ceux des autres établissements ce qui se traduit notamment par une plus forte dotation horaire, un nombre d’élèves par classe plus faible ou par un taux d’encadrement supérieur. Les enseignants de ces collèges ont, par ailleurs, moins d’ancienneté dans le métier et dans le poste que ceux des autres établissements

Orientation et réussite scolaire dans le secondaire (pp.97-102)
EXTRAIT
Introduction :
Le taux de réussite au diplôme national du brevet des collèges (DNB) est globalement d’autant plus faible que la part d’élèves issus des quartiers prioritaires est élevée au sein des établissements. Si les écarts sont en ce domaine fortement marqués au sein des établissements du secteur public, ils le sont moins dans les établissements privés, qui enregistrent des taux de réussite au brevet élevés, quelle que soit la proportion d’élèves de quartiers prioritaires. Par ailleurs, les filles ont toujours des résultats supérieurs à ceux des garçons quel que soit l’établissement considéré.

Les orientations scolaires au cours du lycée diffèrent de manière significative en
fonction de la part des élèves issus de quartiers prioritaires. Les lycéens issus de
collèges à forte part d’élèves de quartiers prioritaires s’orientent ainsi moins sou
vent vers une filière générale en 1re (25,4 %) que ceux issus de collèges où cette
part est très faible (44,8 %). Ils fréquentent en revanche davantage la filière professionnelle (26,4 % en 1re professionnelle ou en 2e année de CAP contre 15,2 %).

Cet écart est beaucoup plus atténué dans le secteur privé, où la filière générale
est plus fréquente.
Les taux de réussite au Bac sont eux aussi en moyenne toujours inférieurs dans
les établissements ayant une forte part d’élèves de quartiers prioritaires à ce
qu’ils sont dans les autres. Les différences sont toutefois plus légères au sein des
lycées du secteur privé pour les filières générales ou technologiques.

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La version interactive du rapport (290p.)

La version interactive de la synthèse

Le site de l’ONPV

 

[...] Des enseignants toujours plus jeunes

Mais l’immobilier ne fait pas tout. En matière d’éducation, le bilan n’est pas réjouissant en dépit des discours sur la mobilisation des pouvoirs publics. Au moins deux collégiens sur trois résidant en quartier prioritaire fréquentent un établissement à faible mixité sociale. Un peu plus de 700 établissements – publics – accueillant les collégiens des quartiers prioritaires comptent dans leurs effectifs une part importante d’élèves résidant en quartiers prioritaires (supérieure à 25 %).

600 d’entre eux ont été placés dans le cadre du mécanisme réseau d’éducation prioritaire. Ils ont certes 21 élèves par classe et une dotation horaire plus élevée. Mais ils s’accompagnent également d’une part d’enseignants de moins de 30 ans deux fois plus importante et une rotation d’effectifs d’enseignants plus élevée.

Extrait de lesechos.fr Logement, éducation, soins ; la politique de la Ville ne paevient pas à réduire les inégalités

 

LES COMMENTAIRES DE LA PRESSE SPECIALISEE

Education : la mixité scolaire à la peine
Autre révélation contenue dans ce précieux rapport : deux tiers des collégiens résidant dans un quartier prioritaire de la politique de la ville étudiaient ensemble en 2015, dans 785 établissements « souvent classés dans le réseau d’éducation prioritaire. Ces collèges bénéficiant de moyens pédagogiques supplémentaires se caractérisent toutefois par une faible mixité sociale, car ils accueillent majoritairement des élèves de classes sociales défavorisées », observe le président de l’ONPV, Jean Daubigny.
Une concentration qui, a contrario, explique aussi que 2111 des 6821 collèges français n’accueillent aucun élève originaire de ces territoires.

Quoi que l’on en pense, l’enjeu de la mixité scolaire reste donc bel et bien une bataille d’avenir. Pour ne rien arranger, les collégiens résidant en QPV sont deux fois plus souvent encadrés « par des enseignants de moins de 30 ans, disposant d’une moindre ancienneté et donc de moins d’expérience pédagogique » pointe le rapport.

Une situation globale qui, conjuguée au fait que la rotation d’effectifs d’enseignants est plus élevée dans le réseau de l’éducation prioritaire qu’ailleurs, n’est peut-être pas totalement étrangère aux taux plus importants d’échecs scolaire (24,6% d’échec au brevet, contre 13,9% ailleurs) ainsi que d’orientation vers une filière professionnelle.

Extrait de lagazettedescommunes.com du 03.05.16 : Panoramma des banlieues : les cinq chiffres à retenir

 

[Le rapport] se contente d’une série de statistiques, sans mise en perspective dans le temps et s’appuyant souvent sur le périmètre des vieilles ZUS. La photographie est, sans surprise, bien sombre : on y voit plus de pauvres, plus de chômeurs, plus d’emplois précaires, plus de familles monoparentales... Ces données sont complétées par une étude de l’Insee rendue publique le même jour avec des déclinaisons régionales.

[...] "On est en quelque sorte au temps "T zéro" de la nouvelle géographie prioritaire", a expliqué Hélène Geoffroy. Ce premier rapport de l’ONPV débuterait ainsi "un nouveau cycle d’observation".

Extrait de localtis.info du 04.05.16 Observation des quartiers prioritaires : 2015, année zéro pointé

 

Voir aussi
"Les habitants des quartiers de la politique de la Ville. La pauvreté côtoie d’autres fragilités" (Insee première, mai 2016), avec des chiffres par région sur les retards scolaires et une carte de la pauvreté

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